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En Californie, une élue militante féministe accusée de harcèlement sexuel par deux hommes

Temps de lecture : 2 min

Une enquête a été ouverte contre Cristina Garcia, qui était devenue une figure locale du mouvement #MeToo.

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Le Capitole de Californie à Sacramento en octobre 2003. ROBYN BECK/AFP

Lorsque Time Magazine a sorti son numéro spécial sur les femmes qui ont «brisé le silence» sur le harcèlement sexuel, une photo de l'élue démocrate de Californie Cristina Garcia avait été inclue dans le dossier. En octobre dernier, elle avait signé une lettre ouverte dénonçant le harcèlement sexuel dans le milieu politique en Californie. Interviewée par le New York Times, Garcia, qui siège à l'assemblée de l'Etat, avait dit: «Plusieurs personnes m'ont touché les fesses et les seins. Je parle de lobbyistes et de législateurs.»

Quatre mois plus tard, le magazine Politico révèle qu'elle fait désormais l'objet d'une enquête interne pour «mauvaise conduite sexuelle». En effet, Daniel Fierro, un jeune assistant d'un autre élu local raconte que Garcia l'a tripoté en marge d'un jeu de baseball organisé pour les élus de l'Assemblée dans la capitale de Sacramento. Il parle d'une main aux fesses et d'une tentative de lui toucher l'entrejambe, avant qu'il ne quitte les lieux. Il dit avoir eu peur de se plaindre car Garcia était une personnalité politique influente.

Un autre homme, un lobbyiste qui préfère rester anonyme, raconte que lors d'un événement de levée de fonds, Garcia, qui semblait avoir bu, lui a fait des avances en termes très crus et a tenté de lui toucher l'entrejambe. Ce lobbyiste représente un grand secteur industriel et interagit donc avec des élus comme Garcia pour son travail.

Garcia a nié les faits et diffusé un communiqué dans lequel elle déclare que «chaque plainte pour harcèlement sexuel doit être prise au sérieux» et qu'elle coopérerait avec les enquêteurs. Elle a décidé de quitter ses fonctions pendant que l'enquête est en cours.

Grâce à une loi que Garcia a aidé à faire passer, les plaintes pour harcèlement sexuel à l'assemblée de Californie doivent être prises en charge dans des délais relativement courts.

Le lobbyiste a expliqué à Politico que Garcia lui avait fait des avances à plusieurs reprises, et qu'il craignait que ses refus aient des conséquences négatives pour l'industrie qu'il défend. Il dit avoir décidé d'en parler lorsqu'il a vu que Garcia était devenue une sorte de porte-parole du mouvement #MeToo à l'assemblée locale.

Depuis le début de l'affaire Harvey Weinstein aux États-Unis, plus de 60 hommes ont été licenciés ou ont démissionné suite à des accusations de harcèlement, agression ou mauvaise conduite sexuelles. À part Garcia, une seule autre femme a été affectée par ce genre d'accusations: une ancienne dirigeante d'entreprise a interrompu sa campagne pour devenir représentante du Kansas après qu'il s'est avéré qu'elle avait harcelé sexuellement et licencié un ancien employé.

Slate.fr

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