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- Par Gilles Bridier
- Gilles Bridier est journaliste économique à Api.doc. Il est passé par les rédactions des Echos, de Libération, du Monde et de La Tribune.
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Gilles Bridier
Gilles Bridier est journaliste économique à Api.doc. Il est passé par les rédactions des Echos, de Libération, du Monde et de La Tribune.
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Les Français dans l'ère de la défiance
Neuf Français sur dix se déclarent heureux, mais ne font pas vraiment confiance aux partis et aux hommes politiques, aux médias, aux scientifiques, aux banques, aux églises...
Les Français font plus confiance à leur police qu'à leur justice. C'est l'un des enseignements majeurs du Baromètre de la confiance politique réalisé par TNS Sofres en décembre auprès d'un échantillon de 1.500 personnes. Il donne une image assez saisissante d'une France paradoxalement défiante à l'égard des pouvoirs, des autorités et des experts et dans le même temps confiante dans l'avenir et heureuse.
Ainsi, tandis que 7 personnes sur dix déclarent avoir confiance dans la maréchaussée, seulement 6 sur 10 déclarent la même inclinaison envers les magistrats qui, pourtant, sont censés appliquer le droit et défendre la vérité. C'est pêle-mêle l'expression d'une demande sécuritaire grandissante dans l'opinion publique, de réformes incomprises, de dysfonctionnements de la justice et d'interrogations sur son indépendance. Les Français font plus confiance aujourd'hui à la répression qu'au droit pour les défendre.
Un Français sur quatre a confiance dans les partis politiques
Ce n'est pas le seul avertissement que livre ce sondage réalisé pour le Cevipof, le laboratoire de recherche de Sciences Po associé au CNRS et centré sur l'étude du monde politique. Par exemple, les partis politiques sont relégués parmi les organisations dont les citoyens se défient le plus, loin derrière les scientifiques, les hôpitaux, l'armée, les associations, l'administration, les églises et mêmes les entreprises privées et les banques: seulement 23% des Français leur font confiance!
Quant aux médias, dont la fonction est d'informer pour que vive la démocratie, ils sont à peine mieux lotis avec seulement 27% des Français qui leur font confiance, arrivant eux-aussi derrière les banques et toutes les autres organisations et institutions citées dans le sondage. A force de mêler information et communication, de flirter avec le conflit d'intérêt, de privilégier le spectacle, de tronquer l'analyse au prétexte que le zapping est la nouvelle forme de consommation de l'information, la sphère des médias s'est transformée en une bulle dont les citoyens se méfient. Comme la sphère politique. Ceux qui ont pour mission d'assurer le fonctionnement de la démocratie n'apparaissent plus crédibles. La cohérence des réponses est inquiétante.
La représentation nationale ne convainc pas
Dans le sondage en question, cette méfiance est récurrente. Les personnes interrogées enfoncent le clou: 60% préféreraient que des experts décident à la place du gouvernement ce qui est meilleur pour le pays, 67% n'ont confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays... et 78% considèrent que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les citoyens! Le «tous pourris» remonte à la surface. Le monde politique ne parvient pas à redorer son image auprès de la société civile, qui se replie sur elle-même. Ainsi, le maire de leur commune est la personnalité politique préférée (69%) des interviewés, devant le député (58%), le Premier ministre (40%) et le Président de la République actuel (35%). Et ils sont deux fois plus nombreux à faire confiance à leur conseil municipal (69%) qu'à l'Assemblée nationale (35%), l'Union européenne arrivant entre les deux (44%) mais le G20 étant loin derrière (30%).
On ne peut que noter le fossé qui se creuse entre la représentation nationale et les citoyens, qui, aujourd'hui, privilégient même la représentation européenne ce qui n'était pas le cas encore récemment.
Pourtant, une personne interrogée sur deux considère que la démocratie française fonctionne bien: c'est peu pour assurer la pérennité d'un système, mais c'est mieux qu'on aurait pu le craindre à la lecture des précédentes réponses, comme si finalement le système parvenait à transcender les hommes.
Les entreprises toujours aussi mal aimées
Le monde politique et les médias ne sont pas les seuls avec lesquels se manifeste un divorce. Les entreprises sont toujours aussi mal aimées des Français, suspectées par 3 personnes sur 4 de s'entendre pour maintenir leurs prix à un niveau anormalement élevé, et accusées de ne rechercher que le profit sans améliorer la qualité des produits et le service aux consommateurs. Et plus d'une personne interrogée (55%) souhaiterait que l'Etat les réglemente plus étroitement. On retrouve la remise en cause d'un libéralisme non régulé sanctionné par la crise.
Mais si deux Français sur trois déclarent qu'il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres, une grosse moitié pense que le système capitaliste ne doit être réformé que sur quelques points. Ce qui laisse tout de même 40% des personnes interrogées pour souhaiter une réforme en profondeur du système.
