Les occasions manquées de Karzaï
Depuis son élection, le président afghan n'a eu de cesse de décevoir ses électeurs.
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Lors de la cérémonie de prestation de serment, le Président a fait de belles promesses au peuple afghan et à la communauté internationale. La lutte contre la corruption, l'éradication de la culture du pavot, la réduction de la misère étaient des thèmes forts dont on aurait voulu qu'ils fussent crédibles. On attendait avec quelque optimisme la formation d'un cabinet solidaire, compétent et efficace après huit années de compromis et de compromissions. Pour tenir les promesses, le président avait besoin d'une équipe sûre, soudée et compétente sur laquelle il aurait pu compter. Mais une fois de plus, le président qui semblait avoir toutes les cartes en main pour se sentir libre des pressions qui avaient miné son gouvernement durant des années, a manqué de souffle. En effet la pression extérieure lui offrait un excellent moyen pour se dégager de promesses électorales faites à des soutiens embarrassants, et la nécessité de répondre aux attentes légitimes de son peuple lui permettait de résister aux pressions amicales des partenaires étrangers.
Malheureusement le président a, une fois de plus, cédé à l'inexorable attraction de sa pente naturelle et sacrifié la cohérence de l'équipe gouvernementale à la satisfaction des différentes formations politiques qui le soutiennent ou qui l'effraient.
Acrobaties
Au lieu d'annoncer la formation d'une équipe sérieuse qui lui aurait permis de relever les défis, il a d'abord gaspillé plusieurs semaines à des acrobaties que personne ne lui demandait. Le pays qui n'est pas réellement gouverné depuis près de six mois, a perdu le peu de confiance qu'il avait retrouvée, à attendre les résultats des tractations politiciennes censées faire plaisirs aux seigneurs de guerre et aux seigneurs de la drogue. Les atermoiements présidentiels ont également fini par exaspérer l'assemblée nationale au point que tel prétendant ministériel qui se voyait approuvé par les trois quarts des députés, et qui peut-être n'avait même pas démérité lors de son précédent mandant, s'est vu rejeté par les deux tiers de la chambre.
Hélas, le président, fidèle à sa ligne, n'a pas su tirer la leçon qu'il fallait de cet échec. Les nouvelles nominations, présentées au parlement le 9 janvier, suscitent déjà des réactions extrêmement réservées dans l'opinion, ce qui augure mal du vote des députés. Mais, comme si la coupe n'avait pas encore débordé, le président s'est vu infliger un nouveau coup humiliant: lors de la présentation de l'équipe gouvernementale à l'assemblée, le second Vice-président a effrontément menti en déclarant que le prétendant au portefeuille de Commerce et de l'Industrie était en route pour l'assemblée, mais deux jours plus tard ce même candidat déclinait l'offre présidentielle depuis le Canada où il vit depuis longtemps. Autre exemple de la légèreté avec laquelle la formation du cabinet a été envisagée par le président: alors que la lutte contre les narcotiques est un élément central de la nouvelle politique annoncée, le candidat proposé à ce poste est un ancien ministre de l'intérieur écarté pour insuffisance il y a un peu plus d'un an, embarrassant du même coup le Premier Ministre canadien.
La conférence de Londres qui doit se tenir à la fin du mois pour faire un point de la situation risque d'être une occasion manquée de plus, car l'Afghanistan s'y sera représenté par un gouvernement faible, manquant de cohérence et n'ayant pas la confiance du pays. Le président aura-t-il le courage de dire clairement ce qu'il attend de ses partenaires et ce qu'il peut raisonnablement leur offrir en échange, et rester crédible? Il est permis d'en douter.
Nadjib Manalaï, écrivain et analyste politique afghan.
Image de une: conférence de presse du président Karzaï à Kaboul en avril 2008. REUTERS/Ahmad Masood
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Mis à jour le 17/01/2010 à 10h22











































Gouverner,
gouverner l'Afghanistan,
gouverner l'Afghanistan en guerre,
déjà vue de loin, la tâche n'a pas l'air simple,
alors, dedans des pieds jusqu'au cou,
qu'est-ce qu'elle doit être difficile !
La distribution des rôles actuelle
manquerait donc de l'essentiel qui en ferait
le pivot d'un début de stabilité intérieure.
Ceci explique peut-être alors le flou
pour sortir du conflit international ?
Que le ton faussement surpris
choisi ici ne laisse pas supposer
que l'épreuve du pays en guerre
est minimisée, au contraire !
Elle est même la raison
de la question suivante :
n'est-il pas plus urgent
aujourd'hui, de chercher
la piste d'une solution meilleure
que de marteler la statue de l'échec ?
Tribalistiquement.