Eric Le Boucher: L'anticapitalisme est soluble dans la crise
La crise économique et financière et la récession auraient dû doper l'extrême gauche et les adversaires du capitalisme. Au contraire...
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Le Forum économique mondial va se tenir comme tous les ans, fin janvier, dans la station suisse de Davos. La crise a mis à mal toute l'idéologie davosienne du triomphe des marchés mais Klaus Schwab, le fondateur, n'a aucun mal à réunir les grands «décideurs globaux» pour la 40ième fois... comme tous les ans. Pour la première fois un président de la République française fera le voyage. Davos survit à la crise, et ambitionne de la surpasser avec pour programme d'«améliorer l'état du monde, le repenser, le redessiner, le reconstruire».
Le Forum Social mondial, le concurrent, lui, n'aura pas lieu. On lit sur le site: «Il célébrera les 10 ans de son processus, il n'y aura pas un seul événement mondial et centralisé. En 2010, le FSM se déroulera d'une manière continue tout au long de l'année, avec des événements et des activités dans diverses parties du monde». En clair: par de grand messe anti-Davos. Çà ne marche plus. Le mouvement s'essoufflait depuis quelques années, le sommet de 2009 n'a eu aucun succès. C'est un paradoxe: la crise a donné raison à beaucoup de critiques formulées par les «alter» contre l'ultra-libéralisme: les excès des marchés, les dangers de la finance, les inégalités... Pourtant le FSM s'éteint. Il s'efface des écrans tandis que Davos continue d'occuper le devant de l'actualité.
Hugo Chavez, le président du Venezuela, a dévalué sa monnaie, vendredi 8 janvier, pour tenter de redresser son économie en déroute. Il fallait 2,15 bolivars pour obtenir un dollar, il en faudra désormais 4,3. Le Venezuela est un riche producteur de pétrole. Hugo Chavez, arrivé au pouvoir en 1999, voulait se servir de cette manne pour la «rendre au peuple». Il y a deux ans, M.Chavez avait changé la monnaie de son pays et introduit un bolivar appelé «fort». Aujourd'hui, il extrait moins de pétrole qu'il y a dix ans, faute d'investissements, faute de cadres, faute de technologies, et beaucoup d'usines de biens courants se sont arrêtées, forçant à importer. Les pénuries se multiplient. L'inflation atteint 27%, un des plus forts taux au monde. La dévaluation sera plus compliquée, avec l'introduction de deux taux de change, l'un pour les produits essentiels, la nourriture, les médicaments, l'autre pour les voitures ou les machines. Beaucoup de Vénézuéliens se demandent comment cela va marcher et, en attendant, ils se sont rués sur les magasins tout le week-end avant les nouvelles hausses des prix. En 2010, le Venezuela devrait rester en récession.
En France, José Bové, Jean-Luc Mélenchon, les «altermondialistes» et la gauche «radicale» ont soutenu «le modèle bolivarien» d'Hugo Chavez. Olivier Besancenot, porte parole de la LCR, a vanté le chavisme dans son livre paru il y a deux ans, (Che Guevara, Une braise qui brûle encore) livre que le lieutenant-colonel Chavez, en visite à Paris, avait promis de faire traduire dans son pays.
A l'opposé, le président brésilien Lula da Silva était accusé par l'extrême gauche française de développer une ligne sociale-démocrate. L'ancien métallo était considéré comme un «capitulard» devant les capitalistes et les marchés. Aujourd'hui, le Brésil accueille les investissements étrangers, rembourse le FMI (Fonds monétaire international) et devrait voir sa croissance repartir autour de 3,5% cette année. La bataille ouverte en Amérique latine entre les deux gauches, entre Chavez et Lula, est terminée: la radicalité a échoué, la sociale-démocratie est un succès.
En France, les grèves de 1995 avaient engendré le «mouvement social», réunion hétéroclite mais combative du syndicat Sud, des «alter» de toutes sortes et de l'extrême gauche à commencer par la LCR de Krivine-Besancenot. Les grèves étaient devenues populaires. Menées dans les services publics pour défendre le système particulier de retraite, elles avaient reçu l'approbation des Français qui les regardaient comme une «résistance» légitime aux remises en cause des avantages acquis. Le concept était né de «grèves par procuration» du secteur public en défense non pas de leurs privilèges mais de tous les salariés, ceux du secteur privé? étant trop fragiles pour oser lutter.
