Santé / Monde

Au Canada, la folie du cannabis

Temps de lecture : 3 min

[Blog] L'herbe sera bientôt encore plus verte au Canada: cet été, la consommation et l'achat de cannabis seront légaux. Une évidence quand on connait la popularité de ce produit auprès de la population.

Flickr/Cannabis Culture
Flickr/Cannabis Culture

Dans quelques mois maintenant, au cours de l'été à venir, le Canada légalisera l'achat et la consommation de cannabis. Tout le pays est prêt. Depuis des mois et des mois, voire même des années, fleurissent à chaque coin de rue, boutiques et officines qui proposent déjà quantités d'herbes bonnes à fumer –réservées pour l'heure à usage médical allant d'une vague migraine à une fracture de l'orteil gauche– quand ce ne sont pas pipes, vaporisateurs, tee-shirts et autres fanfreluches dédiées à la gloire du cannabis tout-puissant.

Il faut dire que le cannabis au Canada a très bonne presse. Tout le monde en a déjà consommé au moins une fois dans sa vie, chacun en vante les innombrables mérites et il suffit de s'être promené dans n'importe quelle artère d'une cité canadienne pour se rendre compte que son utilisation est aussi répandue que notre bon vieux pinard dans nos provinces hexagonales avec dans le fond de l'air, cette rafraichissante et enivrante odeur du chanvre qui n'est pas sans rappeller la délicate senteur d'une paire de chausettes dont l'heureux propriétaire aura passé sa journée à monter sa cabane.

Pourquoi s'en priver, hein?

D'ailleurs l'image de marque du produit est excellente: autant on sera prêt à vous dénoncer à la police des mœurs si jamais on vous surprenait à fumer une cigarette ou à traverser hors les clous, autant personne ne trouvera rien à redire si d'aventure il vous prenait l'envie d'allumer un joint en plein milieu de la rue. C'est culturel paraît-il. C'est une ode à mère nature sans qui nous ne serions pas grand chose. C'est sain. C'est gentiment festif. C'est totalement inoffensif. C'est méga cool. Ça peut même rendre vaguement inspiré, alors pourquoi s'en priver, hein?

Et puis il est vrai que la vie au Canada est particulièrement rude: la société est à cran, le chômage monstrueusement élevé, la misère omniprésente, la qualité de vie déplorable, les centres urbains bondés et pollués, l'immigration incontrôlée, le terrorisme terriblement meurtrier; l'insécurité rode, la famine aussi, la lèpre n'est pas loin si bien que dans une société aussi fracassée, au bord de la rupture, traversée par une crise morale d'une ampleur inouïe, il est normal, voire souhaitable que des individus cherchent du réconfort dans les paisibles vapeurs d'un joint qui sent si bon la pelouse tondue, le grand air des prairies et le vent frais venu de la mer.

D'autant plus que sa consommation est sans danger aucun. Il faudrait être vraiment retors pour s'imaginer un seul instant que d'en fumer d'une manière régulière puisse d'une quelconque mesure finir par devenir inopérant au point que le cerveau, habitué à léviter et à planer dans le confort de sa douce irréalité, exige de recevoir des drogues un milliard de fois plus puissantes.

Sornettes d'un autre âge!

Comme si de fumer du cannabis pouvait d'une quelconque manière inciter voire obliger le consommateur, curieux de nature et à jamais insatisfait, à s'intéresser à des produits de synthèse au pouvoir addictif si avéré qu'il suffit d'en avoir goûté une fois pour parfaire sa connaissance des gouffres! Ridicule perspective qui se décrédibilise d'elle-même quand on songe à tous ces collégiens qui en fument dès leur plus jeune âge sans jamais tomber dans le piège de la dépendance ou dans l'abus de substances mortifères.

Tout de même, ça se saurait si le Canada avait des problèmes de drogue, si chaque jour des dizaines d'individus mouraient d'overdose, si le mal était si profond que les autorités même ne savaient plus quoi inventer pour endiguer le phénomène!

Et, dans le même ordre d'idée, il serait vraiment inconséquent de penser que de conduire un brin ''stone'' puisse altérer votre vitesse de réaction au volant ou vous empêcher d'adopter le comportement adéquat en cas d'incident survenu sur la route, non, non, c'est tout le contraire: qu'on se le dise, le cannabis vous rend alerte comme un bûcheron à l'heure de la messe, vif comme un trappeur au moment d'assommer un caribou, intelligent comme un raton-laveur surpris au milieu de sa sieste et éveillé comme un ours en pleine période d'hibernation.

Et même parfois aimable.

Tavernier, un joint et que ça saute!

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