Neuf Français sur dix sont heureux malgré tout
Malgré la perception de la dégradation de la situation économique en France l'an dernier pour 80% des interviewés, «seulement» 50% considèrent que leur propre situation s'est aussi détériorée, ce qui semble révéler que les Français pris isolément ont le sentiment d'avoir un peu mieux traversé la crise que la collectivité.
Mais pour tous, l'avenir n'est guère encourageant: seulement 19% estiment que leur situation financière va s'améliorer alors que 28% craignent une nouvelle dégradation et que la moitié espère seulement une stagnation. Si la moitié ne méconnait pas le risque de se retrouver au chômage, deux Français sur trois restent optimistes sur l'avenir. Et, malgré la défiance envers les pouvoirs révélée par le sondage, neuf sur dix se déclarent finalement... heureux. De vrais Gaulois...
Gilles Bridier
LIRE EGALEMENT: La société française refuse le risque.
Image de Une: Une manifestation d'enseignants Jean-Paul Pelissier / Reuters
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Comments
RIGUEUR
Chaque sondage ayant une marge d'ereur de 1 à 1.5 points, la première de vos conclusions n'a véritablement aucune valeur statistique.
Pour le reste, les conclusions ne tiennent pas compte de la loi de ce type d'enquête, litanie de propositions autour d'une question centrale qui ne veut rien dire " confiance à ????"
"faites-vous confiance à " si ma préoccupation première est celle de mon compte en banque à provisionner en urgence, ma réponse ne sera pas celle du jour où je dois aller me faire opérer ni celle de la veille d'un jour d'élection.
Hors cette représentativité subjective nest jamais prise en compte dans ce type d'interrogation, ni dans la composition du panel.
Je me contente de cette observation sur la rigueur scientifique de tels sondages. Les données issues d'une telle enquête n'étant elles qu'extrapolation au feeling d'un discours médiatiquement dominant
arlaten
C'est quoi être heureux?
Intéressante avalanche de chiffres! Et observation rigoureuse d'une relative lucidité nationale qui pourrait presque faire office d'identité...
"A force de mêler information et communication, de flirter avec le conflit d'intérêt, de privilégier le spectacle, de tronquer l'analyse au prétexte que le zapping est la nouvelle forme de consommation de l'information, la sphère des médias s'est transformée en une bulle dont les citoyens se méfient. "
On ne saurait mieux dire! D'autant que la phrase suivante enchaîne sur "Comme le politique" et que les permanentes approximations de la Présidence, quand il ne s'agit pas purement et simplement de mensonges (v. l'histoire du mur de Berlin) ne sont jamais rectifiés ni même admis par les "responsables". Le flux tendu de l'info dont on veut nous faire croire que l'on ne peut se passer - Twitter symbolisant parfaitement cette aberrante difformité exponentielle de la modernité - crée cette cacophonie qui a achevé la/le politique pour n'en laisser qu'une pathétique société du spectacle s'articulant désormais essentiellement sur le marché de la peur. En revanche, l'article se termine par un constat sociopsy qui laisse perplexe... Non seulement il nous ramène à cette vieille question du bac Qu'est-ce que le bonheur? sans y répondre mais il cautionne involontairement les excès et dérives évoqués plus haut en situant la barre du bonheur / malheur à l'aune de l' économie pour tout critère. Or c'est précisément ce monde de managers-comptables qui crée l'illusion d'un univers de défiance aspirant au recours sécuritaire...
http://shodavid.blog.lemonde.fr/
précisions
Il est primordial dans un sondage de savoir 'qui' le commande.
En fonction de mandataire, les questions ne seront pas les mêmes tout comme les commentaires/analyses des chiffres.
En l'occurence, ici, c'est le "laboratoire de recherche de Sciences Po associé au CNRS et centré sur l'étude du monde politique" qui a commandé ce sondage. Vu ce qu'il s'est passé entre le CNRS et le gouvernement actuel, l'impartialité est difficile. Néanmoins, après avoir ce type d'information ainsi que le questionnaire en question, il est possible de se faire une idée par nous même des résultats.
Je suis d'accord avec Arlaten sur le coté subjectif de ce genre de question, mais il est primordial d'avoir une vision de l'opinion à un instant T même si celle ci change la semaine suivante. Ce n'est donc pas génant en soit tant que ce MEME sondage est répété dans le temps afin de nous faire une idée de l'évolution de l'opinion. Ce qui permet justement de retirer une bonne partie du coté subjectif et d'actualité. Le problème vient souvent des commentaires. (Par exemple : "Effrondrement de la confiance" : finalement on se rends compte qu'elle passe de 65 à 50).
Par contre, la fourchette est différentes en fonction du traitement des données et des biais calculés. Cela peut varier de 0.5 point, à 4.5 points voir plus. Pour moi un sondage sans ces indications perd tout intérêt. Les sondages sont des indicateurs techniques, il se doivent donc d'être rigoureux lors de leur communication.
