Sciences

Les orques peuvent parler le langage humain (sans forcément le comprendre)

Temps de lecture : 2 min

On savait déjà que les orques pouvaient imiter le comportement d'autres animaux; il semblerait qu'elles puissent reproduire des mots simples tels que «bonjour» et «au-revoir».

Cinq orques dans le parc aquatique de Marineland, à Antibes, le 17 avril 2008 | Valery Hache / AFP
Cinq orques dans le parc aquatique de Marineland, à Antibes, le 17 avril 2008 | Valery Hache / AFP

«Hello», «one, two», «bye bye»: ce n'est ni un perroquet, ni un humain qui s'exprime, mais une orque du nom de Wikie. Parfois, elle appelle une certaine «Amy»; d'autres fois, elle imite des bruits de flatulences.

Mieux comprendre les capacités d'imitation des orques

Dans une récente étude publiée par la Royal Society, des chercheurs ont montré que les orques étaient capables d'imiter des sons, dont le langage humain. Cela pourrait aider à mieux comprendre comment différents types d'orques ont pu développer des dialectes distincts.

«Ces créatures sont déjà connues pour leur capacité à copier les mouvements d'autres orques, avec quelques rapports suggérant qu'ils peuvent également imiter les bruits produits par les grands dauphins et les otaries», rapporte le Guardian.

Joseph Call, professeur en origines de l'évolution de l'esprit à l'université St Andrews et co-auteur de l'étude, explique que confronter les orques à «quelque chose qui ne fait pas partie de leur répertoire», comme le langage humain, pourrait être déterminant pour l'évaluation de ces capacités d'imitation.

Si les cancans des perroquets sont devenus une référence populaire en matière d'imitation animale, d'autres espèces –telles que les dauphins, les éléphants, les orang-outans ou les bélugas– sont également capables de reproduire nos paroles humaines.

En revanche, les chercheurs ne disposent d'aucune preuve qui permettrait d'affirmer que les animaux comprennent le sens de ces mots qu'ils reproduisent, comme autant de bruits différents.

«Hello», le mot le plus efficacement reproduit

Wikie, âgée de quatorze ans, vit actuellement dans l'aquarium de Marineland, à Antibes. Elle avait déjà été entraînée auparavant à reproduire certains comportements à partir d'expériences de conditionnement opérant —un concept mis en pratique par le psychologue B.F. Skinner au début des années 1930.

Après avoir été mise en présence des sons produits par son enfant de trois ans, Moana, elle a été exposée à ceux de cinq autres orques étrangers, puis à des hommes reproduisant des bruits d'orques, et enfin des hommes prononçant des mots tels que «hello» ou «one, two».

Deux sons humains et tous les sons d'orques reproduits par des hommes l'ont également été par Wikie dès le premier essai. Cependant, seul le mot «hello» a été émis correctement à plus de 50% lors d'essais ultérieurs.

«De futures études expérimentales sur l'imitation de sons produits sous l'eau par des congénères sont nécessaires pour établir fermement le rôle de l'apprentissage social dans les dialectes vocaux des orques dans la nature. [...] Bien que nous voyons un grand potentiel dans cette approche analytique pour les études comparatives de l'apprentissage vocal, son application pourrait varier en fonction des objectifs de l'étude, des sons étudiés et du système de production vocal de l'espèce», conclut l'étude, qui envisage de lancer de nouvelles expériences.

Slate.fr

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