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- Par Eric Le Boucher
- Eric Le Boucher est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste, chef de service, chroniqueur économique au journal Le Monde, il est depuis 2008 directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos. Il est l'auteur d'«Economiquement incorrect».
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Eric Le Boucher
Eric Le Boucher est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste, chef de service, chroniqueur économique au journal Le Monde, il est depuis 2008 directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos. Il est l'auteur d'«Economiquement incorrect».
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La guerre économique contre la Chine est déclarée [1/2]
Première partie: l'inquiétante montée de la sinophobie.
Première partie d'un article consacré à la guerre économique déclarée entre la chine et les pays occidentaux. La seconde partie se trouve ici.
On ne rencontre plus un chef de grande entreprise sans qu'il confie: «Le vrai problème, c'est la Chine.» Le milieu des affaires français devient sinophobe. La transformation a été rapide. Il y a deux ans, un an encore, les chefs d'entreprises n'avaient que le mot «Chine» dans leurs plans d'investissements et dans leurs agendas. Ils avaient une admiration sans borne pour les autorités de Pékin qui ont su conduire, sans erreur, la modernisation du si vaste et explosif Empire du Milieu, et qu'importait en vérité, devant cette réussite, que le pouvoir fut communiste et brutal avec les opposants. Aujourd'hui, cette admiration demeure, les entreprises françaises rêvent encore de Chine, d'y aller, d'y investir, d'y vendre. Mais concernant les attitudes du gouvernement de Pékin, elles trouvent désormais que «trop, c'est trop».
Google, ce héros
Google est devenu leur héros en une journée. Que le géant de l'Internet ait osé se lever pour dénoncer les «attaques» dont son moteur de recherche informatique a fait l'objet et qu'il accuse, sans se cacher, le pouvoir chinois, voilà qui les réconfortent! Enfin! Enfin, une firme occidentale tient tête et refuse de s'agenouiller! Bravo pour ce courage de dire «non!» Non, aux censures, non au pillage et à la contre-façon généralisée, non aux impositions de partenaires chinois obligés, non à la corruption, non à l'absence d'Etat de droit et d'équité! Cela suffit! Dans l'ensemble de la communauté des grandes firmes internationales, pas seulement les françaises, le geste de Google est salué comme un très important coup de poing sur la table. Aucun autre groupe n'aura la force et le culot de faire comme Google, mais son geste rencontre l'assentiment unanime. «Il y a une frustration croissante parmi les entreprises faisant des affaires en Chine», explique John Neuffer, vice-président de l'Information Technology Industry Council aux Echos.
Toutes les grandes multinationales sont venues en Chine attirées par le marché de 1,3 milliard d'individus. Toutes ont accepté en échange les exigences imposées par les autorités, le jeu en valait largement la chandelle. Elles sont passées sur les mille tracas, les pertes financières lourdes et répétées et, le pire, les humiliations systématiques et permanentes. On ne renonce pas à l'Eldorado.
La Chine, de son côté, s'est voulue accueillante dans les années 1980 et 1990. Ses propres conglomérats hérités du passé maoïste étaient incapables de fournir les produits exportables aux Etats-Unis et en Europe. Pour suivre sa stratégie de développement «par l'export», celle que la Chine empruntait à partir de 1979 après le Japon, la Corée puis tous les «tigres du sud-est asiatique», Pékin avait besoin du savoir-faire étranger, des technologies, des normes de qualité, des méthodes de productivité. Elle devait en passer par une certaine ouverture pour parcourir au plus vite la «courbe d'apprentissage» du rattrapage économique.
Cette ouverture était calculée. La Chine est la Chine, il fallait garder la main, imposer des joint-ventures avec des sociétés chinoises, s'inspirer, étudier et copier les savoir-faire, voire les produits eux-mêmes, sans s'embarrasser outre-mesure des droits de propriété et des copyrights. L'affaire Danone a montré combien ce type d'ouverture «à la chinoise» était difficile à vivre pour les firmes étrangères, soumises à une compétition inégale et illégale avec la complicité totale mais opaque du pouvoir.