Ce mouvement de 1995 a assis une influence considérable dans les esprits et a «plombé» l'action de Jacques Chirac comme celle de Lionel Jospin. La pensée radicale avait, depuis 15 ans, le vent en poupe, elle intimidait toute la gauche et même la droite.
La crise de 2009 marque, en France aussi, un revers de cette pensée radicale. Les grèves dans les transports publics ne rencontrent plus les mêmes sentiments approbateurs. Elles sont de plus en plus regardées comme «catégorielles», chacun défend son intérêt. Les usagers se plaignent des gènes occasionnées. Dans les usines menacées de fermeture ou de restructuration, les militants d'extrême gauche envoyés pour haranguer les «camarades» contre le capitalisme, font un flop. Les syndicats CGT et CFDT ont repris l'ascendant parce qu'ils sont concrets. La crise a fait triompher le réformisme, ici comme en Amérique latine. Les solutions radicales sont bonnes pour les discours mais dans la réalité, l'anti-capitalisme ne donne pas du travail! Le discours gauchiste a montré sa vacuité et comme l'a bien souligné le magazine Challenges: Olivier Besancenot est «l'homme sans solution». Devant le chômage, le modèle bolivarien n'est que de peu d'aide et la France ouvrière et salariale s'est rangée derrière le camp réformiste.
2009, l'anti-1995: nous avons vécu un tournant historique majeur. Les divisions de la gauche de la gauche, entre le parti de Jean-Luc Mélenchon, le PCF et le NPA d'Olivier Besancenot reflètent ce désarroi doctrinal. Comme on le voit pour la préparation des élections régionales, les divergences stratégiques ont pris le dessus additionnées des négociations locales. Ces élections diront si le réalisme réformiste qui a gagné sur les terrains économiques et sociaux se retrouvera sur le plan politique.
Eric Le Boucher
LIRE EGALEMENT: L'extrême gauche ne profite pas de la crise et Les Français sont les plus méfiants envers le capitalisme.
Image de Une: Olivier Besancenot Stephane Mahe / Reuters
Mis à jour le 14/01/2010 à 8h45










































"la vrai mort de Daniel Bensaid" auriez vous pu intituler ce remarquable article
Bref l'argent montre son vrai visage.
Il permet le travail et stimule le dynamisme économique.
De ce capitalisme pur
dont la finalité suinte à la sortie de son distillateur :
le fric, le goutte à goutte de fric, le condensat de fric,
le toujours plus évaporé, des rouages de l'économie
qu'il est sensé lubrifier et alimenter, sur des comptes
où la seule fonction qui lui reste est la spéculation
boursière découplée de la réalité de tout échange,
de biens ou de services, sans le moindre souci
des dégâts que cause ce passage
du moyen à la fin.
Alors,
peut-être
que d'autres fanfarons ("l'extrême gauche"),,
dont la marque politique est radicalement opposée
à la mécanique d'appauvrissement généralisé,
sont aussi déconnectés de la réalité, et ce,
d'autant qu'ils sont les derniers à revendiquer
de la prendre en charge,
il n'en reste pas moins que la facture
du pillage intégral continue de s'alourdir.
Pour y trouver un remède, il suffit de passer à gauche,
vraiment à gauche, sans "extrême", à gauche sociale,
sans qu'il soit nécessaire d'ajouter une démocratie
qui est inhérente à l'esprit de la gauche,
à la différence des dictatures
qui, dans l'Histoire,
se sont cachées derrière.
Il y a un socialisme qui ne nie pas la réalité du marché
mais qui, tout simplement, ne se met pas corps et âme
à son service.
Est-il étonnant, dès lors, qu'il ne s'acharne pas à singer
la culture du club très privé, et privilégié, de Davos ?
La donne n'est pas vraiment compliquée aux marges,
ni à gauche ni en France du moins et tant mieux !
