Santé

À la naissance, les bébés humains sont les plus gras du règne animal

Temps de lecture : 2 min

La graisse tient chaud aux nouveaux-nés, mais elle est surtout essentielle à leur croissance.

Un gros bébé chinois, en décembre 2007 | STR / AFP
Un gros bébé chinois, en décembre 2007 | STR / AFP

Un bébé humain possède environ 15% de graisse corporelle, ce qui en fait l'espèce la plus grasse à la naissance sur la planète.

Seuls quelques mammifères rivalisent avec nos chérubins, comme les cochons d'Inde (11%), ou les phoques du Groenland (10%). La plupart des animaux grassouillets auxquels on pourrait penser, tels que les otaries, les porcelets ou les chiots, gagnent en réalité leur graisse après la naissance, rapporte l'anthropologue Morgan K. Hoke.

Chez l'humain, un pic de 25% s'observe habituellement entre quatre et neuf mois, avant de redescendre lentement; c'est durant la période de l'enfance que la plupart des humains auront le plus faible pourcentage de graisse dans leur masse corporelle de leur vie.

Hoke rejette l'idée selon laquelle la graisse présente à la naissance jouerait toujours un rôle décisif pour protéger le corps du froid une fois arrivé l'âge adulte. Les nouveaux-nés humains –comme les mammifères hibernants– ont certes une forte concentration de graisse brune qui leur permet de réguler leur température, mais celle-ci réduit considérablement lors du développement de l'enfant, pour ne plus constituer qu'environ 5% de la graisse totale d'un être humain à l'âge adulte.

Une réserve d'énergie pour le cerveau

La graisse ferait surtout son office au regard du cerveau. On estime que celui-ci utilise entre 50 et 60% de l'énergie d'un bébé. Or des insuffisances énergétiques peuvent sérieusement endommager sa santé:

«Les bébés ont de grandes réserves énergétiques sous la forme de dépôts de graisse qu'ils peuvent utiliser si leur alimentation est insuffisante. Avoir une forte masse graisseuse à la naissance est particulièrement utile pour les humains, qui passent à travers une sorte de jeûne après la naissance, pendant qu'ils attendent la venue d'un lait maternel. Le premier lait, ou colostrum, contient des protéines, des vitamines, des minéraux et des anticorps stimulant le système immunitaire, mais il contient moins de sucre et de gras que le lait maternel ordinaire», explique Hoke.

Pendant les premières phases de son développement, un bébé a des besoins nutritionnels complexes et dépense beaucoup d'énergie pour développer son système immunitaire. Ces réserves de graisse constituent donc, selon l'expression de Hoke, «un tampon énergétique essentiel pendant ces périodes de transition», qui permet aux nouveaux-nés de poursuivre leur croissance et d'alimenter leurs cerveaux.

Slate.fr

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