Monde

La France (et l'UE) en font-elles assez pour Haïti?

Johan Hufnagel, mis à jour le 20.01.2010 à 14 h 18

Venez en débatttre.

Alors que la situation en Haïti empire d'heure en heure, que l'île fait face à une situation d'urgence telle que l'ONU assure n'avoir jamais connu, même lors du tsunami asiatique de 2004, que l'aide a du mal à parvenir aux victimes tant le pays est détruit, et que les autorités sur place sont dans un état de désorganisation absolu, les Américains tentent une mobilisation sans précédent. Barack Obama envoie sa secrétaire d'Etat dans le pays pour évaluer la situation, appelle à l'aide ses deux prédécesseurs Bill Clinton et George W Bush, débloque 100 millions de dollars et 5000 hommes, des porte-avions et un navire-hôpital...

Les Etats-Unis en font-ils assez en Haïti, s'interrogeait pourtant samedi matin le New York Times?

Retournons-nous la question: et la France? La France en fait-elle aussi assez?

La solidarité des Français, comme d'habitude, est forte, les dons et les recueils de dons pour les organisations humanitaires affluent. Mais le gouvernement? Il n'a simplement fait aucune promesse.

Sur place, c'est le secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet qui est censé coordonner l'aide française, un détachement de 300 hommes qui seront «à terme en Haïti avec plusieurs dizaines de tonnes de matériel. Ils travaillent en étroite concertation avec les moyens déployés par l'Union européenne et les Etats Unis». Sur le site du gouvernement, le dernier communiqué de presse date d'avant-hier. Quelques millions d'euros, l'effacement promis d'une dette, est-ce suffisant, même pour une puissance moyenne comme la France, s'interrogent les blogueurs d'Etat des lieux?

Et l'Europe?

Sur son blog Coulisses de Bruxelles, Jean Quatremer se demande ce que fait à Londres Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, et non à Port-au-prince, ou simplement à Bruxelles.

Pour le journaliste, l'Europe est moins visible encore que la France dans la crise haïtienne: «même le secrétaire d'État français à la coopération, Alain Joyandet, s'est rendu sur place». Le porte-parole d'Ashton avait bien une explication: «nous ne voulons pas faire du tourisme du désastre. L'ONU a demandé à ce que les personnalités n'encombrent pas l'aéroport d'Haïti».

Le problème n'est pas tant que l'Union européenne ne donne pas mais qu'elle ne se montre pas, selon Quatremer: elle est première contributrice, avec 400 millions d'euros contre 100 millions de dollars pour les Américains. «Si Lady Ashton a été nommée ministre des Affaires étrangères de l'UE, c'est au moins pour faire ce travail de représentation et de mise en valeur du travail des Européens.»

Et vous, trouvez-vous que les autorités françaises et européennes ont pris la mesure de la catastrophe haïtienne et de l'urgence? La France doit-elle laisser aux ONG le soin de représenter la solidarité française? Pour vous, le gouvernement en fait-il assez? Ou trop? Et l'U.E.?

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JH

Image de une: Le 15 janvier à Port-au-Prince. REUTERS/Carlos Barria

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