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Quand les femmes de pouvoir résistent à la féminisation

Agnès De Féo, mis à jour le 02.02.2018 à 16 h 12

Paradoxalement, les pionnières qui accèdent à de hautes fonctions, notamment politiques, sont parfois les premières à refuser l'accord de leur titre.

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie le 9 avril 2008 à la gendarmerie de Borgo, en Corse | Stephan Agostini / AFP

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie le 9 avril 2008 à la gendarmerie de Borgo, en Corse | Stephan Agostini / AFP

Cet article est le second volet d'une enquête sur la féminisation des noms de fonctions.

Retrouvez le premier: Pourquoi on n'a aucun mal à dire coiffeuse et beaucoup plus à dire professeuse.

Pour expliquer l’incapacité de la langue à générer des féminins, il est de bon ton d’accuser l’Académie française. Certes, l’académicien Marc Fumaroli, par exemple, a proféré des injonctions d’un sexisme outrancier, mais c’est accorder à l’Académie un pouvoir qu’elle ne possède plus aujourd’hui. Le blocage vient davantage de l’usage que de l’Académie, qui ne fait que s’y conformer.

Il ne faut pas oublier que la 8e édition de son Dictionnaire, publiée en 1935, incluait les féminins en usage, comme poétesse. La 9e édition, dont la rédaction a débuté en 1990, donne un exemple d’usage du terme: «Anna de Noailles [1876-1933] récusait le terme de “poétesse”, qu'elle jugeait condescendant.» Cette citation montre bien que certaines femmes peuvent être les plus réfractaires à la féminisation, défendant leur profession au masculin, alors même qu’un équivalent féminin existe.

Yvette Roudy, pionnière de la féminisation des noms de métiers dans les années 1980, fustigeait, dans un entretien donné à Libération en 2013, les nombreuses femmes qui perpétuent des schémas ancestraux:

«Les conservateurs trouvent des soutiens chez certains hommes mais aussi chez des femmes. Le plus terrible d’ailleurs, ce sont les femmes: elles jouent un rôle crucial dans la reproduction des pratiques et des images.»

Femmes politiques

Ainsi, certaines femmes, dès qu’elles ont du pouvoir, cherchent à se distinguer pour mieux accéder à un monde professionnel associé à la masculinité. Les plus réfractaires à la féminisation sont celles qui veulent bénéficier du prestige que confère la forme masculine à leur fonction: comme directeur, écrivain, etc., et se montrent de farouches défenseuses du masculin, qu’elles considèrent comme le genre neutre. Certaines usent même de l’article (déterminant) masculin, comme Madame le juge ou Madame le maire, alors même que leur métier se termine par un e muet et devrait être considéré comme épicène (à la fois masculin et féminin). Ce qui peut engendrer des fautes d’accord pouvant désorienter le lecteur de façon comique, on l'a rappelé.

Dressons une petite typologie de ces femmes qui refusent d’être féminisées dans leur fonction sociale. Curieusement, si certaines sont de vraies réactionnaires, d’autres peuvent se révéler féministes et égalitaristes.

La femme la plus emblématique de cette masculinisation revendiquée de sa fonction dans le monde politique est Michèle Alliot-Marie, successivement ministre de la Défense et ministre de l’Intérieur entre 2002 et 2009, en exigeant d’être appelée Mme le ministre. Aujourd’hui encore, elle défend le masculin:

«Le système de féminiser les titres est ridicule. Un titre, c'est neutre et ça doit le rester. Le “Madame” suffit à identifier le genre de la personne à qui on s'adresse. Et personne ne m'a jamais prise pour un homme. J’assume ma féminité. Pas besoin que l'on me le dise à travers l’article!»

C’est ainsi que “MAM”, qui ne sait pas que le neutre n’existe pas en français et invente une règle grammaticale, volait à la rescousse du député UMP Julien Aubert, sanctionné par l’Assemblée nationale en octobre 2014 pour avoir interpellé la socialiste Sandrine Mazetier, alors présidente de séance, du titre «Mme le président». Le député se targuait d’appliquer la règle de l’Académie française selon laquelle présidente est l’épouse du président, et d’en appeler au respect de la grammaire française.

Pourtant l’instruction générale du bureau de l’Assemblée nationale est très claire depuis 1998, comme l'indique l’article 19 sur le compte-rendu de la séance: «Les noms de Mmes les députées ou de MM. les députés sont publiés au Journal officiel à l'exclusion de tout titre nobiliaire ou de grade. Les fonctions exercées au sein de l'Assemblée sont mentionnées avec la marque du genre commandé par la personne concernée.» Aujourd’hui les femmes politiques ont accepté le féminin. Les pionnières sont Élisabeth Guigou et Ségolène Royal, tout comme Dominique Voynet et Martine Aubry. Seule MAM résiste.

