Sciences

Comment la forme de nos oreilles influence notre perception auditive

Temps de lecture : 2 min

Avec une petite prothèse de silicone dans les oreilles, nous ne localisons pas les sons dans l'espace de la même façon.

Une oreille géante présentée lors d'un défilé pour les 100 ans de l'industrie musicale britannique, le 30 juillet 1997, à Londres / AFP
Une oreille géante présentée lors d'un défilé pour les 100 ans de l'industrie musicale britannique, le 30 juillet 1997, à Londres / AFP

Décollées, pointues, éléphantesques, minuscules ou biscornues... La forme de nos oreilles influe sur la perception que nous avons des sons alentours.

Des chercheurs de l'université de Montréal ont découvert qu'une légère modification de la forme de l'oreille de quelqu'un, à l'aide d'une petite prothèse de silicone, pouvait modifier sa représentation de la direction verticale du son dans le cortex auditif.

Localiser la provenance des sons

Une fois les oreilles modifiées, le sujet, tantôt capable de définir la provenance d'un son, n'était plus à même de définir si le même son et tel autre étaient produits d'en haut ou d'en bas. Ce n'est qu'au bout d'une semaine passée avec la prothèse que, le cortex auditif s'étant adapté à cette nouvelle forme, la personne redevenait capable de localiser les sons comme avant.

Les résultats de l'étude suggèrent que ce qui nous permet de localiser un son n'est pas tant relatif au moment où celui-ci atteint nos oreilles (de précédentes études avaient montré que l'oreille droite reçoit avant l'oreille gauche un signal lorsque le bruit provient de la droite, et inversement), mais à la façon dont les ondes sonores rebondissent sur les parties externes de nos oreilles.

Plus les sons proviennent d'endroits élevés, moins les neurones réagissent: pour les chercheurs, cela semble suggérer que les neurones permettent de se représenter la hauteur d'un son en fonction de la magnitude de leur réponse.

Lors de la phase d'adaptation aux prothèses, les neurones auditifs réagissaient de manière beaucoup plus désorganisée, explique le neuroscientifique Régis Trapeau, qui est également l'un des deux auteurs de l'étude. Selon lui, la localisation d'un son dans l'espace nécessite donc non seulement que le cerveau incorpore les ondes sonores elles-mêmes, mais encore que nous ayons une compréhension, fût-elle inconsciente, de la façon dont nos propres oreilles modifient ce son.

Une compréhension plus fine des ressorts de notre perception auditive pourrait mener à l'élaboration d'appareils auditifs plus adaptés et performants.

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