Pour Olivier David : a propos du mensonge qui n'a jamais été dénontré ni prouver à l'heure actuel sur tous les support que j'ai pu lire, j'aimerai que vous puissiez me fournir le lien avec la preuve. Parce que "Ca me semble impossible", "j'y crois pas"... ce ne sont pas des preuves.
testatio !
Schizophrénie
Au final, cet article n'est-il pas le reflet de la schizophrénie nationale qui nous caractérise nous autres les Français ?
Sur la forme d'abord : il n'est pas une semaine qui passe sans qu'un article ou un essai quelconque ne dénonce l'incurie des médias supposés médiocres, connivents et incompétents. Articles et essais qui sont bien évidemment issus de ces mêmes médias, du cœur même du système médiatique en somme. Illustration saisissante de cette société de l'image qui se perd à se regarder sans cesse dans le miroir. Fascination des journalistes pour leur propre décadence, aggravée par la propension bien française à l'auto flagellation ?
Sur le fond : outre l'aspect discutable de ces sondages qui n'ont rien de scientifique ni de crédible, on s'aperçoit au final que le panel d'interrogés ne fait que restituer les thèmes qui leur sont communiqués par médias interposés, ils ont bien assimilé la leçon et voient donc le monde sous le prisme des grandes tendances de l'instant. Ce qui n'empêche pas une nette majorité d'être plutôt heureuse... donc de vivre sans gros problème au final.
Ou comment faire la preuve que l'angoisse sociétale est largement artificielle et affaire de communication et de spectacle. La réalité de la plupart des gens est faite de moments et de petits riens autrement plus profonds... et pas très vendeurs donc passés sous silence.
les sondages et leur interprétation...
La très grande majorité des sondages sont "bons" mais il est plutôt rare que leur interprétation dans les media soit correcte et non-biaisée, c'est une science qui n'est que statistiquement exacte :-) C'est la même chose que les statistiques qui pourtant sont plus précises et plus vérifiables. Un exemple au hasard la confiance des Français dans la police, il est évident que les personnes qui habitent en province ont de bien meilleures relations avec la police ou la gendarmerie (qu'ils rencontrent d'ailleurs rarement) que les gens des banlieues avec la BAC la nuit ! Exemple réel aujourd'hui en fin d'après midi j'ai croisé la police avec mon scooter débridé lancé à presque le double de la vitesse légale et ils ne m'ont pas arrêté mais l'un d'entre eux m'a fait signe pour me rappeler que j'avais oublié d'allumer mes phares, pourtant il ne savait pas si j'était arabe ou autre puisque je portais ma "burqa" une cagoule en tissu polaire sous mon casque, c'est les avantages d'habiter en province...
police, justice, médias travaillent pour Bouygues Immobilier
Dans mon cas.
Je l'écris, le raconte dans mon blog. Je donne toutes les preuves. J'alerte les médias... depuis 3 ans.
Le blog est suspendu, je le recrée.
On me coupe la Freebox pendant 3 mois pour m'empêcher de continuer, sans explications.
J'ai fini par comprendre que ce qui était au départ une inimitié entre deux frères est devenu une affaire d'état.
Tout ceux qui ont eu vent de cette affaire veulent que je sorte ce blog sous forme de livre.
J'y compte bien, parce que cette affaire ne me concerne plus, mais la République est bien enterrée :
http://patricehenin.blogspot.com/2009/05/lettre-au-chef-supreme-des-arme...
Alors si quelqu'un ne peut plus se défendre parce qu'un corrupteur de hauts fonctionnaire a tous les droits, en qui avoir confiance ?
Reste la Cour Européenne des droits de l'homme : encore 3 ans d'attente pour ma requête 32405/08 (13 janvier 09)
Pas très confiance dans la probité de cette cour avec de tels délais alors que cela est urgent.
Patrice Hénin
L'argent qui corrompt, qui pourrit, qui détruit
L'activité qui épanouit, qui enrichit, qui construit
La planète qui nourrit, qui subit, qui périt.
j'ai confiance dans la police justice et médias
Un ancien directeur général de Bouygues Immobilier :
http://patricehenin.blogspot.com/2007/06/0001-je-te-ferai-interner-le-mo...
Il fait appel à la police :
http://patricehenin.blogspot.com/2008/11/0056-rapport-de-police-feuillet...
et à la justice :
http://patricehenin.blogspot.com/2009/05/lettre-au-chef-supreme-des-arme...
http://patricehenin.blogspot.com/2009/09/citoyen-jean-claude-marin.html
pour capter l'héritage de son frère et surtout pour éliminer un témoin gênant de la façon dont il a travaillé pour Bouygues Immobilier :
http://patricehenin.blogspot.com/2007/06/0003-je-suis-embauch-par-bouygu...
et continuer comme si de rien n'était :
http://patricehenin.blogspot.com/2008/12/2008-je-nadmettrai-jamais-que-l...
Patrice Hénin
L'argent qui corrompt, qui pourrit, qui détruit
L'activité qui épanouit, qui enrichit, qui construit
La planète qui nourrit, qui subit, qui périt.