La France a perdu la bataille commerciale
Ce n'est pas la relocalisation partielle en France de la production de la Clio 4 qui redressera notre balance commerciale.
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Au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, Nicolas Sarkozy veille aux intérêts de la France et rappelle la petite Clio à ses devoirs. Carlos Ghosn s'est rendu, une partie des Clio 4 seront assemblées à Flins. Aux frontières, les douaniers veillent et dépriment. Ce n'est pas la Clio qui leur pose problème. Eux regardent passer les marchandises, toutes les marchandises. Ils tiennent un compte précis de ce qui entre, de ce qui sort. Et depuis de longs mois, le douanier n'a plus le moral. Cela fait six ans que nos guetteurs voient la balance des paiements constamment négative. Les chiffres peuvent varier d'une source à l'autre, mais le constat demeure. La France a perdu la bataille commerciale contre le reste du monde.
Produire en France
Fort heureusement, Nicolas Sarkozy compte redresser les choses et le voilà qui s'en prend à la Clio, la petite Renault. Quoi? On vendrait aux Français des voitures venues d'ailleurs. Il faut que cela cesse. Pas sûr que ce soit le bon dossier, mais il faut bien commencer par un bout pour redresser la balance des paiements. Ce sera donc la Clio. C'est vrai que des Clio neuves sont immatriculées en France et viennent d'ailleurs. Au cours des 6 premiers mois de l'année, 157.447 Clio II ou III ont été assemblées dans six pays. Les ouvriers de Flins en ont assemblé 64.000 (1), Cela fait 42% de la production mondiale. Dans le même temps, 66.000 Clio ont été immatriculées en France. Il faut donc importer 2.000 Clio pour satisfaire la demande en France. Pas de quoi réveiller le président de la République. Eh bien si, justement. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, le disait le week-end dernier. Nicolas Sarkozy l'a redit ce week-end à Carlos Ghosn, le président de Renault: les Clio vendues en France doivent être produites en France.
Soit, l'intention est bonne. A priori en tout cas. Mais quelle est la situation de notre commerce extérieur? Prenons les chiffres de l'OCDE qui ont l'avantage de permettre une comparaison internationale. En 1999, la balance des paiements est largement positive: 46 milliards de dollars. Nous vendons au reste du monde plus que nous ne lui achetons. D'accord, c'est un record, ce chiffre de 1999, mais cela fait déjà sept ans que les douaniers voient entrer plus d'argent qu'il n'en sort. Pourquoi cela s'arrêterait-il? La France est sur une bonne dynamique, le Made in France se vend bien. Que cela continue.
La balance des paiements penche
Curieusement, non seulement ça ne va pas se prolonger, mais ça va sérieusement se gâter. Les années 2000 ne seront qu'une lente et inexorable descente? En 2005, la balance des paiements devient négative de 10 milliards de dollars. Le fond du gouffre, c'était en 2008. Il semble que personne ne l'ait vu: -64,4 milliards de dollars. Et l'année dernière, si les choses se sont arrangées, c'est uniquement parce que le commerce mondial est entré en léthargie. A fin septembre, le trou était déjà de 40 milliards de dollars!
Les plus patients peuvent aller faire un tour dans le kiosque statistique des Douanes, il n'est pas facile de trouver un secteur, un sous-secteur ou un produit industriel dont la balance aux frontières soit supérieure à 0. Avant, il y avait l'automobile. Tous les ans, elle dégageait un solde positif de 7 milliards d'euros. L'année dernière, c'est un solde négatif de 7 milliards que l'automobile devrait afficher. Aujourd'hui, seul le tourisme semble positif et fait rentrer des recettes. Peut-être que la haute couture et les produits se transportent mal. L'idéal est de vendre une voiture dans un rayon de 2.500 km autour de l'usine. Le papier toilette, ça ne va pas au-delà de 400 km. Alors là, notre balance commerciale du «papier crêpe à usages domestiques, d'hygiène ou de toilette», cote 48030031, est positive. Sur les douze derniers mois, nous en avons vendu pour 69 millions d'euros au reste du monde et nous en avons importé pour 59 millions. C'est un peu comme si aux Jeux olympiques nous avions enlevé la médaille d'or de la boule lyonnaise.
