Sciences

L'amour, l'un des derniers boulets que traînent les femmes

Temps de lecture : 18 min

La libération ne sera complète que lorsqu'elles auront réussi à désinvestir l'amour.

Amour poison | عــســرم via Flickr CC License by
Amour poison | عــســرم via Flickr CC License by

Notre collaboratrice Peggy Sastre publie le 26 janvier Comment l'amour empoisonne les femmes, aux éditions Anne Carrière.

Cet essai propose un éclairage sur la dépendance affective dont souffrent encore trop souvent les femmes, en examinant ce que les sciences ont à nous dire sur la toxicité du surinvestissement amoureux.

Nous publions ci-dessous un extrait de son ouvrage, tiré du chapitre «Du surinvestissement matrimonial».

Le 28 mai 2008, Monique Olivier est condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-huit ans, pour complicité de meurtres et non-dénonciation de crimes. À l’époque, elle est encore la femme de Michel Fourniret, qu’elle a rencontré en 1987 à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, alors qu’il purgeait une peine de sept ans pour viols et agressions sexuelles.

Olivier avait répondu à une petite annonce que Fourniret venait de faire passer dans Le Pèlerin: «Prisonnier aimerait correspondre avec personne de tout âge pour oublier solitude.» S’ensuivront de nombreuses lettres(1) dans lesquelles les époux scelleront leur «pacte» –l’homme avait faim de vierges et la femme promettra de l’assister dans sa chasse.

«Si l’intention d’une défloration revient un jour ou l’autre m’effleurer, je t’en parlerai librement, je n’entreprendrai pas d’action sans t’en parler», écrit ainsi Fourniret le 15 septembre 1987, avant qu’Olivier ne lui réponde, deux jours plus tard: «Tu sais que c’est avec plaisir que j’exécuterai tes ordres (non monsieur, ce n’est pas du bout des lèvres). Tu sais, ta Natouchka est prête à t’aider dans beaucoup de choses, elle veut se savoir utile, je veux travailler auprès de mon Fauve, le seconder, comprends-tu ce que je veux dire?»

En quatorze ans, l’ogre des Ardennes et sa «mésange(2)» feront au moins huit victimes, âgées de 12 à 31 ans, pour la plupart kidnappées, séquestrées, violées puis tuées.

Le 29 mars 2010, Djennet Abdourakhmanova se fait exploser dans le métro de Moscou. Elle vient d’avoir 17 ans. Comme le raconte Mia Bloom(3), Abdourakhmanova avait grandi dans le nord du Daghestan, près de la frontière tchétchène. Son père étant aux abonnés absents, c’est le frère de sa mère, un alcoolique notoire, qui était devenu son tuteur. Des difficultés qui, selon les normes de la communauté koumyk, dont était issue Abdourakhmanova, rendaient sa famille «inférieure».

Par un bon mariage, elle allait pouvoir regagner en respect et en statut. Djennet redorera son blason et celui de son clan en épousant un djihadiste, et pas n’importe lequel: Oumalat Magomedov, dit Amir al-Bara, le leader de Sharia Jamaat, la branche islamiste de «l’Émirat du Caucase» créé par Dokou Oumarov, étroitement liée aux séparatistes tchétchènes.

Devenue veuve en décembre 2009 après un raid du FSB contre Magomedov et ses hommes, Djennet sera formée trois mois dans un camp wahhabite avant d’être envoyée à la station Park Koultoury pour y activer sa ceinture d’explosifs en pleine heure de pointe. Le double attentat-suicide fera trente-neuf morts et cent deux blessés.

– «Alors?
Alors, c’est vrai, répond-il.
C’est vrai quoi? Tu couches avec cette fille?
Oui, avoue-t-il en s’allongeant à demi, appuyé sur son avant-bras(4)».

Le 9 janvier 2014, François Hollande confirme à Valérie Trierweiler qu’il a bien une liaison avec Julie Gayet et que des photos d’une de ses escapades, prises entre le 30 décembre 2013 au soir et le 31 décembre 2013 au matin, paraîtront en une de Closer le lendemain.

