Monde / Culture

Crise du câlin: le monde est-il en mal d’amour?

Temps de lecture : 2 min

Par solitude ou crainte, on se touche de moins en moins.

Want a free hug | Sami Hadhri via Flickr CC License by
Want a free hug | Sami Hadhri via Flickr CC License by

Saviez-vous que le premier sens que l’on développe est le toucher? Grâce à une simple caresse, on reconnaît une piqûre de moustique, les vibrations d’un chat qui ronronne, la douleur d’une brûlure, la pression d’un clavier ou encore la texture d’un vêtement.

Pour autant, le fait d'éviter tout contact physique avec un étranger est profondément ancré en nous, par méfiance ou simple politesse.

«Nous avons diabolisés le contact humain à un tel point que ça provoque des réactions hystériques. Ça provoque des procédures législatives. Et ce manque de toucher n’est pas bon pour notre santé mentale», a livré Francis McGlone, un professeur en neuroscience à l’université de Liverpool et chef de file en ce qui concerne le toucher affectif, dans une interview au Guardian.

Au Royaume-Uni, les médecins ont été mis en garde de ne pas enlacer leurs patients de peur que ces derniers portent plainte. Les familles d’accueil sont elles aussi concernées par ces mêmes craintes. Les instituteurs, eux, appréhendent tout contact physique avec leurs élèves. Des réticences notamment liées aux risques –bien rééls– d'agressions physiques et sexuelles.

Des câlineurs professionnels

La solitude est une épidémie qui ronge les pays riches. Au Royaume-Uni, en 2016, un demi-million de personnes âgées passent au moins cinq jours dans la semaine sans voir ou toucher une autre personne.

Un marché du toucher est en train de fleurir en Europe, en Australie et aux États-Unis. En manque de papouilles? Des ateliers, des soirées et des sessions privées sont gérées par des câlineurs professionnels. Des pays comme le Japon sont précurseurs dans le domaine. Ouvert en 2012, le «cuddle café» –café câlin– permet de passer une heure dans les bras d’une femme (et seulement d’une femme) pour une quarantaine d’euros. Japan Today relayait une offre d’emploi au «cuddle café» formulée en ces termes:

«Travail: Dormir. Lieu: Akihabara. Qualifications requises: Avoir entre 18 à 30 ans. Indemnisation: 25 euros de l’heure.»

À Portland en Oregon, un centre commercial –le Cuddle Up To Me– entièrement dédié aux câlins propose un menu avec soixante-douze câlins au choix: de «l’Alligator» en passant par le «Mamma Bear» jusqu’au «Tarantino» .

Papouilles et câlins: des besoins primaires chez l'être humain

Franck McGlone continue son explication et révèle que nous sommes prédestinés à câliner et à faire des papouilles. Le plaisir que l'on éprouve lors d'un contact avec un autre être humain tisse un sentiment de bien-être en nous.

Par ailleurs, le contact physique serait une cure contre la solitude: en 2017, des chercheurs de l'université de Londres ont montré que des caresses réduiraient le sentiment d'exclusion sociale. Le contact humain agirait comme un «médicament» naturel: augmentation des cellules tueuses, protection du système immunitaire, augmentation de la sérotonine –un antidépresseur naturel... Qui veut un câlin?

Slate.fr

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