Plus sérieusement, peut-on faire en sorte que les voitures vendues en France soient construites en France? Non. Que ce soit heureux ou malheureux, la réponse est négative. Les frontières sont ouvertes, la Commission européenne veille à ce qu'aucune préférence nationale ne vienne gêner la circulation des marchandises dans l'Union européenne et chacun peut acheter la voiture de son choix. D'ailleurs, le consommateur français peut s'inquiéter de voir des voitures fabriquées en Turquie arriver en France, il peut aussi choisir librement de le faire ou pas.
Et le consommateur?
Le consommateur n'est pas sans responsabilité. Quand il décide d'acheter, il compare les prix, évalue seul le rapport qualité/prix. Après, il se démène pour arracher 5, 10 ou 15% de rabais. Bref, il a le choix et il marchande. En face, le vendeur de Renault, de Peugeot, de Skoda ou d'Audi va raboter ses prix et le patron des usines va limer ses coûts et réduire les emplois... Pour redresser la balance commerciale, chacun peut agir et refuser d'acheter une Volkswagen, une Seat, une Fiat. Aucune n'est assemblée en France. En même temps, nous sommes en 2010 et Renault vend ou tente de vendre des voitures en Allemagne, en Espagne ou en Italie. Revenir à une bataille de tranchée semble un peu suranné.
Que faire? Pour reprendre la question de Lénine. Regarder sérieusement la question. A quoi ressemble Renault. A Boulogne-Billancourt, le berceau du groupe, il ne reste que le siège, le design et la cabane où Louis Renault a assemblé ses premières automobiles. La plus grande usine de Renault se trouve aujourd'hui en Turquie, à Bursa, au sud d'Istanbul, à 3.478 km. En même temps, Renault possède 44% de Nissan, contrôle le coréen Samsung et détient Dacia, une marque qui peut lui permettre d'aller en Afrique, en Amérique du Sud ou en Europe centrale. La contrepartie est évidemment que 20% des voitures particulières estampillées Renault ou Dacia sont construites en France, contre 63% en 1999.
Maintenant, la France a-t-elle définitivement perdue la guerre face à la Chine, à la Corée ou au Japon? On peut le dire... Mais il faudra alors expliquer pourquoi l'Allemagne a réalisé un parcours exactement inverse. En 1999, sa balance des paiements est négative de 28 milliards de dollars. Dix ans plus tard, elle est positive de 244 milliards de dollars. Sans doute faut-il regarder plus sérieusement la question de la compétitivité des entreprises françaises que de montrer du doigt la petite Clio.
Philippe Douroux
LIRE EGALEMENT: Ce qui est bon pour Renault n'est pas bon pour la France et L'inévitable déclin de l'industrie auto française ne doit surprendre personne.
Image de Une: La Renault Clio Benoit Tessier / Reuters
(1) La première version de ce papier comportait une inversion de chiffre: la France construit bien 64.000 Clio et non 66.000 comme initialement écrit. Avec nos excuses.
Mis à jour le 19/01/2010 à 9h14









































Peut-être n'eussiez vous pas dû autant vous moquer de nos exportations de papier toilette, parce que si TOUS les Chinois renonçaient à leur torchon torcheur pour adopter NOS rouleaux de papier, notre balance commerciale s'en trouverait singulièrement rééquilibrée.
Je ne suis pas sûr que la méthode que vous évoquez à propos soit la bonne.
Philippe Douroux
Mais que voulez-vous ? Le modérateur de Slate.fr a dû se dire, que par les temps qui courent, les nouvelles n'étant pas très bonnes, on avait peut-être le droit de rire un peu.
C'est en tous les cas ainsi que je l'ai compris, et je suis sûre que personne, sur le site, ne m'a prise au sérieux.
Et pourtant, le torchon... j'ai connu : j'ai passé une partie de mon enfance en Chine.
