Monde

Une Américaine poursuivie pour diffamation après avoir traité des policiers allemands de nazis

Temps de lecture : 2 min

A l'aéroport, la police a demandé à une universitaire américaine de se débarrasser d'un déodorant dans son bagage à main: les choses ont vite dégénéré.

Police allemande | KONRAD LEMBCKE via Flickr CC License by
Police allemande | KONRAD LEMBCKE via Flickr CC License by

La police allemande a ouvert une enquête pour diffamation à l'encontre d'une professeure américaine de 49 ans accusée d'avoir traité des policiers de «nazis». L'altercation a au lieu à l'aéroport de Francfort, où la professeure, Christine Fair, changeait de vol en route pour une conférence à New Dehli. Les policiers lui ont dit qu'elle avait trop de produits liquides dans son bagage à main et lui ont demandé de se débarasser de son déodorant. Elle n'a pas apprécié et selon plusieurs témoins, elle a traité les policiers de «putain de salauds» et «putain de police allemande nazie.»

Dans un communiqué, la police allemande a dit que Fair avait «réagi avec colère» à la suggestion de se débarasser de son déodorant et qu'elle avait cessé de «coopérer».

De son côté, la professeure dit ne pas avoir insulté les policiers, mais juste marmonné qu'ils feraient mieux de s'occuper d'un homme qui faisait la queue et qui «ressemblait à un nazi» avec une «coupe de cheveux à la Hitler».

Fair a été arrêtée et reçu une amende de 207 euros en frais légaux pour le début de l'enquête en diffamation. Elle parle d'abus de pouvoir et de corruption de la part des forces de l'ordre.

Après l'incident, elle a écrit dans le Huffington Post que la police l'avait «volée» et qu'ils l'avaient traitée de «hippie» parce qu'elle portait des vêtements indiens. Elle a ensuite écrit sur Twitter que les policiers de l'aéroport étaient des «brutes» et des «barbares».

En Allemagne, les insultes en public peuvent être illégales dans certains contextes, contrairement aux Etats-Unis, où il légal de traiter un policier d' «enculé de sa mère», au nom du droit à la liberté d'expression

Lorsqu'elles sont considérées comme portant atteinte à l'honneur, les insultes sont passibles d'amende: en 2016, un chauffeur a été condamné à payer 1600 euros pour avoir traité quelqu'un de «vieux connard» et un adolescent a été condamné à des travaux d'intérêt général après avoir montré à des policiers les lettres ACAB, soit «all cops are bastards» (tous les flics sont des salauds).

Comme le précise un professeur de droit interviewé par Deutsche Welle, «nazi» est une catégorie d'insulte particulièrement grave:

«En Allemagne, la plupart des gens ne veulent pas être mis dans cette catégorie. Des choses terribles sont arrivées, et les gens ne veulent pas être comparés à ça».

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