Sciences

Le seul bon conseil pour briller en société a peut-être été trouvé

Temps de lecture : 2 min

Trop de«recettes infaillibles» pour paraître plus «naturel» dans les interactions sociales ne fonctionnent pas. Et pourtant, la solution pour être à l'aise partout pourrait être très simple...

Monsieur Parfait | Tiny Kids via YouTube
Monsieur Parfait | Tiny Kids via YouTube

On ne compte plus le nombre d'articles tout plein de bons conseils pour briller en société... et surtout se soustraire aux moments gênants: éviter les silences trop longs, (re)lancer une conversation, l'achever en beauté, affuter sa répartie, faire preuve d'assurance...

Ces petites leçons d'étiquette convoquent souvent en renfort quelque schéma ou formule aux allures de science appliquée, histoire de crédibiliser l'affaire en s'appuyant sur une étude quelconque, pour mieux l'estampiller «recette infaillible». On apprendra ainsi qu'un silence qui dépasse les quatre secondes est gênant.

Ou qu'il est une science de la clôture de conversation polie qui se transcrit par une équation aussi seyante que: [Sc] → [J] → [SaP] → [C] → [W]. Vous avez compris? Nous non plus.

Envisager la conversation comme un sport

Mises en pratiques, ces petites astuces tombent souvent à l'eau. Melissa Dhal, éditrice du magazine Science of Us et auteure de Cringeworthy: A Theory of Awkwardness, s'interroge ainsi dans les colonnes du New York Times: «Vous concentrer si attentivement sur vos mouvements et vos mots ne vous rendrait-il pas simplement bien plus conscients de vous-mêmes?»

Elle dresse une comparaison avec la pratique athlétique:

«Se concentrer sur les détails est un bon moyen pour les débutants d'apprendre les bases d'une certaine compétence ou d'un sport. Mais quand les athlètes experts réfléchissent trop à ce qu'ils font, cela peut les amener à merder.»

La minutie a beau être importante pour les premiers pas dans une situation nouvelle, de même que les pense-bêtes peuvent être utiles, ces logiques ne sont pas censées s'appliquer au long terme dans les situations sociales, où un certain nombre de paramètres qui entourent et composent nos interactions finissent par devenir des automatismes.

«Nous n'avons qu'une capacité limitée à nous concentrer sur les choses, ce pourquoi conduire et parler au téléphone n'est pas une bonne idée, car cela détourne notre attention. Essayer de faire quelque chose en se souciant de la façon dont on la fait est comme faire deux choses à la fois. Une de ces choses en pâtira», explique Sian Beilock, présidente de Barnard College et spécialiste en sciences cognitives.

Se décentrer de soi

Plutôt que de s'interroger sur le moyen de résoudre notre maladresse, Dhal suggère qu'il serait plus productif de se demander pourquoi nous avons tendance à nous focaliser dessus: «La plupart du temps, notre maladresse est auto-induite parce que nous sur-analysons notre comportement, à tel point qu'il devient notre seule préoccupation.»

Ellen Hendrickson, une psychologue clinique du Centre pour l'anxiété et les troubles liés de l'université de Boston a ainsi mis en place une expérience avec ses patients, qui consiste à avoir deux conversations séparées avec des personnes quelconques. Lors de la première, elle demande à ses patients de ne se concentrer que sur eux, et lors de la seconde, exclusivement sur leur interlocuteur. Il en ressort que la seconde conversation est considérablement plus aisée et agréable: plutôt que de se demander quelles mimiques on fait ou comment on dispose nos mains, l'attention se fixe sur le fond de la conversation.

Plutôt que d'interagir avec autrui à l'aune d'un cahier des charges des convenances, le plus efficace serait donc de s'en préoccuper le moins possible: faire abstraction du poids des situations formelles pour les aborder avec plus de spontanéité, et, in fine, plus de succès.

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