Il faut souhaiter qu'il en soit de même à droite.
En revanche, la prise de conscience écologique
augmente, elle, l'incertitude sur l'échiquier politique
aussi longtemps que les électeurs n'auront pas répondu
à son sujet à la triple question suivante :
- Est-elle soluble dans les instruments
qui concourent à l'éclosion des bulles spéculatives ?
- Est-elle compatible avec la préoccupation de l'intérêt commun ?
- Est-elle une idéologie à part ?
A la différence du spectre bien récupéré
de la révolution guévariste internationale (dont la lutte,
même contre la misère, est perdue d'avance en face
de la télévision et des biens de consommation
symbolisés par une boisson gazeuse au caramel),
l'essor d'un écologisme aux allures d'épouvantail
pour les politiques classiques arc-boutés de part
et d'autre de l'indice boursier, est ancré, lui,
à la montée du mercure dans le thermomètre
et à des valeurs de qualité de l'environnement
accessibles aux sens de tout un chacun(e).
Droitàgauchement
ou chaudéfroidement ?
Le verbe de polemikoeur me ravit toujours, et ce post est intéressant sur le fond.
Mais il faudra un jour sortir de ces phrases simplistes sur la banque comme "où la seule fonction qui lui reste est la spéculation"... En sortir permettra de débattre sur des bases saines. Peut-être que j'interprète mal les propos de polemikoeur, au pire je répond aux conversations de comptoir.
Des flux énormes d'argent (largement supérieurs à l'économie réelle) transitent par exemple sur le marché de change (je vend l'euro tu achètes le dollar). Pourquoi ? Parce qu'il y a un besoin, tout simplement.
Doit-on reprocher à "boisson gazeuse au caramel" de prendre des options de change pour reporter le risque d'une dévaluation du dollar sur les banques ?
Cocla veut savoir 1 an à l'avance combien de dollars il faudra débourser pour payer ses employés européens en euros. Cocla ne veut pas prendre le risque d'avoir à débourser plus dans un an parce que le dollar a chuté. Alors Cocla achète de grandes quantités d'option de change, lui laissant le choix, dans un an, d'acheter à un prix fixé au moment de l'achat, ou de renoncer à l'option et d'acheter de l'euro au prix courant.
Ensuite, il y a des petits malins qui voient qu'on peut faire plus d'argent rapidement en revendant ces options 10 fois, plutôt qu'en les proposant. Mais au départ, l'option de change a été créée pour répondre à une demande de l'économie réelle, celle de reporter le risque sur une entité qui va essayer de le diluer. Et ce marché là, contrairement aux crédits, est stable. Je suis de ceux qui veulent des taxes supplémentaires, pour limiter la spéculation, injuste par nature, mais le fait est que ce marché est stable.
Nouveau ? Un siècle plus tôt la finance à grande à l'américaine démarrait, on achetait le blé avec des futurs. Et les spéculateurs sont vite arrivé, mais le système restait utile malgré tout.
Non, la banque ne fait pas de l'argent qu'avec la spéculation. Donner des conseils financiers type fusion-acquisition à une grande entreprise, ça rapporte sans risquer un sou, par exemple.
Oui, on peut protéger les clients. C'est même simple. La séparation de la banque de détail et de la banque de financement a été effective dans le passé.
Quand à la régulation actuelle, elle a sa part de responsabilité dans la crise, elle est clairement insuffisante. Mais là aussi dire qu'aucun effort n'est jamais fait, c'est ignorer Bâle et Bâle II, qui a incité aux banques de ne pas investir tout leur argent.
Problème : après le ratio Cooke, le ratio McDonough, mais au final on autorise toujours la banque à compter dans les "fond propres" l'hypothétique argent de futur remboursements... on ne parle toujours pas de Vrais fond propres, d'argent réellement dans un coffre fort bien au chaud.
Je ne suis pas un spécialiste de la finance et mon post contient des imprécisions, voire des erreurs. Mais je le répète, du journaliste à l'économiste reconnu, les raccourcis simplificateurs sont un peu trop de mise depuis un an, ça bloque vite le débat de partir sur des bases manichéennes.