La première dame, dévastée, avale des somnifères et, quelques mois plus tard, publie Merci pour ce moment, un récit détaillant son oblativité sentimentale. Ainsi, elle a été «capable de conduire cinq heures durant pour un moment volé d’intimité, avant de reprendre l’A19 dans le sens inverse. Des moments d’ivresse comme seul l’amour fou peut en produire». Le livre deviendra un best-seller et contribuera à la capilotade du quinquennat de son ex-compagnon.

Si ces histoires semblent disparates, elles illustrent, en trois variations du martyre amoureux, les racines d’un mal très féminin, l’hypergamie, soit le «mariage» (gamos) «au-dessus» (hyper): le goût du plus vieux(5), du plus riche, du plus diplômé et fait d’envisager le couple comme un ascenseur spirituel, social, statutaire, pour un être fondamentalement hétéronome. Le mode conjugal par défaut des femmes à travers le monde et le temps, l’infrastructure de leur vie par procuration. Djennet, Monique et Valérie cherchaient dans l’homme ce qu’elles pensaient ne pas avoir par elles-mêmes.

Parce qu’elles les transforment à la fois en monnaie et en produit de leur propre échange, l’hypergamie et la dépendance qui lui est intrinsèquement associée imposent aux femmes une indispensable retenue.

À tes risques et périls

À la fin des années 1980, David Buss(6) propose un même questionnaire à 10.047 individus épars issus de trente-sept cultures différentes, sur six continents et cinq îles. Les réponses viendront autant de chasseurs-cueilleurs africains que de citadins occidentaux, et dressent le portrait du «partenaire idéal» des hommes et des femmes hétérosexuels de notre espèce.

Elles constitueront l’une des études les plus citées de la littérature psychologique, et les résultats de cette enquête ont été depuis lors répliqués à maintes reprises. Ils montrent notamment que les femmes attachent en moyenne plus d’importance que les hommes à un bon parti financier, car c’est une garantie d’un meilleur potentiel d’investissement parental dans leurs futurs enfants. Ce trait se retrouve dans trente-six des trente-sept cultures étudiées, même dans celles où le travail des femmes est répandu et l’autonomie financière féminine valorisée.

«[...] Plus les femmes gagnent d’argent, plus elles ont tendance à privilégier la richesse comme déterminant du partenaire idéal [...]»

De fait, l’hypergamie ne s’atténue pas avec l’ascension sociale féminine. C’est même l’inverse: plus les femmes gagnent d’argent, plus elles ont tendance à privilégier la richesse comme déterminant du partenaire idéal et à vouloir un compagnon d’un statut social au moins équivalent au leur.

Ces données laissent entendre que cette tendance féminine à la recherche d’un partenaire «supérieur» n’est pas une construction sociale, dépendante d’un contexte où les femmes seraient politiquement infériorisées et/ou économiquement dépendantes des hommes, mais au contraire le produit d’un mécanisme psychologique ancien, hermétique aux gains socio-économiques que les femmes(7) ont pu obtenir ces dernières décennies. Le plus drôle, c’est d’observer que ce choix de partenaire gagne en conformisme à mesure que s’accroît le pouvoir féminin(8), et non l’inverse.

Daniel G. Freedman, psychologue longtemps affilié à l’université de Chicago et auteur d’un des premiers ouvrages de référence de la psychologie évolutionnaire(9), y cite les recherches de Heather Fowler, à l’époque anthropologue à Rutgers, sur les choix sexuels d’une quinzaine de militantes de la cause des femmes. Il en ressort que, lorsqu’on leur demande de citer les caractéristiques qu’elles privilégient chez un homme, les termes «très riche», «brillant» ou «génial» sont surreprésentés, ainsi que les références aux voitures de sport et aux costumes de créateur.

Pour le dire autrement, il semblerait que ces activistes aient tendance à faire des choix conjugaux encore plus stéréotypés que le reste de leurs congénères. Ce qui pourrait expliquer pourquoi on voit, dans les blogs et sur les réseaux sociaux, tant de féministes patentées chouiner en raison des problèmes qu’elles ont avec leur cher et tendre –logique, elles ne se sont pas ruées sur des troublés du genre, mais sur des babouins de compète. Les mecs, c’est que des salauds, surtout ceux qui m’attirent.

