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En Chine, les «mauvais citoyens» ne pourront plus prendre l'avion ou le train

Temps de lecture : 2 min

Depuis quelques années, la Chine développe un système de «crédit social» évaluant les citoyens et citoyennes chinoises au regard de leurs actions quotidiennes. En fonction de leur note, certains droits peuvent leur être retirés.

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Un officier de police sur la place Tian'anmen, à Pékin, le 11 mars 2018 | Greg Baker / AFP

​Depuis 2013, la Cour populaire suprême chinoise publie régulièrement une liste noire des personnes qui n'ont pas respecté les jugements des tribunaux locaux. Les citoyens ainsi répertoriés sont parfois humiliés publiquement, leur nom comme leur photo et adresse pouvant être diffusées sur des panneaux d'affichages; ils sont par ailleurs interdits de prendre l'avion ou le train à grande vitesse.

Distinguer les «bons» des «mauvais» citoyens

Ce fichage et ces restrictions font partie d'un vaste plan qui entend asseoir un «système de crédit social» sur l'ensemble du territoire d'ici 2020. Un système qui évalue les citoyens sur leurs comportements quotidiens et ne se limite pas aux crimes ou aux délits, mais s'étend à toute action et interaction sociale: d'après Reuters, peuvent être concernées les personnes dont on a jugé qu'elles avaient diffusé de fausses informations sur le terrorisme, causé des «problèmes» lors de vols aériens, utilisé des billets de train ou d'avion expirés, ou qui ont été surprises à fumer à bord. Début 2017, 6,15 millions de citoyens et citoyennes chinoises en avaient fait les frais.

À partir du 1er mai, c'est toute la population classée au plus bas de ce système de crédit qui se verra interdite d'accès aux transports, interdiction de voyager qui pourra durer jusqu'à un an, selon l'annonce de la Commission du développement national et de la réforme.

Cette «ingénierie sociale», comme l'appelle The Verge, repose sur le principe assumé par huit ministères, dont la Cour populaire suprême, du «une fois indigne de confiance, pour toujours restreint».

Jusque-là, le gouvernement s'était contenté d'entraver les déplacements de personnes lourdement endettées, comme le fameux Jia Yueting, fondateur de Faraday Future et de LeEco, géant chinois de la tech, placé sur liste noire et sommé de rentrer en Chine en décembre dernier pour ses quelques centaines de millions d'euros de dette.

Société de contrôle

Les modalités exactes de calcul du système de crédit social restent opaques, relève The Verge:

«Les citoyens sont apparemment tout aussi susceptibles d'être signalés pour des infractions mineures, comme le fait de laisser des vélos garés sur un trottoir, d'émettre des excuse qui sont jugées “insincères”, ou d'être de mauvais payeurs de l'envergure de Jia. Et il est souvent difficile de savoir s'ils sont sur une liste noire et encore moins quel type de recours est possible.»

Dans un article de décembre dernier, Human Rights Watch mettait en garde contre la dimension liberticide de cette initiative:

«Le gouvernement chinois espère clairement créer une réalité dans laquelle les mesquineries bureaucratiques pourraient limiter significativement les droits des personnes. À mesure que grandit le pouvoir du président Xi Jinping, et que le système approche de sa mis en œuvre totale, d'autres abus viendront.»

Slate.fr

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