Monde

Au Mozambique, l'effondrement d'une décharge haute comme un immeuble fait dix-sept morts

Temps de lecture : 2 min

Le projet de fermer la décharge, située dans la capitale Maputo, traînait depuis une dizaine d'années.

Des habitants du quartier de Hulene après l'effondrement de la décharge, le 19 février 2017 à Maputo (Mozambique) | Mauro Vombe / AFP
Des habitants du quartier de Hulene après l'effondrement de la décharge, le 19 février 2017 à Maputo (Mozambique) | Mauro Vombe / AFP

Dans la nuit de dimanche à lundi, de fortes pluies se sont abattues sur Maputo, la capitale du Mozambique, provoquant l'effondrement d'une montagne de déchets qui a causé la mort de dix-sept personnes.

Haute comme un immeuble de trois étages

Située dans un quartier jouxtant l'aéroport international, la décharge de Hulene, la plus grande de Maputo, s'est abattue sur des habitations, détruisant de cinq à sept maisons.

Elle avait atteint, selon l'agence de presse portugaise Lusa, la hauteur d'un immeuble de trois étages. Les autorités municipales envisageaient depuis longtemps de la clore et d'en installer une autre dans la ville voisine de Matola.

«Ça fait plus de dix ans que la décharge aurait dû être fermée parce qu'elle est pleine, mais ils continuent à y empiler des déchets», a déclaré à l'AFP Teresa Mangue, une responsable de quartier.

Les autorités, qui poursuivent les recherches, pensent que d'autres corps pourraient encore être découverts sous les débris: extrêmement pauvre, cette zone d'habitation est conséquemment très dense, et de nombreuses personnes sont amenées à vivre sous un même toit:

«Les montagnes d'ordures se sont effondrées sur les maisons et de nombreuses familles étaient encore à l'intérieur de ces résidences», a rapporté Fatima Belchior, responsable des catastrophes nationales, à Lusa.

Une urbanisation accélérée et précaire

Au Mozambique, l'urbanisation s'est accélérée au moment de l'indépendance et pendant la guerre civile, entre 1977 et 1992: la population urbaine est passée de 11 à 26%, pour atteindre aujourd'hui 33%.

Maputo avait notamment dû absorber l'arrivée massive de nouveaux habitants réfugiés, les deslocados, qui se sont immiscés dans les interstices urbains. Ils représentent jusqu'à 10% de la population de la ville, également composée à 45% de migrants des provinces méridionales.

La construction de logements et d'infrastructures s'est faite de façon plus ou moins informelle, dans les périphéries connues sous le nom de «caniço» –un terme qui désigne la «ville de roseaux» des bidonvilles, par opposition au centre colonial qualifié de «ville de ciment».

Cette expansion de la ville s'est échafaudée en l'absence de normes sanitaires appropriées, causant de nombreux problèmes de santé, d'éducation ou de transport pour les populations précarisées. Plusieurs zones de la périphérie, dont les constructions ont pris place sur des terrains trop bas, sont sujettes aux inondations soudaines.

En pleine saison des pluies (entre janvier et mars, la moyenne des précipitations atteint 135mm à Maputo), des habitants ont quitté le quartier de Hulene, craignant un autre effondrement.

Certains se sont installés dans celui de Chiango, vers la côte au nord de la ville, mais la plupart n'a pas même les moyens de se déplacer et doit demeurer dans cette zone à risques, où se conjugue aux inondations la combustion des déchets qui rend l'air irrespirable.

Léa Polverini Journaliste

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