Un «paradoxe» qui est plus généralement caractéristique des relations toxiques et des «piégées dans leur couple», pour reprendre la formule de Jean-Claude Kaufmann(10). À l’instar de Ninon qui, écrit le sociologue, «se pose des questions sur sa conduite»:

Pourquoi préfère-t-elle «les bad boys aux gentils garçons»? Pour essayer de comprendre, elle en a discuté avec une amie en prenant l’exemple de Ludovic, un «garçon charmant», «hautement romantique» et même «super mignon», mais à qui hélas il «manque un truc». Elles discutent et discutent, puis finissent par se mettre d’accord. «En fait, ce “mais”, c’est qu’il est trop gentil, un comble! Sortir avec un garçon sympa, c’est être sûre d’avoir de suite un prince charmant serviable et dévoué à notre personne. C’est bien, mais pas drôle.» Elle préfère donc «quelqu’un capable de parler sexe crûment et de jouer les misogynes gentiment».

Voilà un bon résumé des fluctuations du marché sexuel au gré des stratégies favorisées par les femelles humaines. La préférence de ces dernières va à des partenaires physiquement et socialement dominants, capables de les protéger des prédateurs internes et externes à l’espèce.

C’est un choix matrimonial en lien direct avec le degré de vulnérabilité que les femmes s’assignent, comme le veut l’hypothèse dite du «garde du corps», formulée pour la première fois par Wilson et Mesnick(11). Selon cette hypothèse, plus une femme s’estimera fragile et menacée –que cette impression soit ou non rationnelle–, plus elle se tournera vers des hommes dominants car, dans ce cas, les avantages qu’elle en escompte supplantent les dangers qu’elle risque a priori d’encourir. Une théorie élaborée à la suite de recherches montrant qu’une femme assassinée a autant de chances d’avoir été tuée par son mari que par un étranger(12).

[...]

L’arme du puritanisme

[...]

En matière d’hygiène et de santé publique, les progrès que nos sociétés ont effectués depuis quelques siècles sont indéniables. Et pourtant, même dans de tels environnements pasteurisés, les enjeux moraux de la sexualité sont toujours plus élevés pour une femme, alors imaginez dans des contextes «primitifs», où la vie des individus était radicalement plus précaire qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Ce n’est donc pas un hasard si les sociétés se libèrent sexuellement à mesure qu’elles gagnent en prospérité, en paix et en hygiène, car elles s’éloignent littéralement des exigences propres à la survie et rendent dès lors la sexualité ludique –celle qui se fait en dehors des liens de la reproduction du mariage, notamment– moins «problématique» pour l’individu et son groupe. Les individus ont davantage de latitude pour faire ce qu’ils veulent, car les risques d’une telle liberté sont moindres –les grossesses non désirées et les maladies sexuellement transmissibles existent toujours, mais elles demeurent bien moins redoutables qu’il y a encore mille ans, alors ne parlons même pas de trente mille.

«[...] Quand une femme est tributaire d’un homme, l’investissement paternel lui est bien plus vital. Et lorsque l’investissement paternel est aussi important, la femme a tout intérêt à signaler qu’elle le valorise, notamment en atténuant ce qui, aux yeux de son partenaire, peut relever de risques d’incertitude de paternité.»

De même, d’un point de vue darwinien, il est logique d’observer que la dépendance féminine est un énorme facteur de puritanisme et de pudibonderie: quand une femme est tributaire d’un homme, l’investissement paternel lui est bien plus vital. Et lorsque l’investissement paternel est aussi important, la femme a tout intérêt à signaler qu’elle le valorise, notamment en atténuant ce qui, aux yeux de son partenaire, peut relever de risques d’incertitude de paternité. En d’autres termes, en étant «pudique» et en exprimant son attachement au contrôle des mœurs sexuelles.