La crise du «modèle« occidental
Les optimistes plaidaient que ce jeu chinois était normal et justifié. Viendra le temps, disaient-ils, où, grâce à la croissance et la hausse des niveaux de vie, les entreprises chinoises exigeront elles-mêmes une concurrence plus loyale et une lutte contre la corruption. Tout est question de «phase» dans le développement, la Chine étant, comme les Etats-Unis vers 1880, dans une période où les règles et les lois sont en retard. Même considération sur la démocratie au sens large : le bien-être matériel finira par l'imposer, le système chinois va acclimater inévitablement les règles de droit. L'économie précède la politique, comme a dit Marx. Les firmes occidentales doivent être patientes, attendre que peu à peu le droit s'installe, que peu à peu la Chine importe un comportement capitaliste loyal. Son entrée dans l'OMC (Organisation mondiale du commerce) prouve qu'elle veut s'intégrer dans l'économie mondialisée, en finissant forcément par en adopter les règles.
Puis, la crise est venue. La plus forte depuis cinquante ans. Elle est venue du capitalisme américain, de ses excès financiers, de son absence de règles et de régulation. Le coupable est le modèle occidental, l'«ultra-libéralisme». Ce ne sont pas les Chinois qui le disent, mais les Européens et les Américains le reconnaissent. Or, le pouvoir à Pékin a eu très peur. Cette crise «occidentale» a failli rompre les 30 ans de développement ininterrompus. Fin 2008, la production industrielle partait en vrille, des centaines de milliers d'ouvriers, sans plus de travail, quittaient les côtes et reprenaient le chemin des campagnes. Sans le plan de relance massif (12% du PIB!, six fois plus que la France!) décidé par le gouvernement, la Chine était sur le chemin de la récession comme les économies développées. Avec des conséquences sociales et politiques incalculables pour le régime communiste. Heureusement, le plan a fonctionné et la croissance est repartie vers les 10% en 2009. Mais ce sauvetage, souligne-t-on à Pékin, ne soit rien aux Américains, ni aux Européens, ni même au FMI (Fonds monétaire international). Il doit tout à la Chine elle-même.
D'où un changement de cap et surtout de ton: les Occidentaux ne doivent plus donner la moindre leçon, leur «modèle», celui qu'ils nous demandent d'importer, est un échec manifeste. Il a failli. Le processus d'acclimatation progressive doit donc s'arrêter. L'Empire doit, certes, continuer d'accepter les firmes étrangères, mais avec une volonté raffermie de les plier aux conditions chinoises. Le nationalisme sort partout vainqueur de la crise, mais en Chine il prend la taille du pays.
Or, la Chine a gagné en autonomie. Elle peut reprendre ses marques vis-à -vis des normes occidentales. D'abord parce qu'un chemin considérable a été parcouru en trente ans, l'Empire ne pesait encore que 7% du PIB mondial en 2000 (en parités de pouvoir d'achat), il en représentera 14% en 2011, soit autant que la zone euro (15%) et presque autant que les Etats-Unis (20%) (la lettre de Coe-Rexecode 1er janvier 2010). La Chine produit 45% de l'acier mondial, elle est le premier marché automobile du monde, elle a dépassé l'Allemagne comme premier exportateur.
Et, deuxième changement, cette puissance a redéfini le paysage économique asiatique. La Chine est la locomotive de l'Asie, laquelle se consolide sur elle-même et devient la seule région du monde à croissance forte. Au 1er janvier a été mise en place la zone de libre-échange Asean-Chine, regroupant 1,6 milliard d'individus, produisant 6.000 milliards de dollars de PIB et s'échangeant 4.500 milliards de produits ce qui constitue le plus grand regroupement de pays émergents (7.000 produits échangés sans droit de douane). Un fonds de réserves de change a été créé en parallèle, amorce d'une coopération monétaire et financière.