Femmes d'Églises

On retrouve cet argumentaire chez les femmes devenues responsables religieuses, fonction qui était auparavant exclusivement masculine. Delphine Horvilleur, qui se présente comme rabbin, se positionne ainsi:

«Ma position est ambivalente sur cette question. J'aime, dans l'absolu, l'idée qu'on puisse dire “rabbine”, mais je regrette ce qu'on y entend: soit traditionnellement le statut d'épouse du rabbin (comme pour ambassadrice), soit l'idée qu'une femme serait forcément “plus douce, plus empathique ou bienveillante” qu'un homme rabbin. Je me méfie de tout ce qui pourrait, dans cette évolution du langage, renforcer paradoxalement des clichés de genre.»

Interviewée sur la chaîne i24, son cartouche de présentation se composait ainsi: «Le rabbin laïque». De même pour Florence Taubmann, qui défend son titre au masculin et exige d’être nommée «Madame le pasteur».

©i24 News, juillet 2015.

Encore des femmes qui, de leur seule volonté, font des fautes d’accord en utilisant le déterminant masculin, alors que le français, on le répète, est une langue qui s’accorde en genre et en nombre.

Femmes de lettres

Les initiatives gouvernementales pour féminiser les métiers à la fin du XXe siècle ont suscité des réactions d’opposition de la part de certaines femmes. L’une d’elle, la sociologue Nathalie Heinich, défendant son titre de «chercheur» au CNRS, publiait en 2000 une intervention en la concluant ainsi: «Si donc, réflexion faite, je “résiste”, avec d’autres, à la féminisation des noms de métier, c’est parce que je milite pour le droit – authentiquement féministe, je le soutiens – à la pluralité identitaire: femme quand je le veux, et seulement quand je le veux.» Elle était ensuite contredite dans la même publication par différents linguistes, notamment Bernard Cerquiglini et Anne-Marie Houdebine.

Deux décennies plus tard, on retrouve cette même résistance à la féminisation, alliant féminisme et revendication individuelle, chez certaines femmes surtout dans les métiers de la recherche.

Sylvie Taussig, spécialiste de l'histoire des idées au XVIIe siècle et de l'islam mondialisé, refuse toute féminisation: «Je suis en même temps chercheur et écrivain. Je demande d’écrire ces deux mots ainsi car ils n’ont pas besoin d’être féminisés. Je ne comprends pas le besoin de tout sexuer, et je ne me sens pas attaquée dans ma féminité en conservant cette forme que je n’éprouve pas comme renvoyant au masculin. Elle désigne une fonction – celui ou celle qui exerce la chirurgie enchaîne les mêmes actes sur la table d’opération. De plus, les métiers qui se féminisent ont moins de prestige. Féminiser les noms de métier fait courir le risque de ramener les personnes à leur sexe et introduit en permanence des rapports érotiques. La langue française n’est ni homme ni femme.»


Peggy Sastre, contributrice de Slate, explique aussi sa réticence par cette dimension sexuée que prennent les formes féminines des mots: «J'ai beaucoup de mal à me définir et d'autant plus en passant par une quelconque identité sexuelle - j'ai de toute façon beaucoup de mal avec la notion d'identité. Je tiens donc au neutre d'auteur lorsque j'ai à dire moi-même ce que je fais, mais je ne vais pas me battre si on me catégorise comme auteure, autrice, écrivaine, etc. Parce que je pense aussi que la liberté de catégorisation appartient au locuteur.»

Audrey Jougla est une jeune prof de philo de 32 ans, militante antispéciste, fondatrice de l’association Animal Testing contre l’expérimentation animale, avec deux livres à son actif. «Systématiquement, on me présente comme auteure, voire écrivaine. Cela part sans doute d’une bonne intention, mais ça me dérange. Je préfère me dire écrivain plutôt qu’écrivaine, auteur plutôt qu’auteure ou autrice. Je trouve que ces deux fonctions au féminin manquent d’autorité, sans compter qu’autrice m’écorche les oreilles. Il existe un déficit de prestige, quand on parle d’écrivaine plutôt qu’écrivain. Écrivaine s’apparente à conteuse. C’est dommage de se priver du prestige du mot masculin. C’est plus victorieux d’utiliser.»

Audrey Jougla poursuit même: «Pour moi, cette masculinisation n’est pas du tout imposée par les hommes. C’est tout l’inverse, elle nous permet de conquérir des univers masculins. Gagner l’égalité, c’est s’approprier les métiers au masculin, c’est être appelée auteur! Car réclamer l’égalité en revendiquant le féminin, c’est admettre de ne pas l’être. Ce n’est pas un point de vue très répandu, surtout dans le milieu antispéciste dans lequel j’évolue, où les militants pratiquent l’écriture inclusive. Mais moi, je résiste, dans mon association, tout est au masculin.»