Dans de nombreuses sociétés, y compris les nôtres, les croyances relatives à la moralité sexuelle sont des forces culturelles parmi les plus puissantes(13). Des clivages sociaux très nets se dessinent, par exemple, autour du mariage homosexuel, de l’avortement ou encore de l’éducation sexuelle des plus jeunes. Les croyances les plus conservatrices(14) sont corrélées au degré de religiosité des individus et, d’un point de vue évolutif, les religions monothéistes ont été un vecteur de monogamie(15), elle-même outil de certitude paternelle(16) et de développement. 80% des sociétés dites «préindustrielles» sont polygynes, 16% sont monogames et moins de 1% sont polyandres(17).

Dans toutes les sociétés, on observe un degré certain de «pluralisme stratégique»: selon les contextes, les configurations conjugales et sexuelles varient. Ainsi, les anthropologues estiment que 80% des hommes et 73% des femmes des sociétés préindustrielles pratiquent le sexe extramarital, quand les chiffres du sexe prémarital atteignent 88% pour les hommes et 80% pour les femmes, avec un échange de femmes pratiqué dans 39% des cultures(18).

Dans les sociétés plus prospères, si la monogamie est le régime par défaut, le pluralisme stratégique(19) est aussi de mise et les relations à court terme sont monnaie courante(20). Conformément à la théorie de l’investissement parental minimal, les hommes ont davantage à gagner et moins à perdre que les femmes en multipliant les partenaires.

Reste que les femmes elles aussi peuvent y trouver des avantages dans certaines circonstances(21). Par exemple, avoir de multiples partenaires peut leur permettre de multiplier les ressources(22), que ce soit dans un échange sexuel direct(23) ou en faisant croire à plusieurs hommes qu’ils sont les pères d’un enfant –selon une stratégie dite de «confusion de paternité», théorisée notamment par Sarah Blaffer Hrdy(24).

«Les femmes ont tout intérêt à surjouer l’indignation morale face à la promiscuité sexuelle [...] quand cette promiscuité risque de leur être périlleuse et quand un tel affichage de vertu promet de leur être le plus bénéfique.»

En tendance, le pluralisme stratégique féminin et la propension féminine pour les relations «à court terme» répondent à un arbitrage entre la bonne qualité génétique d’un partenaire et l’investissement paternel d’un autre(25). Mais il faut évidemment que cet arbitrage se fasse discrètement, vu que les femmes n’ont pas pire prédateur qu’un homme jaloux(26), c’est-à-dire flippé à l’idée d’investir du temps, de l’énergie et des ressources dans un enfant qui n’est pas le sien.

Et la discrétion peut compter sur l’une de ses meilleures amies, la tartufferie. Les femmes ont tout intérêt à surjouer l’indignation morale face à la promiscuité sexuelle –«Mais quelle horreur, ma voisine a couché avec plusieurs hommes dans l’année, il faut la lyncher!» –quand cette promiscuité risque de leur être périlleuse et quand un tel affichage de vertu promet de leur être le plus bénéfique.

En d’autres termes, lorsque leur dépendance à un investissement paternel(27) est la plus élevée et qu’elles pourraient avoir un mal de chien à subvenir seules à leurs besoins et à ceux de leur descendance –«Regarde, chéri, si je débine autant la voisine, c’est pour t’assurer que je ne suis pas comme elle et que tu n’as donc pas à craindre que je te fasse cocu».

David Schmitt(28) montre ainsi que les contextes écologique et/ou économique les plus vulnérables –une vulnérabilité attestée par différents indicateurs, allant de la malnutrition infantile à l’espérance de vie en passant par le PIB– sont aussi ceux où l’on trouve les femmes les plus révulsées par les stratégies dites de court terme, c’est-à-dire davantage axées sur la potentielle qualité génétique du partenaire que sur son potentiel d’investissement paternel.

[...]

Économie de la chasteté

Menées depuis plusieurs décennies, des études prouvent que la sexualité «sans lendemain» est très essentiellement une affaire d’hommes(29). Ce fossé psycho-comportemental fait partie aujourd’hui des plus larges connus(30), se retrouve dans toutes les cultures(31) et est d’autant plus marqué dans les sociétés où l’égalité en droits des hommes et des femmes est la plus aboutie(32).