M. Douroux, votre article est trop approximatif. Il commence par une belle coquille "les douaniers veillent et déprime"; les correcteurs de Slate ne doivent pas veiller, eux. Ensuite vous enfoncez trop de portes ouvertes. Exemple: "il n'est pas facile de trouver un secteur, un sous-secteur ou un produits industriel dont la balance aux frontières soit supérieur à 0". Vous ne le savez peut-être pas mais il y a en France, le leader mondial du moteur d'hélicoptère (Turboméca), des avions civils (Airbus), du retraitement nucléaire (Aréva), des cosmétiques (l'Oréal), de la fabrication de serres (Richel), du médicament animal (Virbac), du transport ferroviaire(Alstom)... Tous ces gens fabriquent beaucoup en France et exportent. Je ne vois pas comment le solde commercial sur les moteurs d'hélicoptère pourrait être négatif ! Nous sommes preneurs d'analyses plus fines sur les causes de ce déficit. La première des causes d'ailleurs, c'est que les français consomment toujours beaucoup. Une autre cause aussi c'est que les pouvoirs publics et notamment N. Sarkozy, favorisent trop les grandes entreprises, comme Renault d'ailleurs. Quand il aide Renault, il l'aide dans sa stratégie internationale qui a explosé au cours des 10 dernières années. Il n'aide alors pas forcément la France et s'en rend compte à l'approche des élections. Enfin, s'il veut vraiment aider la France, il faut qu'il baisse les charges qui pèsent sur le travail: aujourd'hui, le coût du travail est plus élevé en France qu'en Allemagne ! Quand je donne 1 € à un salarié qui travaille, j'en donne 0,9 pour un qui ne travaille pas. Qui va se fatiguer à développer des produits complexes et risqués pour, en fin de compte, payer les retraités ou des fonctionnaires ?
Mea culpa, je veillerai avec plus d'attention à l'avenir. Soit, la liste des entreprises françaises performantes, exportatrices, innovantes, etc. est longue. Il n'empêche le bilan au bout du mois est négatif. Pour le reste mon but n'est que de mettre en évidence une double tendance : l'effondrement de la balance des paiements françaises et l'amélioration continue de celle de notre voisin allemand. Il y a évidemment beaucoup de raisons à cette situation qu'il faut analyser, mettre en évidence plutôt que de faire des remontrances à la petite Clio.
Philippe Douroux
Étant industriel moi-même, je suis d'accord avec le fond de votre article même si j'étais critique. Nous avons eu dans notre entreprise un apprenti qui a fini sa période d'apprentissage de 2 ans en juin 2008. Notre société avait droit à une aide versée par la région qui représente, en gros, deux fois 1500 €. Cela va faire 2 ans que l'apprenti est parti, 4 ans que nous l'avons accueilli, nous n'avons toujours rien reçu. Aux dernières nouvelles, les services de la région avaient perdu le RIB de notre société alors que la fourniture du RIB était obligatoire il y a 4 ans. J'entendais M. Wauquiez la semaine dernière dire sur une radio qu'il fallait s'inspirer de la gestion de l'apprentissage en Allemagne. Cela fait 20 ans que j'entends cela et qu'ont fait tous les ministres qui sont passés ? Ils se contentent encore de nous dire qu'il faudrait s'inspirer de l'Allemagne. Quand on est pas capable de payer ce que l'on doit, peut-on changer quelque chose ?
En préambule, si l'agitation envers Renault et la Clio peut paraître dérisoire, elle est légitimée par les Milliards d'€ que le gouvernement à prêté à Renault (et Peugeot) pour leur éviter une faillite il y a 18 mois. A cela s'ajoute la prime à la casse et autres soutiens aux ventes. Le gouvernement Français est donc en droit de rappeler à Renault de mieux respecter son sauveur.
Ceci étant, vous jouez un jeu dangereux en comparant la France et l'Allemagne, et en particulier à propos de la compétitivité économique Allemande... Vous prenez de sérieux risques.
Car si une explication vient du positionnement haut de gamme du "Made in Germany" qui leur permet de vendre, et donc de produire, plus cher, l'autre coté de la médaille est terrible pour notre fameux modèle français.
Qu'ont fait les Allemands depuis 10 ans:
- Respect des équilibres budgétaires grâce au gel des dépenses publiques,
- Réforme de la retraite par l'allongement de la durée de cotisation
- Rigueur salariale
- Réforme de l'état. Réforme plus facile en Allemagne puisque le pouvoir est décentralisé dans les Länder, ce qui évite par exemple de grandes manifestations nationales lorsqu'on essaye par exemple de réformer le système éducatif (je ne dis pas "éducation nationale" car justement il n'y en a pas en Allemagne)
C'est le fameux agenda 2010 du socialiste Gerhard Schroeder.
Si la droite essaye d’applique ce programme, elle saute. Si la gauche est élue, elle risque de ne même pas s’y risquer tant ses valeurs sont opposées à l’esprit « Allemand ». Surtout si elle doit composer avec l'extrême gauche française pour acceder au pouvoir.
Heureusement la crise devrait nous forcer à passer ces obstacles idéologiques et à, enfin, restaurer notre compétitivité économique.
