Société

Comment des chercheurs ont reconstitué le visage d’une adolescente grecque morte il y a 9.000 ans

Temps de lecture : 2 min

Son visage était plus dur et masculin que ceux de l'humanité moderne.

Avgi. Oscar Nilsson.
Avgi. Oscar Nilsson.

Elle s’appelle Avgi et la dernière fois que sa tête a été aperçue, elle vivait en Grèce il y a près de 9.000 ans. Et sans les technologies modernes n’ont n’aurions probablement jamais été capables de savoir à quoi ressemblait cette adolescente du Mésolithique.

Le visage reconstitué de cette jeune femme a été dévoilé cette semaine par des chercheurs de l’Université d’Athènes au Musée de l’Acropole. Celle-ci était en vie aux environs de 7.000 avant Jésus-Christ, alors que la région passait d’une société de chasseurs et à une société de cultivateurs. C’est d’ailleurs de là que vient son prénom, explique National Geographic: Avgi signifie aube en français, un nom choisi pour symboliser la naissance de la civilisation moderne.

La reconstruction du visage d’Avgi a été un processus long et complexe, mené par une équipe comportant un endocrinologue, un orthopédiste, un neurologue, un pathologiste, un radiologiste ainsi qu’un archéologiste suédois. L’équipe s’est servi du crâne de la jeune fille, retrouvé en 1993, pour ensuite en imprimer une copie parfaite grâce à une imprimante 3D. Vient ensuite la reconstruction des muscles, un à un. La couleur de la peau et des cheveux, impossible à deviner, provient des traits communs connus de la population de l’époque.

Le résultat final est impressionant et Oscar Nilsson, un archéologue suédois qui a participé à la reconstruction, explique que la tête d’Avgi est intéressante à bien des égards:

«Elle possède un crâne et des caractéristiques uniques, pas spécialement féminines. J’ai participé à de nombreuses reconstructions de visages datant de l’âge de pierre et je pense que certaines caractéristiques physiques ont disparu avec le temps. En général, aujourd’hui, les hommes comme les femmes sont moins masculines.»

Ce n’est pas la première fois que l’équipe de Manolis Papagrigorakis recrée le visage d’une personne disparue il y a des millénaires. En 2010, les chercheurs présentaient le visage de Myrtis, une fillette athénienne de 11 ans qui vivait aux alentours de 430 avant Jésus-Christ. En regardant les images, force est de constater que les traits se sont considérablement adoucis comparés à Avgi.

L’avancée des techniques de reconstruction permet de se faire une idée plus précise de l’apparence des humains qui peuplaient la Terre il y a des millénaires. En décembre dernier, une équipe de chercheurs présentait notamment le visage d’une ancienne reine péruvienne.

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