Sciences / Monde

Le plus vieux Britannique de l'histoire était noir

Temps de lecture : 2 min

Surnommé «Cheddar Man», il vivait il y a environ 10.000 ans.

La reconstitution du visage de "Cheddar Man" | Justin TALLIS / AFP
La reconstitution du visage de "Cheddar Man" | Justin TALLIS / AFP

Le tout premier Britannique avait la peau noire. Déterré il y a plus d’un siècle dans le comté de Somerset, au Royaume-Uni, le plus vieux squelette (entier) retrouvé sur le sol anglais avait été baptisé «Cheddar Man». Ses ossements dateraient d’il y a près de 10.000 ans.

Aujourd’hui, après de minitieuses analyses de son ADN puis une reconstruction faciale, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que l’homme avait un «teint plus foncé que ce qu’ils avaient imaginé», rapporte The Independent. Mais également des cheveux noirs bouclés et des yeux bleus.

Les précédentes tentatives de reconstitution du Cheddar Man, qui ne prenaient pas encore en compte son ADN, l’avaient représenté avec une carnation plus claire. Pour les anthropologues du University College London et du Musée d’Histoire Naturelle de Londres, la pigmentation associée aux nord-Européens ne se serait en réalité développée que bien plus tard. Ian Barnes, directeur de recherche du musée, explique:

«Pour moi, il n’y a pas que la question de la peau qui est intéressante. C’est surtout cette étrange combinaison de caractéristiques physiques qui lui confère une apparence que nous ne verrions sur personne aujourd’hui. Pas juste le mix entre la peau noire et les yeux bleus, mais aussi la forme du visage. Actuellement, vous ne croiserez aucun être humain qui ressemble à cela.»

Révolutionnaire

Les résultats du travail d’orfèvre mené par les paléontologues tordent également le coup au stéréotype de l’homme des cavernes –à savoir visage disgracieux et mono-sourcil très fourni. La reconstitution 3D du squelette laisse en effet à penser que Cheddar Man était, lui, «doté de traits plus doux».

Autant de découvertes rendues possibles uniquement grâce à l’exploitation des informations ADN, insistent Alfons et Adrie Kennis, spécialistes des espèces mammifères éteintes et de l’homme de Néandertal.

«Un progrès révolutionnaire qui nous permet désormais de nous pencher sur la question de la race», déclare Alfons.

Et de remettre en perspective bien des croyances:

«Les gens se définissent en fonction de leur pays d’origine et partent du principe que leurs ancêtres étaient comme eux. Cette nouvelle étude montre au contraire qu’ils étaient complètement différents et disposaient d’une configuration génétique distincte.»

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