Vous avez raison. Oui, il y a de bonnes raisons qui expliquent que la situation de notre balance des paiements soit aussi dissemblables des deux côtés du Rhin. Une remarque à propos de la prime à la casse, elle a surtout permis de soutenir l'emploi en Espagne, en Turquie ou en Allemagne puisque notre balance commerciale est déficitaire de 7 milliards en 2009. Je ne m'en offusque pas, je le constate.
"Bref, il a le choix et il bargaigne" ! Certainement "négocie" -t-il également, le client. Pardon "negociate-t-il".
Blague à part (quoique), sur le fond, il semble que vous ayez raison. L'un des moyens les plus efficace de lutter contre cette tendance, dans un premier temps avant remise à plat du système, sera de faire payer sur le prix de vente le coût social de l'achat d'un produit importé, quelque soit la marque. Mais nous connaissons le sort qu'à pu avoir l'idée d'un TVA sociale.
L'exemple de la TOYOTA YARIS, repris en commentaire d'un autre article sur ce sujet, est intéressant. Pour un client qui veut acheter "Français", c'est difficile. Entre les Renault turques, les Peugeot ou Citroën espagnoles et les Toyota Françaises, c'est dur !
Ce n'est peut-être tout simplement pas le bon moyen de traiter de la question...
Nous sommes d'accord.
Cela ne redressera pas la balance commerciale, mais cela préservera quelques emploies et c'est déjà pas mal. Quand au papier Q, l'argent et le profit n'ont pas d'odeur, comme le faisait remarquer Vespasien, un empereur qui osa taxer les Vespasiennes
Je suis heureux que le passage sur le papier toilette soulève tant de commentaires. Cela montre que le lecteur est en éveil.
"Préserver des emplois", soit, mais où? Notre balance commerciale automobile est déficitaire de 7 milliards d'euros en 2009. Subventionner l'achat de voitures neuves c'est sauvegarder l'emploi en dehors de nos frontières. Cela ne me choque pas, cela montre simplement que nous sommes désormais dans une Europe tellement imbriquée que des choix arrêtés à Paris concernent aussi l'ouvrier de Bursa, en Turquie.
Philippe Douroux
Vespasien n'a pas taxé les vespasiennes mais l'urine qui était récoltée et utilisée pour le tannage et dégraissage des peaux. L'histoire dit qu'il fit humer l'argent ainsi récolté à son fils Titus qui lui faisait reproche d'avoir instauré un tel impôt.
2009 était l'année européenne de l'innovation! en avez-vous particulièrement entendu parler? et pourtant de nombreux pays ont leurs propres programmes nationaux, comme NESTA au Royaume-Uni! et la France dans tout ça?
l'économie verte est l'avenir, mais avez-vous vu un fonds d'investissement public en France pour les énergies vertes?
la France, qui fut pionnière avec l'usine marémotrice de la Rance, est distancée par beaucoup de pays du Nord (UK, Norvège, Danemark..)pour la recherche sur les énergies renouvelables! et croyez-vous que notre éducation intègre la créativité et l'innovation? pas vraiment! Roland Moreno (la carte à puce) était journaliste, pas polytechnicien!
Enfin,une des plus anciennes méthodes d'innovation, Triz, développée en URSS sous Staline, et aujourd'hui utisée en Russie en éducation du primaire et surtout par de nombreuses entreprises industrielles en Asie ou aux USA, connaît en France un développement poussif (les livres de référence, souvent écrits par des Russes exilés aux USA) sont très peu traduits en français).
pour perdre une bataille, encore faut-il la livrer !
Rien ne permet de démontrer qu'à l'instar par exemple des industriels allemands, les industriels français aient livré une quelconque bataille visant à maintenir sur notre sol métropolitain ces activités ; bien au contraire.
Et ce ne sont pas les rotomontades d'un président vendant des centrales nucléaires qui arrangeront les choses. Seul le travail y parviendra. Or travailler à maintenir ces activités industrielles en France rapporte beaucoup moins que de délocaliser et pressurer les salariés (par exemple suicides au technocentre Renault, etc....) cqfd ?
Vivre sur la gloire passée comme un lénifiant discours positif pour le bon peuple, ca marche depuis des années et nos chers (très très chers) dirigeants continue de caresser cette idée dans le bon sens du poil.
