Égalités / Monde

Dans la zone kurde du Nord de la Syrie, les femmes ont les mêmes droits que les hommes

Temps de lecture : 2 min

Les Kurdes ont apporté avec eux une philosophie d'égalité entre les femmes et les hommes, qu'ils tentent d'appliquer sur le terrain.

Des femmes kurdes syriennes, à Qamishli, une ville du Nord-Est de la Syrie, le 15 septembre 2017 I DELIL SOULEIMAN / AFP
Des femmes kurdes syriennes, à Qamishli, une ville du Nord-Est de la Syrie, le 15 septembre 2017 I DELIL SOULEIMAN / AFP

«Le patriarcat, c'est terminé». Citée par le New York Times, cette habitante de Manjib, dans le Nord de la Syrie, résume une situation qui résulte d'une politique menée par les Kurdes depuis maintenant six ans: celle de l'égalité entre les hommes et les femmes. Cette philosophie, portée par le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), n'est toutefois pas facile à mettre en place, décrit le New York Times.

Cette égalité passe d'abord par l'accès des femmes aux rôles décisionnaires: chaque institution gouvernementale se voit co-présidée par un homme ainsi que par une femme, et s'efforce de respecter la parité dans sa composition.

Explosion des divorces

Les Kurdes ont également mis en place des lois sociales en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes. En premier lieu, les femmes ont maintenant le droit, tout autant que les hommes, d'hériter. Elles peuvent aussi, en cas de divorce, obtenir la garde de leurs enfants et rester dans leur maison. D'ailleurs, dans les régions contrôlées par les Kurdes, le divorce peut maintenant être demandé par les épouses, et plus uniquement par leurs maris. Ainsi, en 2017, 200 divorces ont été prononcés -un chiffre sans précédent. Les causes les plus invoquées: des mariages contractés en-dessous de l'âge légal, mais aussi la polygamie. En effet, même si la loi kurde interdit cette pratique, la réalité ne suit pas toujours.

Car ces changements sociétaux ne se font pas sans contestation, d'autant plus dans des zones «conservatrices et tribales», soulève le New York Times, qui cite un habitant:

«[Les kurdes] n'arrêtent pas d'essayer de nous imposer leurs codes et leurs enseignements, qui entrent en contradiction avec nos normes culturelles et nos visions conservatrices. Et ils insistent pour qu'il y ait une présence féminine partout, ce qui les a conduits à embaucher des femmes à des postes qu'elles ne savent pas gérer.»

«Les leaders sont conscients du mécontentement, affirme le New York Times, mais ils disent que les changements qu'ils amènent étaient attendus depuis longtemps, et gagnent peu à peu l'approbation du peuple, notamment parmi les plus jeunes femmes Arabes.»

Fin janvier, la Turquie a lancé une offensive contre ces forces kurdes, à Afrin, en Syrie. Le Président Erdogan a alors déclaré: «Ensuite, ce sera Manjib», ville où le New York Times a mené son reportage.

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