Hafida Faes Iskrane, biologiste et naturopathe, est également dubitative:

«Je ne suis pas persuadée que le bénéfice de la féminisation soit réel pour les femmes, je crains même que cela nous desserve encore. Dans une société dans laquelle les femmes restent discriminées à l’emploi et à l’accès à certaines fonctions, le titre de “professeur” sera toujours plus recherché et valorisé, que celui de “professeure”. Plutôt que de travailler à imposer une égalité de représentation, dans la lignée de la discrimination positive, qui ne fait que renforcer les préjugés de genre, imposons un travail de fond aussi bien chez les hommes que chez les femmes.»

Femmes identitaires

Dans la fachosphère, il n’est plus question de conserver le masculin dans une démarche égalitaire. Le féminin est définitivement banni, même dans les mots épicènes et lorsque la forme féminine est entrée depuis longtemps dans la langue comme avec «députée». Christine Tasin, égérie de la lutte contre l’islamisation, se définit comme un patriote. Nous l’avons sollicitée par mail.

«Dans le camp patriote, on est avant tout républicain. Nous sommes donc majoritairement contre la parité. Féminiser les fonctions est un double outrage, à la langue et à la femme. À la langue, d'abord, parce que, grammaticalement, une fonction n'a pas de sexe, quel que soit celui qui a provisoirement le poste de député, président, professeur. J'étais professeur. Je suis aussi auteur. Et je me sentirais insultée de voir ces terminaisons qui n'ont rien d'euphonique, qui froissent notre tradition et notre histoire. Auteure, autrice, écrivaine. Par Zeus, que ces mots sont laids et discriminants. Idem pour le député Obono. Député est une fonction!»

On retrouve cette résistance à la féminisation chez beaucoup de femmes de l’extrême-droite et de la droite dure, face auxquelles les académiciens font figure de féministes convaincus.

Les stigmates d'une oppression

Plusieurs hypothèses peuvent être données à ce déni par des femmes: la dimension péjorative de la forme féminine, ainsi que sa dimension sexuée. Maria Candea, linguiste à Paris-III, explique: «Ces femmes qui gardent leur fonction au masculin le font parce qu’elles considèrent que le féminin est dévalorisant. Elles pensent que le masculin les tire vers le haut.»

Pour la socio-linguiste Chrystel Breysse: «Le fait que les femmes revendiquent le masculin montre la légitimité du pouvoir des hommes. Elles se disent: j’en ai tellement bavé que je tiens à avoir mon titre au masculin, à égalité avec les hommes. C’est un vieux débat sur la place des femmes dans l’espace public et l’espace politique.» Une démarche que comprend aussi le grammairien Yannick Chevalier: «Il n’est pas étonnant que des femmes tiennent à leur titre au masculin. Une fois parvenue à leur poste, elles ne veulent pas qu’on leur rappelle qu’elles sont des femmes. On parle là des pionnières. Elles ont dû batailler ferme et veulent les prérogatives qui vont avec leur poste.»

La chercheuse et metteuse en scène Aurore Evain milite activement contre cette attitude: «Lors de mes conférences sur le mot autrice, je rencontre effectivement beaucoup de résistance de la part de certaines femmes. Car les féminins sont dépréciatifs et on pense que le masculin est neutre. J’explique qu’il s’agit de démasculiniser la langue afin de retrouver un féminin qui a disparu du fait d’une censure de la langue au XVIIe siècle. Il s’agit d’éclairer les femmes sur leur histoire et sur la façon dont on les a invisibilisées au cours des siècles, afin qu’elles-mêmes fassent leur choix en connaissance de cause.»

Selon Chrystel Breysse, cet attachement au masculin vient de ce que ces femmes ne veulent pas sexualiser leur fonction:

«On n’a de cesse de ramener les femmes à cette marque du féminin qui les enferme dans une catégorisation sexuée, contrairement aux hommes. Il y a une dimension idéologique que l’on fait porter aux formes grammaticales. Un mot au féminin peut revêtir une connotation sexuelle et ainsi renvoyer à la sexualité avec des sous-entendus sexuels qu’on ne retrouve pas au masculin.»