La leçon chinoise
Dans le même temps, troisième facteur qui permet le discours d'autonomie, la Chine a assuré ses besoins en matières premières et en énergie. L'oléoduc Espo (East Siberia-Pacific Ocean) d'une capacité de 600.000 barils/jour a été inauguré le mois dernier: il marque la signature d'une nouvelle alliance avec la Russie, qui, elle, trouve en regardant vers l'Asie un moyen de montrer aux Européens qu'ils ne sont pas ses seuls clients. Les pays du Golfe ont les mêmes réflexes de tourner leurs regards vers l'Asie et la Chine qui deviennent leurs gros débouchés. Enfin, le fonds souverain  CIC a dépensé 43 milliards de dollars en 2009 pour sécuriser l'accès aux minerais, en Australie comme en Afrique.
En clair, la Chine a les moyens de parler haut, de plus en plus haut. Elle peut se dégager des influences occidentales et affirmer clairement «ses réticences à s'intégrer complètement dans un ordre multilatéral à l'élaboration duquel elle n'a pas contribué», comme le note Jacques Mistral («L'Amérique et le défi chinois», Ifri).
La crise débouche sur un resserrement asiatique sous l'égide de Pékin. Les Occidentaux, dont on a aujourd'hui moins besoin, sont repoussés. Google fait des histoires? Refuse que l'on farfouille dans ses fichiers pour y espionner les dissidents? Qu'il parte! Baidu, le moteur de recherche Internet chinois a gagné 60% de part de marché. Une victoire nationale saluée comme telle. La Chine croit pouvoir se passer de Google. Les grandes firmes occidentales, qui espéraient que leurs conditions d'implantation allaient progressivement s'assouplir, sont tentées de comprendre qu'il n'en sera rien. La sinophobie a de beaux jours devant elle.
Eric Le Boucher
LIRE EGALEMENT SUR LE MEME SUJET: La Chine, le pays où la piraterie est légale, En exécutant Amal Shaikh, la Chine proclame sa puissance et Google, Un cheval de Troie derrière ma grande muraille numérique.
Image de Une: Soldats chinois Reinhard Krause / Reuters
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Comments
Péril jaune ?
Nous avons déjà eu ce genre d'analyse dans les années 70 sur le Japon même si le système politique n'avait rien à voir avec le système Chinois actuel. Et on connait la suite: le Japon est une très grande nation industrielle ... mais n'a jamais empêché l'Allemagne d'être le premier exportateur mondial. Le Japon a montré des limites. Par exemple tout son agro-alimentaire s'exporte très peu et il n'est pas leader sur les technologies de l'information. Le Japon a fait des fusées, des avions mais ne les a pas vendus dans le monde. Sa place est dans l'automobile, la mécanique, le multi-média et quelques autres domaines. On s'est rendu compte, avec le temps, que les Japonais ne pourraient pas tout faire et que leur forte culture s'exportait mal. L'analyse qui doit être faite sur la Chine aujourd'hui est similaire: où seront-ils forts et sur que seront-ils forts ? Il sont aujourd'hui fort de la faiblesse du coût de leur main d'œuvre. Mais sur les 3 dernières années, leur avantage sur ce point ne serait-ce que par rapport à la Tunisie a diminué fortement. Les chefs d'entreprise qui sont sur le terrain ne se font pas peur avec le péril jaune, ils analysent segment par segment. Et puis l'autre paramètre, c'est l'accès aux consommateurs finaux. Quand Carrefour vend une chemise chinois, quand son fournisseur chinois gagne 1, Carrefour gagne 30. La fortune actuelle de la Chine fait surtout la fortune de ceux qui distribuent ses produits...