On est dans la m....
je ne suis pas mécontent du fait que la France soit moins "anti-tout" qu'avant, mais je ne suis tellement pas content des propositions de notre gouvernement, qui mélangent un ultra-libéralisme à un capitalisme paternaliste et de très fortes lois de circonstances pour aider les potos au président... que j'en ai envie de pleurer.
Que Besancenot, à l'instar d'un Le Pen, soit un "homme sans solution", c'est l'évidence même pour tout personne qui croit que l'économie est un fait nécessaire, et que le capitalisme est encore (et jusqu'à ce que l'on me montre une meilleure façon de gérer le monde) efficace pour réduire la pauvreté et les inégalités.
Mais la façon dont certain politiques (suivez mon regard vers l'elysée...) font tout pour préserver les privilèges d'une classe de nanti qui ne fait que courir après la thune et le pouvoir me débecte, et je leur suggère de faire gaffe... le retour de bâton pourrait être violent !
Car jusqu'à maintenant, les plus révoltés par ce système ne faisaient que manifester. Le jour où ils se rendront compte que cela ne sert plus à rien et que le pouvoir n'aide que le pouvoir, ils pourraient passer à autre chose. Souvenons nous des patrons séquestrés... cela pourrait n'être qu'une première étape dans la montée des actions plus revendicatives qu'une simple manifestation !
Pas de messe anti Davos ? Parce que nous savons désormais que plus rien ne pourra y être fait.
Il est vrai que tous les commentaires autour de la crise accusent le libéralisme, et on pourra continuer de le faire, jusqu'à y croire, c'est bien le capitalisme qui est en cause et ça n'a rien à voir.
Le Vénézuela va mal ? Et Haïti va bien pendant qu'on y est ! C'est n'importe quoi. Le capitalisme ne sera pas la solution pour le Vénézuela, c'est triste mais c'est comme ça.
La "gauche" ne trouve pas d'alternative ? Mais de quelle gauche vous parlez, il y a la productiviste qui prône un capitalisme d'état par exemple... c'est le capitalisme qui est en crise.
Le Brésil va bien grâce à sa politique capitaliste ? Déjà faudrait y regarder à deux fois, ensuite c'est pas parce qu'on arrive à s'en sortir une année qu'on est en train de s'adapter à la crise, véritable faille civilisationnelle, que nous vivons aujourd'hui. Ce n'est pas le début de la petite crisounette que nous vivons aujourd'hui qui va définitivement nous obliger à réformer notre manière d'aborder les choses.
Quant à la France, avec la fin de la Nation comme espace structurant la société tout le monde essaye de trouver des solutions pour s'organiser collectivement. Les élections iront vers toujours plus de spectacle (très bientôt il y aura le fameux duel Boon vs. Thuram à la présidentielle, et c'est pas plus mal que Guignol contre Gendarme) ce n'est pas un problème et ce n'est même plus le lieu de la démocratie. Il vaudrait mieux réussir ce tournant, réformer le capitalisme et dépasser l'industrie d'aujourd'hui plutôt que de nier l'évidence (la chute du mur côté ouest) et attendre une guerre, voire la préparer, ou que les gens s'étripent n'importe comment.
Enfin vous êtes content, c'est bien.
L'intérêt d'un tour d'horizon est de montrer plusieurs éléments d'un paysage mais son défaut est de ne s'attarder sur aucun d'ente eux. Sur les raisons de la déroute vénézuélienne on aimerait en apprendre un peu plus.
Quels mécanismes, monsieur Le Boucher, ont abouti à ces difficultés ???
J'ai du mal à comprendre vos commentaires. Je n'arrive pas à capter la critique.
"Le capitalisme va mal, il est au bord du gouffre".
Après plus d'un siècle de crise économique périodique, je suis étonné que vous ne réfléchissiez pas au "pourquoi".
Il me semble que vous connaissez mal le modèle économique dans lequel nous vivons. Personne ne vous a assuré que l'économie serait continuellement en expansion.
Le capitalisme est ainsi fait : tout excès sera corrigé, ce qui sera globalement positif à long terme.