Ces revendications doivent être entendues, elles sont le reflet du refus des femmes exerçant toutes les professions de porter la marque du féminin qui demeure encore aujourd’hui péjorative. Le grammairien Maurice Grevisse (1895-1980), tout en insistant sur la nécessité de féminiser la langue dans les différentes éditions du Bon usage, remarquait la différence de sens entre «courtisan» et «courtisane», «gars» et «garce». Deux substantifs féminins qui renvoient à une sexualité tarifée. La liste ne s’arrête pas là, pensons à «masseur» et «masseuse», «entraîneur» et «entraîneuse», aux expressions «homme à femmes» et «femme à hommes», «homme public» et «femme publique». Éliane Viennot, professeuse de lettres, se veut encourageante: «Les féminins péjoratifs évoluent. Le sens dépréciatif d’entraîneuse a presque disparu, on trouve le mot dans les journaux aux pages sportives

Certaines universitaires sont encore réticentes à se dire maîtresses de conférence. Le suffixe –esse reste considéré comme péjoratif. Il a pourtant donné princesse, comtesse, poétesse. Mais il ne semble plus actif aujourd’hui. Il suffirait de rendre épicène le mot maître, c’est-à-dire à la fois masculin et féminin, tout comme les autres mots se terminant par un e muet, tels que jeune, journaliste, architecte, etc. Utiliser maître au féminin pourrait lever la connotation péjorative de maîtresse qui rebute nombre d’usagères. On imagine mal une avocate utiliser le terme de civilité maîtresse quand son collègue est appelé maître.

Mais d’autres universitaires militent pour conserver cette appellation. C’est le cas d’Edwige Keller-Rahbé, co-autrice avec Michèle Clément de l'anthologie Privilèges d’auteurs et d’autrices en France (XVIe-XVIIe siècles) (Classiques Garnier, 2017):

«Je tiens à marquer la visibilité de mon grade au féminin dans un univers professionnel qui s’est longtemps écrit au masculin. Une maître est pour moi plus faible que maîtresse dans cet engagement. Je situe maîtresse de conférence sur le même plan que professeure et doctorante. Nous sommes de plus en plus nombreuses à le faire dans la communauté scientifique. Je respecte celles qui ne franchissent pas le pas et avoue que c’est récent dans ma pratique, il m’est arrivé d’hésiter et de recourir parfois à la double signature.»

L’historienne Valentine Zuber, directrice d’études à l’École pratique des hautes études, connaît bien cette résistance à la féminisation dans le milieu académique: «Mon poste s’intitule directeur de recherche, mais j’insiste pour être appelée directrice de recherche, c’est ridicule sinon. Il n’y a pas de raison que les noms de métiers restent au masculin. Le système de domination masculine est très ancien, ancré dans l’inconscient. User du masculin est le propre des personnes dominées qui ne veulent plus subir la domination et pensent qu’en étant décrites au masculin elles seront à égalité avec les hommes. Ce sont ces femmes pionnières qui ont peur de se dévaloriser en féminisant les mots. C’est un impensé: à chaque fois qu’une profession s’ouvre trop aux femmes, elle se dévalorise. Les femmes qui l’exercent ne veulent pas cautionner cette dévalorisation. Il faut arrêter de dire que la féminisation d’un métier le dévalorise.»

La cause des femmes

Cette résistance féminine pourrait être la véritable cause du retard de l'évolution de la langue en France. En refusant d’employer le féminin, elles valident et reproduisent cette dépréciation du féminin. C’est un constat que fait le linguiste Albert Dauzat en 1955 qui réclame la création de féminins dont manque la langue française: «Le problème est d’abord d’ordre psychologique. Quand on aura persuadé les femmes, les intéressées, que le féminin n’est pas une déchéance – au contraire – le terrain sera libéré d’une lourde hypothèque […] la femme qui préfère pour le nom de sa profession le masculin au féminin accuse par là même un complexe d’infériorité qui contredit ses revendications légitimes. Dérober son sexe derrière le genre adverse, c’est le trahir.»

Les grammairiens l’ont préconisé, le gouvernement a multiplié les politiques audacieuses pour féminiser la langue, sans que l’usage ne s’en trouve réellement modifié. Ce sont les femmes qui contrôlent aujourd’hui l’utilisation du féminin pour se désigner en société, ce sont elles qui le refusent ou qui l’acceptent. Maria Candea remarque: «Cela bascule de métier en métier, et non globalement. Le premier a été étudiante, qui signifiait à l’origine la copine de l’étudiant. De même pour pharmacienne, qui désignait à l’origine la femme du pharmacien. Pharmacienne et ambassadrice sont passées. Et quand le mot a basculé au féminin, celles qui emploient encore le masculin se trouvent ringardisées.»

La question va au-delà de la linguistique et influe sur l’image que les femmes ont d’elles-mêmes et de leur rôle dans la société. Mais cette nouvelle injonction à la féminisation peut aussi durcir les détractrices comme Peggy Sastre: «J'ai du mal avec les partisanes de la féminisation qui me traitent de réactionnaire, de conservatrice ou encore de traître à la cause des femmes parce que je n'ai pas envie de féminiser mon nom de métier, parce que je “crois” à la valeur neutre du masculin grammatical. On plonge dans un nouveau puritanisme qui me dérange profondément, là où il serait préférable de rendre visible la diversité des points de vue et des postures.»

Aux femmes, aujourd’hui, de s’imposer.

Agnès De Féo
Agnès De Féo (12 articles)
Sociologue et documentariste
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