"jcroispas" a bien raison de souligner que dans de nombreux secteurs la marque France a des champions mais ils sont en volume bien insufisants pour combler la balance des paiements. J'abonde également sur l'aide aux vraies Pme Pmi vers qui les milliards ne coulent pas forcément très vite et des charges qui ne vont pas en baissant. Il est plus facile d'avoir des exonérations quand on emploie 2000 salariés que quand on fait 200 feuilles de paie.
"constructif" oublie de signaler que le prêt que l'état à accordé aux constructeurs automobile a un taux d'intérêt de 6 % ce qui est plutôt confortable aujourd'hui. Le "cadeau" de l'état à cette profession va lui permettre de récupérer quelques dizaines de millions d'euros, c'est mieux que les noisettes de l'Ecureuil.
Réformer la France est un sempiternel marronier parce que c'est le chat qui se mord la queue. Ni à gauche ni à droite on ne trouve un discours qui fait mal et qui traçe une vraie perspective de réforme à 10 ou 20 ans. Quelle société serons nous, quels serons nos atouts, quels moyens mettons nous en oeuvre pour les atteindre, à quel endroit cela va t-il faire vraiment mal mais pourquoi il faut y aller, casser ou écorner les bastions corporatistes, redévelopper le sens de l'intérêt commun, ...
autant d'idées très basiques que nos chers hommes (et femmes politiques) s'évitent bien de prononcer car anti-électoralistes. Avec un système politique basé sur l'image et l'instantané dans lequel il est plus rentable de dire que de faire, on est pas près de rattraper ces fameux Allemands et leur balance des paiements.
la France économique tiendra de plus en plus un second rôle même si certains secteurs resteront en pointe. C'est un fait inéluctable et rien ni personne ne nous prépare ni à nous y faire ni à changer les choses.
youplaboum
Même si l’article est incomplet ou mériterait d’être corrigé à certains égards, il lève le voile sur une des risques majeurs de notre économie qui subit depuis 2005 et sans discontinuer une dégradation marquée de son solde des transactions courantes (englobant les échanges commerciaux, les transferts de revenus et capitaux). Pour faire simple, notre pays est acheteur net de devises. Fort heureusement, une bonne partie de ce déficit trouve sa contrepartie dans la Zone Euro et est donc sans conséquences sur nos avoirs de réserve en devises. Si nous étions restés dans un régime intra-européen de changes flottants (avec le Franc), la situation serait catastrophique :
- Dépréciation de la monnaie nationale, dévaluation, hausse des prix (inflation) importée, baisse de pouvoir d’achat, diminution des investissements, etc.…
Rien de tout cela, car nous sommes protégés par l’Euro ce qui est à la fois un bien et un mal :
- Un bien, car cela nous met à l’abri d’une paupérisation et chocs sociaux majeurs,
- Un mal, car ne nous permettant pas de discerner la gravité de la situation (très occultée par les discours officiels).
Certains objecteront que cette situation est la conséquence même de la politique de l’Euro fort menée par la BCE avec constance, en dépit de la crise financière. Mais alors comment expliquer la situation de l’Allemagne qui a fait le chemin inverse depuis 2005 ?
Quoique il en soit, c’est grâce à l’Allemagne que nous pouvons en ce moment emprunter massivement sur les marchés des capitaux à des conditions très favorables pour combler nos déficits exponentiels de toute nature, grâce à elle encore que nous pouvons compenser les insuffisances de notre système productif national en achetant à l’étranger à des prix très compétitifs.
Cela durera tant que l’Allemagne acceptera de payer…Pour combien de temps encore ?
M. Douroux, juste une petite correction pour commencer: si comme vous l'ecrivez 66.000 Clio ont ete assemblees en France et 64.000 y ont ete immatriculees, il ne faut pas en importer 2.000 pour satisfaire la demande francaise, mais plutot exporter le reliquat de 2.000 (bien sur, ca depend des modeles, en fait il y a davantage de volumes importes et exportes, et je n'aborde pas la question de la gestion des stocks...).
Vous avez raison de noter le probleme de la balance commerciale francaise structurellement deficitaire, mais ce n'est pas du tout l'enjeu ici. L'enjeu, comme ca a deja ete note, c'est bien l'emploi. Pourquoi? Parce qu'en France plus que dans bien des pays, une part importante de la population vit (partielllement au moins) de revenus de transferts, des services publics etc. Et que tout ceci est finance par les emplois, principalement du secteur prive. C'est bien un des gros problemes francais: alors que la population totale continue d'augmenter, le nombre d'emplois prives diminue, ou stagne dans les meilleures periodes. D'ou les desequilibres qui s'accumulent...
