Culture

Hubert de Givenchy, une certaine idée de l'élégance à la française

Temps de lecture : 2 min

Le couturier Hubert de Givenchy est mort le 10 mars 2018, à l'âge de 91 ans.

Hubert de Givenchy, le 7 juin 2011 | Rafa Rivas / AFP
Hubert de Givenchy, le 7 juin 2011 | Rafa Rivas / AFP

Élégance, chic et raffinement sont les mots qui s’attachent à la personnalité et à l’apparence d’Hubert de Givenchy. Son nom demeure associé à deux femmes qui l’ont inspiré: Audrey Hepburn et Bettina.

À l’automne dernier, une exposition à la Cité de la dentelle et de la mode de Calais revenait sur le parcours de ce grand couturier à l’allure de dandy.

Bettina et Audrey Hepburn, muses éternelles

Hubert de Givenchy choisit sa vocation très tôt; même s’il n’est guère encouragé par sa famille, il persévère.

À Paris, il apprend le métier dans les grandes maisons de l’époque –Fath, Piguet, Lelong–, passe plusieurs années chez Schiaparelli puis réunit les fonds nécessaires pour ouvrir une maison de couture à son nom en 1952.

L’exquise et pétulante Bettina [Graziani] devient son mannequin vedette et son attachée de presse. Pour elle, il crée la blouse Bettina à volants volumineux sur les manches, qui sera immortalisée par un dessin de Gruau.

Le succès arrive vite; Hubert de Givenchy prolonge l'aventure réussie de la couture avec une forme de prêt-à-porter de luxe: Givenchy Université. Couturier classique, il cherche le raffinement dans les détails, toujours sans excès, sans «surplus».

Il façonne l’idée des séparables, où les jupes et blouses peuvent vivre leur vie séparément ou être coordonnées. Si la robe sac a peut-être été lancée par Balenciaga, elle est aussi devenue une signature Givenchy dans sa sobriété architecturée. D’autres robes concepts suivront: robe chasuble, robe culotte, tailleur short...

Grand amateur d’art, il l’invitera dans quelques-uns de ses modèles, rendant hommage à Miró, Braque, Matisse, Dufy ou Bérard.

Sa rencontre avec Audrey Hepburn sera déterminante: elle deviendra sa muse, son égérie, son amie. L’actrice s’habillera en Givenchy à la ville comme à l’écran –Sabrina, Diamants sur canapé...– et amplifiera la notoriété du couturier outre-Atlantique.

Audrey Hepburn en robe Givenchy dans la scène d'ouverture de Diamants sur canapé

Son amitié avec Cristóbal Balenciaga joua aussi un grand rôle dans sa carrière, en affirmant son goût pour l'architecture des vêtements et un sens évident d’une élégance simple.

Une renommée internationale jamais démentie

Très tôt, Hubert de Givenchy s’intéresse aux parfums. En 1957, il lance Le De et surtout L’interdit, inspiré par sa relation avec Audrey Hepburn –la légende dit que le parfum a été conçu pour son unique usage personnel et que l'actrice interdisait sa commercialisation. Parmi les succès, on compte également des créations de Dominique Ropion, dont Amarige [un anagrame de mariage, ndlr], et l'actuel best-seller Very Irresistible.

En 1988, la maison Givenchy entre dans le giron LVMH. Hubert de Givenchy continue quelques années, puis orchestre son dernier défilé en 1995.

Plusieurs directeurs artistiques lui ont succédé –et non des moindres–, qui sont parvenus à maintenir la notoriété de la maison: John Galliano, Alexander Mc Queen, Julien Macdonald, Riccardo Tisci et aujourd’hui une femme, Clare Waight Keller.

Que reste-t-il de Givenchy, après la disparition de son créateur? Assurément, un grand nom de la mode à notoriété internationale, une belle idée de l’élégance, le chic parisien et, à jamais, Audrey Hepburn.

Antigone Schilling

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