Sciences

Comment passer moins de temps dans les queues des aéroports

Temps de lecture : 2 min

Aux États-Unis, la compagnie Iinside a développé une application estimant en direct le temps à prévoir de chez soi à l'avion.

Des passagers attendent à l'aéroport international O'Hare de Chicago | Scott Olson / Getty images North America / AFP
Des passagers attendent à l'aéroport international O'Hare de Chicago | Scott Olson / Getty images North America / AFP

Les veilles de départs en avion sont souvent pétries d'angoisses et d'estimations hasardeuses. On calcule trois fois de suite la fameuse «marge» à prendre: en général, deux heures avant l'enregistrement. À prévoir: une trentaine de minutes pour sortir de son lit et être sur le palier aux aurores si on voyage en low cost (mais au fait, à quelle heure commencent les transports en commun?), une petite heure de sécurité au cas où les transports seraient capricieux ou bouchonnés ce jour-là, le trajet en lui-même...

Petit stress supplémentaire, ces panneaux que l'on ne découvre qu'une fois sur place nous indiquant qu'il faut compter entre dix et quinze minutes de marche pour rejoindre la porte E, vous savez, celle qui est là-bas, tout au bout.

Bref, pour peu qu'on rajoute au total le temps d'un vol moyen-courrier, on se retrouve vite avec les horaires d'une expédition dans le transsibérien pour faire un Paris-Rome.

Évaluer les temps d'attente

Ces quinze dernières années (depuis les attentats du 11-Septembre, quand les procédures de sécurité dans les aéroports se sont massivement renforcées, et les temps d'attente rallongés d'autant), les aéroports et les compagnies ont développé différentes méthodes pour évaluer les modalités de ces trop longues files devant les passages de sécurité.

L'administration de la sécurité des transports américaine (TSA) collectait jusqu'à présent les données concernant le temps mis par les voyageurs pour aller d'un point à un autre dans l'aéroport à partir d'un comptage manuel, de caméras, ou de capteurs enregistrant la progression des téléphones portés par les usagers, rapporte Bloomberg.

Récemment, la compagnie Iinside a développé une application mobile, testée pour l'heure dans quatre aéroports aux États-Unis, qui devrait permettre aux voyageurs d'estimer en direct le temps qui leur sera nécessaire avant de pouvoir s'installer dans l'avion, et leur épargner calculs laborieux, ratés et heures gâchées par l'ennui.

Les utilisateurs reçoivent une alerte trois heures avant leur vol indiquant les temps d'attente estimés au même moment, qui sont mis à jour à mesure qu'ils évoluent. Des cartes de l'aéroport disponibles sur l'application indiquent les passages de sécurité les plus proches et, parmi eux, ceux avec les queues les plus courtes. Le tout fonctionne avec une technologie basée sur le lidar et Bluetooth.

Développée en partenariat avec TripIt Inc., une entreprise de réservation de voyages, une version commerciale fusionnant les données de la TSA devrait également être disponible. Elle utilisera une localisation GPS afin de déterminer l'heure de départ à prévoir depuis chez soi, en fonction des conditions du trafic routier et du vol réservé.

«La simple connaissance du temps que cela prendra de traverser les passages de sécurité réduit l'anxiété du voyageur et augmente sa satisfaction pour l'une des étapes les plus stressantes des voyages des temps modernes», déclare la compagnie Iinside.

Une application qui doit encore faire ses preuves

D'après Bloomberg, le marché n'est cependant pas des plus faciles à commercialiser: si les particuliers pourraient être intéressés, les aéroports, qui sont les clients privilégiés pour acquérir ces données, ont souvent des budgets assez limités.

«De plus, le programme PreCheck [payant, développé par la TSA], qui a connu une croissance constante de sa clientèle, offre habituellement des temps d'attente plus courts que ceux de la queue normale, surtout en période de pointe. Par conséquent, les avantages d'une plus grande transparence concernant les temps d'attente pourraient être perçus comme de la concurrence.»

Dans la mesure où des queues moins longues aux checkpoints ne seraient d'aucune utilité commerciale pour les compagnies, il est peu probable qu'elles décident de payer des frais supplémentaires pour fournir ces informations aux voyageurs, estime Jordan Thaeler, le co-fondateur de WhatsBusy.

Pour partir à la bonne heure, il vous faudra donc certainement... encore patienter.

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