Science & santé

56% des Britanniques qui utilisent des stéroïdes le font pour des raisons esthétiques

Repéré par Léa Polverini, mis à jour le 23.01.2018 à 0 h 32

Repéré sur The Guardian

Autorisés seulement sur prescription médicale et habituellement réservés aux sportifs, les stéroïdes anabolisants demeurent le quotidien de nombreux jeunes Britanniques, en dépit des risques sanitaires.

Un bodybuilder lors d'une compétition à Rio de Janeiro, Brésil, le 30 mai 2015 | Yasuyoshi Chiba / AFP

Un bodybuilder lors d'une compétition à Rio de Janeiro, Brésil, le 30 mai 2015 | Yasuyoshi Chiba / AFP

Alors qu'on estime à près d'un million le nombre de Britanniques prenant des stéroïdes anabolisants ou autres médicaments hormonaux (connus en Angleterre sous le nom d'Image and Performance Enhancement Drugs, ou IPEDs), plus de la moitié des consommateurs le feraient non pas pour des raisons sportives, mais esthétiques.

Tandis que la police et les services de douane observent une augmentation sensible des laboratoires clandestins et du trafic de stéroïdes, la consommation de ces produits semble avoir changé ces dernières années, rapporte Josie Smith, à la tête d'un programme du Public Health Wales.

Culte de la virilité

L'ingestion de stéroïdes anabolisants, qui influent sur la testostérone, apparaît de plus en plus liée chez les consommateurs masculins au désir de se rapprocher des canons de virilité exacerbée dont les magazines et la télévision font inlassablement la promotion.

Ce culte de la culture du corps mène des dizaines de milliers de personnes à mettre en danger leur santé sur le long terme, en prenant des «cocktails d'IPEDs toujours plus complexes», relève le Guardian, certains se risquant à d'autres complications dues à des mélanges entre stéroïdes et alcool ou drogues.

«C'est quelque chose que nous surveillons prudemment. C'est une chose culturelle. Parmi certains jeunes garçons, il y a le désir d'être perçus comme corpulent et musclé. C'est le message que nous recevons de GQ et d'autres magazines», déclare Frank Atherton, le médecin-hygiéniste en chef du pays de Galles.

Selon le rapport d'IPEDs Info de 2017, les plus jeunes consommateurs de stéroïdes n'ont que 14 ans, quand la moyenne commence à 26. Les experts constatent une normalisation de cette pratique, devenue socialement acceptable, sinon recommandable.

De lourds effets secondaires

Elle est pourtant loin d'être bénigne, et expose les plus jeunes consommateurs réguliers à présenter plus tard de hauts taux de pression sanguine, et à être sujets aux maladies cardiovasculaires ou aux accidents vasculaires cérébraux.

Chez les hommes, 58% ont subi une atrophie testiculaire, et 53% des changements de leur libido. Tandis que ces derniers ne concernent que 25% des femmes, la plupart d'entre elles essuie comme effets secondaires des nausées (56%) ou des troubles du sommeil (53%).

«Nous devons rendre les gens conscients des dangers des stéroïdes. Si nous ne le faisons pas, cela va causer une pression supplémentaire sur le NHS. Nous avons besoin de faire sortir l'information de sorte que les gens puissent faire un choix informé», s'inquiète Aneil Malhotra, un cardiologue porte-parole pour la British Cardiovascular Society.

Si la possession de stéroïdes anabolisants n'est pas répréhensible par la loi, leur vente ou distribution l'est, dans la mesure où ils ne sont légalement accessibles que sur prescription médicale.

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