Tech & internet / Monde

Un employé de Marriott renvoyé pour avoir «aimé» un tweet

Temps de lecture : 2 min

Roy Jones avait aimé un tweet félicitant la chaîne d'hôtels de présenter le Tibet comme un pays.

Devant le Marriott d'Hangzhou en Chine, le 11 janvier 2018. Ed Jones / AFP.
Devant le Marriott d'Hangzhou en Chine, le 11 janvier 2018. Ed Jones / AFP.

Parfois, certaines actions insignifiantes finissent par avoir des conséquences dramatiques. C'est en tout cas ce qu'a découvert Roy Jones. Le Wall Street Journal indique ce 3 mars que cet employé de Marriott a été viré parce qu’il a «aimé un post sur Twitter». Voici le tweet en question:

Ce tweet est l’œuvre d’un «groupe séparatiste tibétain qui félicitait Marriott de lister le Tibet en tant que pays, plutôt que de l’avoir décrit comme une partie de la Chine, dans un sondage en ligne», explique le site américain.

Quelques heures plus tôt, un questionnaire envoyé à des membres du programme de fidélité de Marriott leur demandait leur pays d'origine, écrivait l'AFP, en janvier dernier.

«Marriott fait l'objet d'une enquête en Chine après avoir provoqué un tollé sur l'internet local: un questionnaire du géant hôtelier américain présentait les régions chinoises du Tibet et de Hong Kong, mais aussi l'île de Taiwan, comme autant de pays distincts.»

Selon le Marriott, présenter le Tibet comme un pays était une erreur, et Roy Jones a répété la même erreur en likant le tweet félicitant Marriott.

«Le 11 janvier [deux jours après le questionnaire, et le tweet], l'office de tourisme de Shanghai a interrogé des représentants de Marriott à ce sujet, et a ordonné à l'entreprise de s'excuser publiquement et de “sérieusement s'occuper des personnes responsables”», explique le Wall Street Journal.

Pas le droit à l'erreur

Pourtant, l'homme de 49 ans assure qu’il ne pensait pas mal faire en cliquant sur le bouton «like»: «Nous n’avons reçu aucune préparation spécifique par rapport à la Chine», assure-t-il aujourd'hui.

La direction de la chaîne d'hôtels a refusé de commenter le cas de Roy Jones au Wall Street Journal, mais indique que «toutes les décisions prises dans le cadre de l'incident Chine-Tibet suivent les politiques internes». Selon des experts en droit contactés par le site américain, Marriott a effectivement le droit de renvoyer Roy Jones, même si la sanction est très lourde. «Pour certains, la sévérité montre un environnement qui pardonne de moins en moins ceux qui offensent les sensibilités chinoises.»

Pour avoir accidentellement reconnu le Tibet comme un pays, Marriott a été obligé de suspendre les réservations dans ses 300 hôtels chinois pendant une semaine. Quartz rappelle que Marriott rejoint ainsi Mercedes Benz et d'autres marques internationales qui ont subi les foudres de la Chine après des actions similaires sur les réseaux sociaux.

«Que la Chine utilise de plus en plus son immense marché pour influencer les messages de ses partenaires étrangers est une tendance inquiétante, selon des analystes politiques», conclut Quartz.

Slate.fr

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