sinophobie
On est toujours tenté de se dire que c'est mal d'être phobe de quelque chose, mais la Chine n'est pas n'importe quelle nation. En plus d'être une puissance économique phénoménale, elle entend devenir une puissance politique avec un rayonnement digne des américains ? Bien mieux même un rayonnement de l'Orient sur l'Occident. Et dans cette logique bien à elle, fort de son pouvoir et de la façon dont elle le conduit, la Chine ne s'embarrasse nullement de scrupule. Les pays rejetés par la communauté internationale pour leur dictature, sont accueilli à bras ouvert par la Chine, et elle ne fait même pas semblant de prétendre à autre chose comme le font les pays occidentaux. La Chine ne s'embarrasse pas de prétexte. Pendant qu'elle minorise ou tue les ouïgours au nom de la lutte contre l'islamisme, l'alibi, elle serre la main à Kartoum, ou comme vous le relatiez ici même, également la main des guinéens en fermant les yeux sur les exactions du gouvernement en échange des matières premières. Matière première comme le cuivre qu'elle préfère aux bons du trêsor américain et dont actuellement elle fait le cours. Sans compter un vecteur majeur des 10 ans à venir : l'eau. La Chine, avec le Tibet, a les moyens de tenir la dragée haute à l'Inde et au Bengladesh. Et il sera bien inutile de lui faire entendre raison quand elle décidera de détourner cette eau à son profit. La Chine est non seulement nationaliste, mais également forte d'une population mouvante de un milliard et demi d'individu qu'il faut contenter sous peine de grand danger. N'oublions pas que la Chine a les pieds sur un chaudron : disparité ville/campagne, 50 ethnies différentes, cinq religions sans compter le goût des sectes et bien entendu, un autre facteur important dans un pays corrompu comme la Chine : les triades.
Alors oui il y a de fortes raisons de se défier de la Chine, comme l'on a raison de le faire de tout pays dont le pouvoir est aux mains de l'armée et des services secrets, comme c'est précisément le cas en Russie. Et puis il était quand même temps que nos industriel se réveillent, l'espionnage industriel chinois a tout de même commencé... dans les années 30.
On devrait inventer une religion avec un seul commandement : profite de la vie
Se faire traiter de con par un imbécile est un plaisir de goumet.
pirate sinophobe
Votre parti-pris pro-indien (=systéme de castes, pays ayant d'encore plus graves problèmes que la Chine) est pour le moins voyant. Et l'Inde n'est pas corrompue peut-être ? je rêve! M Mittal, qui a mis la main sur Arcelor, vous connaissez?
Quant à la présence de la Chine en Afrique, elle n'est que conjoncturelle, demain les Africains seront 2 milliards, plus nombreux que les Chinois, la roue tourne.
Je repose ici la question : pourquoi, au sein des BRIC, le tandem Chine-Russie est il vomi par les élites françaises et le tandem Inde-Brésil ("lula homme de l'année" du Monde) adulé? c'est d'une partialité inouie, et quant on voit le type de sociétés qu'ont l'Inde et le Brésil (encore plus inégalitaires que la Russie et la Chine), on ne peut qu'être stupéfaits.
Et si il ne s'agissait que d'une jalousie de grande puissance vindicative sur le déclin, la Chine et la Russie étant comme la France des puissances nucléaires memebres du Conseil de Sécurité de l'ONU ?
The Ordinary Live In Emergency, The Extraordinary In Urgency
Euh...
En Chine et en Russie, exprimer son opposition au pouvoir est aussi dangereux que de fumer (on risque fortement d'en mourir un jour ou l'autre).
En Inde et au Brésil, par contre, exprimer son opposition au pouvoir, c'est aussi utile que l'homéopathie (personne n'a réussi à prouver que ça servait à quelque chose, mais plein de gens continuent d'y croire et de pratiquer).
Cette différence est essentielle, et fait que personnellement, je préfère le modèle Inde/Brésil au modèle Chine/Russie (Même si, ironiquement, je suis fumeur et contre l'homéopathie...)