Independamment des considerations politiques, la vraie question, c'est en realite: combien d'emplois "francais" (= financant le systeme) y a-t-il derriere une Clio "produite" a Flins, notamment par rapport a une Clio "produite" en Turquie ou en Espagne? Car on oublie de dire que les constructeurs auto ne produisent plus rien, ils concoivent et assemblent. Il faudrait etudier toute la filiere automobile (incluant les sous-traitants...).
M. Duroux,
Vous ne parlez que des coûts alors qu'il ne s'agit que d'une partie du problème.
Certes, l'Allemagne a pu reprendre des Parts de marché aux autres pays européens en imposant depuis 5-8 ans à sa population une modération salariale et sociale que nous n'avons pas eu.
Mais elle a surtout su continuer d'investir dans de bonnes spécialisations (mécaniques, machines outils, voitures de luxe...) et maintenir son tissu industriel.
Pendant ce temps-là, la France se disperse en saupoudrant ses ressources sur un nombre incroyables de poles de compétitivité, laisse ses patrons organiser la fuite de ses filières d'excellence à l'étranger pour faire plus de profits à court terme (ex : LVMH and co qui laissent tomber leurs façonniers pour envoyer leurs productions à l'étranger).
Notre leitmotiv devrait être de fixer nos priorités : choisir quelques spécialités ayant un futur prometteur où nous pouvons être les meilleurs et y mettre toutes nos ressources pour y être les meilleurs, laisser tomber le reste
L'Allemagne a peut etre une strategie nation- entreprise protegeant le long terme en gardant les cores competences et en ne delocalisant que ce qui doit l'etre
Exemple automobile: Vous dites que la France a massivement delocalise, Qu'a fait l'Allemagne? Quelle est l'evolution de la balance commerciale Allemande dans le secteur automobile entre 99 et 2008? ce serait interessant de savoir
Quand est ce que nos dirigeants comprendront que lorsque les resources de travail sont aussi sous utilisees qu'elles le sont en France, le cout marginal du travail est quasi nul en France. Peut etre une surtaxe importante (voire confiscatoire) sur les gros revenus et stock options pour financer les indemnites chomage permettrait d'aligner les interets des decideurs avec celui de la France (utiliser ses resources de travail).
Un article dans le FT d'aujourd'hui montre que les Francais ne consomment pas beaucoup compare aux autre pays developpes (page 8: 57% contre 71% aux US, 64 % UK, 56% Allemagne) mais bien sur, l'Etat Francais a un enorme deficit car il ne faut pas taxer les hauts revenus et depense plus qu'il ne preleve
Vous l'avez dit, le France en vend pas parce que les consommateurs arbitrent les produits entre eux et se tournent bien sûr vers les moins chers et donc les produits étrangers. Cela revient à dire que le pouvoir d'achat est trop faible en France pour que le consommateur puisse se payer "le luxe" d'acheter français. Dans ce cas, augmentons les salariés français!! Une étude a t elle été faite à ce sujet? Sommes nous bien certains que la paupérisation des consommateurs français ne soit pas la vraie cause de la crise économique française?
...a perdu les batailles technologiques, commerciales, industrielles etc etc.
En résulte que ce pays cultive la médiocrité.
Pas étonnant nos dirigeants tiennent tant à "l'europe"; cette union lui permet de placer ses "champions nationaux"... .
Ce pays cultive la médiocrité ! Comme vous y allez. C'est faire que peu de cas de : Auchan, Carrefour, l'Oréal, Sephora, Areva, Axa, Bouygues, Suez, BNP, pour les plus connues mais aussi pour des centaines d'entreprises bien de chez nous qui cultive l'innovation et la performance et ce partout a travers le monde !
J'ai un petit brin de fatigue à lire et a attendre tous ceux qui prennent un malin plaisir ( pourquoi ? ) de critiquer sans cesse les preformances economiques françaises. Si, si, il y en a qui bossent et qui réussissent. Alors, minute papillon avant de dire trop de...
Cordialement,
http: //corto74.unblog.fr
il y a des réussites indéniables en France et fort heureusement. Il n'en demeure pas moins vrai que le nombre de brevets déposés en France est inférieur à celui de la Corée du Sud. C'est dire. Alors, oui, il y a des entreprises qui marchent, mais non la France n'est pas une championne.