Sports / Monde

Kim Yo-jong déchaîne les passions aux JO, mais cela ne changera rien pour les deux Corées

Temps de lecture : 2 min

La directrice de la Propagande et sœur de Kim Jong-un fait bonne impression lors des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang. Mais ce type de diplomatie n'est pas nouveau et il n'a jamais été très fertile.

Kim Yo-jun et Moon Jae-in avant leur rencontre à la Maison Bleue, à Séoul (Corée du Sud), le 10 février 2018 | Yonhap / AFP
Kim Yo-jun et Moon Jae-in avant leur rencontre à la Maison Bleue, à Séoul (Corée du Sud), le 10 février 2018 | Yonhap / AFP

Depuis le début des Jeux olympiques d'hiver, Kim Yo-jong, directrice du département de la Propagande et de l'Agitation du Parti du travail de Corée du Nord et sœur de Kim Jong-un, n'a cessé de recevoir éloges et sourires cordiaux de la part de journaux couvrant l'événement et de politiques étrangers dépêchés à PyeongChang.

Fétichisation sans lendemain

«Appelez cela la diplomatie des faibles attentes», commente The Atlantic, qui pointe la «fétichisation» dont fait l'objet celle que l'on envisage d'abord comme «la soeur de» Kim Jong-un. Alors que l'actualité occidentale concernant la Corée du Nord n'a été qu'une longue litanie de menaces de guerre nucléaire et d'annonces de tirs de missiles inquiétants, la réception des hérauts de la dictature se montre plutôt chaleureuse.

Entre le New York Times qui titre sur le «charme» de Kim Yo-jong –elle aurait volé la vedette à Mike Pence–, le Washington Post qui la surnomme «la Ivanka Trump de Corée du Nord» et la BBC qui annonce qu'elle a «renforcé l'image de la Corée du Nord», la voix du Japon se veut pourtant dissonante: le ministre des affaires étrangères, Taro Kono, dénonce cette «diplomatie du sourire».

Une stratégie à laquelle Mike Pence n'a pas pris part. Michael Bristow, le rédacteur en chef de la BBC pour l'Asie-Pacifique, résume le spectacle donné par les deux figures ennemies:

«C'est une situation étrange où vous avez un pays, la Corée du Nord, qui a développé des armes nucléaires en violation des sanctions de l'ONU et qui apparaît plutôt sous un bon jour, et un pays comme l'Amérique, qui a été l'allié fidèle de la Corée du Sud, qui fait plutôt mauvais effet.»

Le spectacle offert par les Jeux olympiques falsifie à cet égard les rapports entretenus par la Corée du Nord avec ceux qui se présentent habituellement comme ses détracteurs.

Au Nord, rien de nouveau

La poignée de main tout sourire entre Kim Yo-jung et le président de la Corée du Sud Moon Jae In –qui s'est soldée par une invitation faite au dernier de se rendre à Pyongyang– est loin d'effacer les relations extrêmement tendues entre les deux pays depuis la guerre de Corée.

«Sourires mis de côté, la Corée du Nord demeure un paria international qui opprime ses citoyens, assassine ses opposants, traite brutalement ses prisonniers étrangers et compte sur le crime pour financer ses activités, dénonce The Atlantic.

La nature du régime nord-coréen n'a pas changé. Kim Jong-un veut toujours adapter une tête nucléaire à un missile balistique intercontinental capable d'atteindre les États-Unis. Et il dispose déjà d'armes conventionnelles menaçant une grande partie de la Corée du sud.»

Dans ce contexte, les JO de PyeongChang ne poseront sans doute pas la pierre de touche d'un apaisement sinon d'une réconciliation future.

Lors des Jeux d'été de 2000 et 2004 et ceux d'hiver de 2006, les deux Corées ont déjà marché sous un même drapeau: cette diplomatie sportive n'a pas vraiment changé la face du monde. The Atlantic rappelait à ce propos le mot d'Orwell, qui décrivait dans son essai L'esprit sportif le sport comme «la guerre moins les coups de feu».

Slate.fr

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