A croire que pour vous, l'égalité (à la Russe, Oligarchie et xénophobie, ou à la Chinoise, capitaliste et totalitaire) doit prendre le pas sur la liberté. Nombre de régimes ont cru ce choix valable. Ils ont jusqu'à maintenant tous eu tort.
ne pas dire n'importe quoi ça aide
J'ignore où vous avez compris que le couple inde/brésil avait plus ma faveur que celui russie/chine mais je sais que vous avez un certain don pour la myopie. L'Inde actuellement, en dépit d'une guerre larvée avec le Pakistan qui dure depuis 31 ans, d'une misère phénoménale, aussi phénoménale que sa corruption, reste une démocratie qui a réuni sous sa bannière ce que l'Europe est incapable de faire depuis le Traité de Rome. Un pays où l'on parle des dizaines de langues, où l'on pratique un nombre considérable de culte, et où se trouve autant d'ethnie, et qui est qui plus est divisé en caste. A savoir absolument tous les ingrédients réunis pour exploser, et qui pourtant... n'explose pas. Ca fait plus de 60 ans que ça dure, et mieux le pays est en passe, que ça nous plaise ou non, de devenir, une des plus grande puissance mondiale. A côté de ça le Brésil a exactement à peu près le même profil, misère, pluriculture, plurireligion, corruption, violence et mieux sort lui-même d'une histoire où se sont quasiment toujours succédé les dictatures. La situation s'améliore ? Clairement. Lula est-il l'homme miraculeux pour autant ? clairement pas.
A côté de ça nous avons la Chine, même problème que les deux autres, à ceci près que c'est le bruit de botte qui prédomine, que la Chine a clairement des vues coloniales ou néo coloniale, avec le Tibet, le Cambodge, le Vietnam et vous êtes bien aimable de considérer que son intérêt pour l'Afrique est conjoncturel mais considérant les gisements qui s'y trouve et l'appétit de conquète des chinois, qui ont effectivement une claire revanche à prendre sur l'occident, c'est un peu plus qu'un phénomène de conjoncture. Je ne suis nullement sinophobe pour autant, je suis même absolument fasciné par la stratégie chinoise dans le domaine économique, et globalement la culture chinoise m'enchante. Mais je ne suis pas dupe non plus de qui détient le pouvoir là -bas. L'actuel président est directement sortit du Gongangbu, les SR chinois, comme Poutine de l'ex-KGB, et dans les deux états c'est l'armée qui décide. Deux états qui plus est qui ont une grande proximité avec les réseaux mafieux, et là déjà ça m'enchante beaucoup moins.
Le système de valeur des chinois et celui du parti n'est pas exactement le même. Le parti a construit sa culture politique sur la Chine impérial et c'est cette Chine impérial là à laquelle nous avons à faire, seulement en plus la donne est aujourd'hui inversé. Terminé le temps où les français et les anglais vendaient de l'opium à la Chine pour détruire sa société. Aujourd'hui nos économies dépendent en grande partie des Chinois, et contrairement à ce que dit un des commentateurs ici, cela n'a strictement rien à voir avec le modèle japonais. Parce que les japonais n'ont jamais tenu l'économie américaine à bout de bras ni été fort de près de deux milliards d'individu, si l'on compte la diaspora et cette pratique chinoise qui consiste à s'entraider entre gens de même village, d'une même région. La puissance et la volonté hégémonique de la Chine est sans comparaison aucune, et les russes l'ont du reste parfaitement compris. Tout comme Obama qui l'a récement fait remarquer, il y a changement d'axe. C'est dans la nature des choses, et nous n'y pouvons rien. L'occident a peur de ce changement et a parfaitement raison, la peur est un sentiment rationel qui pousse à des réactions irrationelles. Ce serait le contraire qui ne le serait pas. Parce qu'à nouveau ce n'est pas à la Chine que nous avons à faire, mais à deux choses, le nationalisme chinois, qui est très fort, et la nomenklatura chinoise qui a des comptes à régler et une vision très particulière du dialogue et de la concertation. Droit d'auteur non reconnu en Chine, joint venture obligatoire et à l'avantage des chinois, cooptation de l'OMC, etc... Cette nomenklatura là n'est pas du tout composé d'enfant, il serait peut-être temps de regarder les choses en face. Vous avez peut-être oublié Tien Anmen et la façon de traiter les gens de la secte Falulong, pas moi. Parce qu'il ne faut pas se leurrer non plus, le gouvernement chinois vit dans l'obsession du contrôle, et une peur fondamentale que le pays accèdent à la démocratie. C'est dans sa culture de penser que celle-ci détruira la Chine, la divisera, et il n'est plus question pour elle de perdre la face devant l'occident.