Ces 30 dernières années, nous avons vécu au moins 7 crises économiques plus ou moins majeures et 3 périodes de récession. A chaque crise, on annonce la fin du capitalisme et de ces méchants riches qui exploitent les pauvres. Non seulement, le système n'a pas changé, mais en plus nous 'vivons mieux qu'avant' (Je le mets entre guillemet parce que c'est largement à débattre). Mais force est de constater que le développement technologique extrême permet une impression de 'mieux vivre' évidente, et ceci pour la majorité de la population.
La prochaine crise qui se profile à l'horizon semble plus noir, et nettement plus dangereuse pour le fameux système que vous critiquez. L'endettement des états et leurs capacités à rembourser n'est pas illimité... J'ai toujours du mal à comprendre comment accepter qu'un état s'endetter pour rembourser sa dette. Le jour ou la création de richesse est inférieure à l'intérêt de la dette, ce système ne sera plus tenable longtemps. (Nous étions limite en France juste avant la crise)
Vu l'explosion des dettes des états, il semblerait que l'on aura un système en surchauffe à partir de 2014 (voir l'article Slate avec M. Attali). Il semblerait que le filet de sauvegarde universel que sont les états va se désagréger. Qui sait donc comment se passera alors la crise suivante ?
Peu nombreux sont ceux qui vantent le capitalisme ces derniers temps, il me semble tout de même. En cela, l'anticapitalisme reste d'actualités, ne vous en déplaise. Ce n'est pas parce qu'il n'a pas de traduction politique claire qu'il est mort. Personnellement, du haut de mes 30 ans je n'ai jamais été altermondialiste, plutôt de gauche modéré, mais cela ne m'empêche pas d'agir sans faire de bruit. Je n'ai pas dépensé plus de 30 euros par mois dans les grandes enseignes de distribution depuis la crise. Je favorise les petits commerçants quitte à me rationner un peu plus et privilégier la qualité. J'utilise mes tickets restaurants pour cet usage (boulangerie, boucherie, traiteur). Si j'ai un surplus, je les brulerais plutôt que de les donner aux restaurateurs qui se gavent éhontément de TVA sur notre dos. Jusqu'a récemment je ne donnais plus un euro aux associations. Hors de question d'acheter la paix sociale pour un gouvernement qui casse toutes les protections sociales des travailleurs et des plus modestes au profit des nantis. 53% des français veulent plus d'égoisme, qu'ils assument les conséquences. Sans moi. Par contre, j'ai donné massivement à Unicef en fin d'année pour défiscaliser mes dons et donc réduire ma participation au budget du gouvernement tout en aidant les enfants des pays pauvres (principalement du Sud). Une sorte d'évasion fiscale légale. Ce faisant, même si je ne vote pas NPA, je ne suis certainement pas l'archétype du consommateur revé pour tout capitaliste ! La désobéissance capitaliste, fille naturelle de la désobéissance civile de Thoreau est sans doute bien plus efficace que tous les discours...
J'espère que vous incluez, dans vos actions appelées anti-capitalistes, le fait de ne pas acheter des produits fabriqués dans des pays pratiquant le dumping social.Vous ne le mentionnez pas, pourtant cela a plus d'impact que de réduire sa consommation dans les grandes surfaces françaises, employant un grand nombre de Français.
Mais ce qui me gêne le plus dans votre réaction, c'est de comparer la désobéissance civile de Thoreau à la désobéissance capitaliste. Thoreau luttait essentiellement contre les pratiques esclavagistes aux Etats-Unis; pourquoi la désobéissance capitaliste serait-elle la fille, naturelle qui plus est, de la désobéissance préconisée par Thoreau? La désobéissance de Thoreau fille naturelle de la désobéissance de Gandhi, soit, mais là votre exagération et votre vanité ruinent votre propos.
N'oubliez pas que la France est le pays qui chaque année dépense le plus au monde pour la protection sociale. Et en 2009 plus qu'en 2008.
Enfin, si je comprend bien, vous trouvez normal d'acheter de la vente à emporter à 5.5%, mais reprochez aux restaurateurs d'avoir réussi à baisser leur TVA de 19.6% à 5.5%? On peut être contre cette baisse. Mais votre logique est étrange.