Le phénomène se renforce lorsqu’on ajoute la variété(33) à la fréquence: les femmes, en moyenne, se détournent d’autant plus du sexe pour le sexe(34) quand il est pratiqué avec divers partenaires inconnus au bataillon(35) (avant le coït, s’entend).

En outre, si le sexe extraconjugal est aujourd’hui assez bien partagé entre hommes et femmes, on observe que les femmes se trouvent une aventure à 57% dans leur cercle amical proche(36) (51% pour les hommes), à 30% chez leurs voisins et collègues (29% pour les hommes) et à seulement 1% dans la prostitution (le chiffre «explose» à 12% chez les hommes).

À la faveur d’une série d’études(37) menées dès la fin des années 1980, les chercheurs en psychologie sociale Clark et Hatfield observent ainsi que les réponses à une sollicitation sexuelle spontanée («Voulez-vous coucher avec moi?») sont radicalement différentes selon le sexe du solliciteur et celui du sollicité.

Dans la première étude, publiée en 1989, des expérimentateurs et expérimentatrices font le tour d’un campus pour demander la botte à des étudiants et des étudiantes. Résultat: environ 75% des hommes acceptent de coucher avec une parfaite inconnue et presque 100% des femmes refusent cette proposition.

En 2010(38), l’expérience est répliquée au Danemark: 59% des célibataires hommes diront oui, contre 0% des célibataires femmes. Avec cependant une petite surprise: sur un échantillon d’individus se déclarant en couple, les proportions d’acceptation passent à 18% pour les hommes et à 4% chez les femmes, conformément à la théorie du pluralisme stratégique selon laquelle les femmes ont davantage à gagner à se chercher des amants lorsqu’elles ont un mari pas forcément optimal à la maison.

[...]

Ces tendances demeurent stables, même lorsqu’on atténue les risques les plus lourds pour les femmes: la violence, la maladie, la grossesse et l’opprobre(39). Qu’importe que les chercheurs manipulent leurs procédures expérimentales afin que leurs participantes se sentent en confiance et ne craignent pas que leurs coup d’une heure ne leur refile une saloperie –un polichinelle dans le tiroir, une vilaine réputation ou une virée aux urgences. Les femmes disent toujours non dans 95% au moins des cas.

Dans son analyse sur le terrorisme féminin, Mia Bloom explique comment le facteur prédictif le plus fiable de la participation d’une femme à des activités terroristes est sa relation avec un homme impliqué dans de telles activités: un frère, un père, un mari, quiconque avec lequel elle se sente un lien privilégié et dans lequel elle investisse la réparation, le comblement, de tout ce qui semble lui manquer.

À la fin de son livre, Valérie Trierweiler déplore n’avoir été «ni épousée, ni protégée», et espère: «Puis-je seulement avoir été aimée autant que j’ai aimé.» Deux faces d’un même martyre amoureux, d’un amour comme sucre appliqué sur la plaie de l’effacement de soi, qu’on estime indispensable à la bonne marche de son être. Pire, que l’on porte au pinacle.

«Le mariage n’est pas une réparation. Bien sûr, être mariée avec lui m’aurait facilité la vie. J’aurais été moins illégitime aux yeux des autres et peut-être dans mon inconscient: ce lien officiel m’aurait sans doute apaisée, je n’aurais pas autant perdu confiance en moi», écrit encore Trierweiler.

Cela explicite la béquille existentielle que tant de femmes, à travers le monde et les époques, traquent dans l’homme censé «subvenir à leurs besoins», au sens le plus littéral du terme.

Références

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Peggy Sastre Auteur et traductrice

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Elles manquent toujours à l'appel dans la recherche cardiovasculaire, par exemple.

Les humains ne réprésentent que 0,01% de la vie sur Terre (mais nuisent aux 99,99% restant)

Les humains ne réprésentent que 0,01% de la vie sur Terre (mais nuisent aux 99,99% restant)

Nous sommes les moins nombreux, mais les plus gênants.

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