On devrait inventer une religion avec un seul commandement : profite de la vie
Se faire traiter de con par un imbécile est un plaisir de goumet.
Pendules à l'heure de Pékin
La Chine n'est pas seulement entrée dans l'OMC, elle est en train de l'absorber aussi sûrement que l'Afrique, le CIO ou la diplomatie française, UMP inclus. La Chine n'a pas d'autre projet ou état d'âme que de laver l'humiliation de siècles de colonisation, de grand homme malade de l'Asie, d'archaïsme post-communiste, etc. Le meilleur moyen, c'est d'acheter tout le monde, d'une manière ou d'une autre, de soumettre tout le monde comme elle sait si bien le faire, ça marche très bien et on ne voit pas une seule raison pour qu'elle s'arrête en si bon/mauvais chemin. Liu Xiaobo condamné à 11 ans un 24 décembre est un message assez clair...
http://shodavid.blog.lemonde.fr/
Ethnocentrisme, avoirs, pouvoir et savoir.
Dans un monde fermé, tel que notre planète, il n'y a que 3 attitudes possibles vis à vis d'un autre pays: L'ignorance, la guerre ou les relations économiques.
La technologie a tellement réduit notre planète que l'ignorance devient impossible. De même qu'il est aujourd'hui impossible d'ignorer une catastrophe naturelle qui se produit à l'autre bout de la planète, les peuples sont liés entre eux.
Evitons la guerre, si possible.
Il nous reste les relations économiques. Dans ce cadre il existe 2 types de relations. Les relations bilatérales où les relations dominant-dominés.
Autrefois c'était le 2e type qui prédominait, en particulier entre pays colonisateurs et colonies. Cette époque est révolue pour une foultitude de bonnes raisons.
Bref, nous somme historiquement poussés au développement des relations bilatérales. Mais nous, occidentaux, pensons toujours le monde en fonction de notre ancienne vision dominante, vision dans laquelle nous apportons notre vision au reste du monde, notre civilisation, nos droits de l'homme déclarés universellement pas nous même comme indépassables.... La preuve les cartes du monde sont centrées sur le méridien de Greenwich... En Europe. Car en Chine, soyons sur qu'elles sont centrées sur le Chine.
Le développement de la Chine est une mauvaise nouvelle pour nous. Mais une excellente nouvelle pour les Chinois. De toute façon nous n'y pouvons rien, sauf à couper les réseaux électroniques ou rétablir les colonies.
Ces 30 dernières années, nous avons appris à partager notre fortune, nos avoirs, avec les autres peuples du monde. Aujourd'hui nous commençons à partager le pouvoir, et c'est beaucoup plus difficile d'accepter que les BRICs, par exemple, ne veuillent pas de notre vision du développement durable (cf Copenhague). Mais le pire est à venir, car nous allons devoir apprendre à partager le savoir. Les Chinois (et d’autres) vont bientôt nous dire comment nous devons organiser notre société. Ces savoirs intangibles hérités de notre civilisation judéo-chrétienne vont être mis en compétitions avec des valeurs très différentes issues de civilisations divergentes. Vu d’Inde, par exemple, le système des castes n’est peut-être pas considéré comme rétrograde….
Devrons-nous les accepter ? Peut-être pas. Mais nous devrons accepter que d’anciens peuples qui apprenaient tout de nous essayent de nous imposer leur vision du monde.
Il n'y a rien que nous puissions faire. Il nous faut juste réapprendre la flexibilité et nous préparer à ce choc des civilisations.
Parfaitement d'accord
Je trouve votre commentaire empreint d'une grande intelligence et objectivité.
Une question que de nombreux
Une question que de nombreux occidentaux devrait se poser : est-ce que la Chine cherche réellement à dominer le monde ou à défendre ses intérêts sur son territoire et sur son continent ?