Santé / Parents & enfants

Des pédiatres demandent à Facebook de supprimer son application pour les enfants

Temps de lecture : 2 min

L'application Messenger Kids, récemment développée par Facebook et destinée aux moins de 13 ans, suscite de vives critiques parmi certains professionnels de l'enfance et l'inquiétude de parents.

Capture d'écran de l'application Messenger Kids
Capture d'écran de l'application Messenger Kids

«Les enfants les plus jeunes ne sont tout simplement pas prêts à avoir des comptes sur les réseaux sociaux. Ils ne sont pas suffisamment âgés pour se frayer un chemin à travers les complexités des relations en ligne, qui mènent souvent à des malentendus et des conflits, même entre des usagers plus matures. Ils n'ont pas non plus une compréhension complètement développée de la vie privée, ce qui inclut de savoir ce qu'il est approprié de partager avec les autres, et qui a accès à leurs conversations, photos et vidéos.»

Dans une lettre ouverte à Mark Zuckerberg, des pédiatres, des psychiatres et psychologues, médecins et universitaires, demandent le retrait du service Messenger de Facebook pour les enfants.

En décembre dernier, Facebook a lancé l'application Messenger Kids, destinée aux enfants de moins de 13 ans –l'âge minimum jusque-là requis et indiqué dans les conditions d'utilisation. Les signataires estiment que l'entreprise s'attaque ce faisant à un groupe vulnérable, qui n'est pas en mesure d'évaluer les risques liés à un usage abusif de l'application.

Les enfants, cibles marketing privilégiées

Soutenus par plusieurs organisations liées à l'enfance, ils sont surtout rassemblés derrière la Campaign for a Commercial-Free Childhood (CCFC), une organisation qui tâche de «limiter l'accès commercial aux enfants et de mettre fin à la pratique abusive du marketing ciblant les enfants», qui a déjà remporté de nombreuses victoires contre de grosses compagnies. En mars dernier, elle obtenait du jeu «Pokemon Go» que les lieux sponsorisés tels que MacDonald's ou Starbucks n'apparaissent plus sur les écrans des joueurs de moins de 13 ans. En janvier 2008, elle avait aussi mis fin aux publicités MacDonald's imprimées sur les bulletins scolaires des élèves de Floride.

L'opposition à cette application Facebook s'ajoute à des préoccupations grandissantes concernant l'utilisation des outils numérique par les jeunes enfants, relève le New York Times: au début du mois déjà, deux gros investisseurs d'Apple publiaient une première lettre ouverte à la compagnie pour lui demander de prendre ses responsabilités envers les enfants, et d'œuvrer à réduire l'impact négatif d'une utilisation abusive de ses technologies sur leur développement.

Une récente étude, publiée par des chercheurs de l'université de San Diego, soutenait que l'utilisation croissante des smartphones et des réseaux sociaux chez les adolescents était corrélée à une plus grande tristesse.

De son côté, Facebook avance le fait que son interface pour enfants procure un environnement plus sûr que la plupart des expériences en ligne autrement accessibles. Selon le New Yorker:

«Messenger Kids est un service de messagerie qu'un parent met en place pour un enfant. Le parent utilise son propre compte Facebook pour l'enfant, mais l'application ne fait pas partie autrement du service principal de Facebook. L'application ne comporte pas de fil d'actualité ou de bouton “like”, que certains spécialistes de la santé mentale ont relié à de l'anxiété chez les adolescents utilisant les réseaux sociaux.»

L'entreprise insiste sur le fait que l'utilisation de son application, lancée après consultation de l'association nationale de parents d'élèves, se fait sous contrôle parental, et met en avant les possibilités offertes de communiquer avec des membres de la famille éloignés.

Cela n'est pas un argument convaincant pour ses détracteurs, qui accusent la firme de vouloir hameçonner sa future génération d'utilisateurs... de plus en plus tôt.

Slate.fr

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