Tech & internet / Culture

Les applications de rencontre, ça marche ou non?

Temps de lecture : 2 min

Les chiffres parlent plus que les conversations de bistrot: les applications de rencontre sont efficaces, même si vous les trouvez désagréables.

Femme au téléphone | Matt Tillett via Flickr CC License by
Femme au téléphone | Matt Tillett via Flickr CC License by

Il y a un peu plus d'un an maintenant, Renée Greusard lançait dans les colonnes de Rue89 une nouvelle rubrique du nom de «Tinder surprise»: d'abord consacrée aux «dates pourris» des malchanceux de Tinder, elle s'est progressivement élargie aux bienheureux.

Dans tous les cas, il s'agit de recueillir les témoignages d'utilisateurs, qui racontent leurs aventures vécues sur les applications ou les sites de rencontre: si l'échantillon ne vise pas à être représentatif de toutes les expériences sur ce type d'applications, il prétend tout de même «éclair[er] les nouveaux modes de séduction» de l'ère 2.0.

Or, aussi divertissant que cela puisse être, ce genre de recueil d'anecdotes, qui se conclut systématiquement sur une dernière partie «l'avis de X sur les applis», où X expose souvent des hypothèses sur l'efficacité des applications de rencontre, n'a pas vocation à alimenter quelque débat que ce soit, puisqu'on connaît déjà la réponse: les applis, ça match.

Des chiffres contre les anecdotes

Dans The Verge, la rédactrice Kaitlyn Tiffany s'agace de la ritournelle entêtante des sceptiques des applications de rencontre:

«Pourquoi diable sommes-nous toujours en train de parler de ça?

[...] Je ne dirai certainement pas que les applications de rencontre sont tout le temps agréables, ou qu'une application de rencontre a aidé à trouver l'amour éternel pour chaque personne qui l'a déjà cherché avec, mais il est temps d'arrêter de jeter des preuves anecdotiques dans un débat qui a déjà été clos par des nombres. Vous vous fichez de mes histoires Tinder et je me fiche des vôtres. L'amour est possible et les chiffres le disent.»

D'après un sondage mené par le Pew Research Center en 2016 au sein de la population américaine, 59% considère que ces applications sont un bon moyen de rencontrer des gens (contre 44% en 2005), 15% en ont déjà utilisé, et 5% des gens mariés ou engagés dans une relation sérieuse ont rencontré leur partenaire sur une application (ce qui représente tout de même un peu plus de seize millions de personnes).

Dans une autre récente étude de Singles in America, 40% des personnes célibataires interrogées ont fréquenté une personne rencontrée en ligne, avec laquelle ils ont entretenu une forme quelconque de relation. Par revers, seulement 6% ont rencontré quelqu'un dans un bar, et 24% par l'intermédiaire d'un ou d'une amie.

«J'ai plus de cinquante ans, je ne peux pas rester dans un bar à attendre que des gens viennent me voir»

«La technologie change la façon dont nous courtisons», a déclaré l'anthropologue Helen Fisher lors d'un débat américain télévisé sur les applications de rencontre. Elle permet également d'ouvrir les cercles habituels de rencontre: ces applications ont marqué une hausse des mariages interraciaux, et permettent à des personnes âgées, handicapées ou isolées de faire des rencontres plus facilement: «J'ai plus de cinquante ans, je ne peux pas rester dans un bar à attendre que des gens viennent me voir», concluait Fisher.

La question soulevée par ce succès des applications ou des sites de rencontre (amoureuses, amicales, sexuelles), plus que celle de la mort supposée d'un certaine idée du romantisme, serait plutôt celle de l'adaptation à nouveau mode de communication lié à une innovation technologieque. Pour Tiffany:

«Nous n'avons pas eu ces outils suffisamment longtemps pour avoir une idée claire de la façon dont nous sommes censés tout interpréter –ce qui est prévenant, ce qui est gentil, ce qui est logique, ce qui est cruel. Une heure et quarante minutes à “swiper” pour trouver une personne pour un rendez-vous n'est pas si décourageant, comparé à l'idée de rester autour de quelques bars différents pendant quatre heures et de ne trouver personne à qui parler.»

Slate.fr

Newsletters

Vous avez arrêté de jouer à «Pokémon Go» au bout de trois mois? Elles continuent

Vous avez arrêté de jouer à «Pokémon Go» au bout de trois mois? Elles continuent

Deux ans après la sortie du jeu vidéo, deux collaboratrices de Slate.com expliquent pourquoi elles persistent à vouloir tous les attraper.

L'internet haut-débit est plus rapide à Madagascar qu'en France

L'internet haut-débit est plus rapide à Madagascar qu'en France

Ce pays, l'un des plus pauvres du monde, dispose du réseau internet le plus rapide d’Afrique, avec une vitesse supérieure à de nombreux pays riches.

Goldman Sachs a piètrement perdu sa Coupe du monde

Goldman Sachs a piètrement perdu sa Coupe du monde

Le modèle sophistiqué de pronostic de la banque d’investissement est un échec total.

Newsletters