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La présidence Trump aggrave la situation des victimes de violences domestiques immigrées

Temps de lecture : 2 min

La politique sur l'immigration portée par le président des États-Unis place les victimes de violences dans une voie sans issue, coincées entre leurs agresseurs qui menacent de les dénoncer d'un côté, et la police de les expulser de l'autre.

La frontière entre les États-Unis et le Mexique au niveau de Tijuana, le 31 janvier 2018 | Guillermo Arias / AFP
La frontière entre les États-Unis et le Mexique au niveau de Tijuana, le 31 janvier 2018 | Guillermo Arias / AFP

«Nous avons commencé à observer une légère hausse quand nous avons commencé à entendre parler du mur», raconte Katie Ray-Jones, la directrice de la US National Domestic Violence Hotline.

Depuis l'élection de 2016, la politique de lutte contre les violences faites aux femmes peine à trouver sa place à la Maison-Blanche. Donald Trump a été accusé par vingt femmes d'agressions sexuelles sans être inquiété outre mesure. Deux des ex-épouses de Rob Porter, le secrétaire du personnel de Trump, lui ont reproché des faits de violences conjugales: il a fallu que soient exhibées les photos d'hématomes pour qu'il finisse par donner sa démission, avec les plus sincères regrets de la direction. Le poste de conseiller sur la violence faite aux femmes créé par Obama et Biden n'a pas été pourvu...

Une aide de la police moins sollicitée

Et pendant ce temps, les permanences téléphoniques d'aide aux femmes victimes de violences domestiques reçoivent de plus en plus d'appels désespérés de femmes en danger, qui hésitent plus qu'auparavant à se tourner vers la justice.

Les intimidations des agresseurs ont accompagné le programme de Donald Trump. Désormais, ils menacent: «Je vais te faire déporter si tu appelles la police», «Je vais cacher tes papiers», «Je ne t'aiderai pas à obtenir ton visa maintenant», relate le Guardian.

En février dernier, une femme sans papiers était arrêtée au Texas alors qu'elle venait d'obtenir une protection contre son partenaire, qui l'avait frappée à coups de poings et de pieds, étranglée et agressée au couteau. L'affaire a suscité une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits des immigrés et des femmes.

Lors des six premiers mois de 2017, la police a enregistré une baisse de 18% des dénonciations de violences domestiques chez les Latinos à San Francisco, de 13,3% à San Diego et de 3,5% à Los Angeles, quand elle n'oscillait qu'entre 0,1% et 0,4% chez les non-Latinos.

En avril 2017, une étude nationale révélait que près de 78% des gens travaillant avec les victimes de violences domestiques et sexuelles avaient été confrontés à des cas où des personnes immigrées n'osaient pas contacter la police. Elles ont parfois du mal à trouver refuge jusque dans leur famille, inquiète des conséquences et craignant d'être expulsée à son tour.

Victimes sans recours

«Ce n'est pas seulement la politique d'immigration de Trump qui fait que les avocats des droits des femmes travaillant avec les survivants de violence domestique sentent qu'ils perdent du terrain. Les coupes dans politiques des mesures de protection, comme l'assurance sociale et l'assurance santé, peuvent également affecter la possibilité d'avoir les ressources suffisantes pour quitter un partenaire abusif. Et puis il y a la question du contrôle des armes à feu», explique Ray-Jones au Guardian.

Alors que Trump et les Républicains derrière lui bloquent toutes les mesures pouvant concerner une régulation des armes à feu, de nombreuses femmes rapportent être terrorisées par leurs conjoints qui en utilisent pour les menacer ou les violer.

Entre l'absence de politique de lutte contre les violences domestiques et sexuelles et la politique de répression de l'immigration, les droits des femmes et l'accompagnement des victimes demeurent extrêmement fragiles.

Slate.fr

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