François Hollande: je suis français, je n'ai pas à le prouver
Le débat sur l'identité nationale a le goût d'une inquisition aveugle. Cela doit cesser.
- -
Français, vos papiers !
Quel paradoxe! Au moment où le président de la République ouvre confusément et maladroitement un débat sur l'identité nationale pour savoir ce que signifie être Français, des citoyens qui jusqu'alors ne doutaient en rien de leur identité se voient refuser leur carte ou leur passeport. Le prétexte? Qu'ils sont nés à l'étranger ou qu'ils ne retrouvent pas le certificat de naissance de leurs parents, voire de leurs grands-parents.
Nous sommes entrés dans l'ère de la suspicion. Avoir pu voter à des élections, avoir accompli son service national, être même fonctionnaire... tout cela ne suffit plus pour être sur d'être Français. Il faut démontrer sa lignée, et rechercher, y compris dans le pays où vous êtes nés, loin de la France, les éléments qui garantissent l'authenticité de votre francité.
Quelle déconvenue pour ces citoyens à éclipses. Quelle humiliation pour ces hommes, ces femmes, qui ne s'étaient jamais posés la question de leur nationalité. Qui se croyaient Français depuis toujours, qui avaient toujours eu les papiers correspondants, avant de les perdre ou qu'ils ne soient expirés. Qui s'imaginaient citoyens de plein droit, et qui sont brutalement confrontés à l'invraisemblable, à l'innommable, à l'absurde, au néant. Des citoyens renvoyés à un labyrinthe administratif que Kafka lui-même n'aurait jamais conçu : vous êtes Français, alors, prouvez-le !
Et bien, il faut en terminer avec cette logique du soupçon, il faut inverser la preuve. Je suis Français tant que l'administration ne m'a pas prouvé le contraire. C'est à elle de faire l'instruction, si elle s'en sent obligée, d'aller contester la délivrance de papiers. Dès lors qu'un jour, elle a remis une carte d'identité ou un passeport, et bien ce n'est plus une présomption mais une reconnaissance, et elle vaut pour toujours.
Le débat sur l'identité nationale doit s'arrêter. Mais qu'au moins, sur ce point, sur le droit imprescriptible à rester Français quand on l'est déjà, l'Etat reconnaisse ce principe, et cesse immédiatement des procédés qui déshonorent la République et la France.
François Hollande
SI VOUS AVEZ AIMÉ CET ARTICLE, VOUS APPRÉCIEREZ PEUT-ÊTRE: «François Hollande: l'identite de la France est un combat», ou «Identité nationale: être français aux yeux des autres»
Image de Une: un passeport français via Flickr
Mis à jour le 13/01/2010 à 19h18











































J'ai déjà eu plusieurs cartes d'identité française, plusieurs passeports français, un certificat de nationalité française délivré par le juge du Tribunal d'instance et pourtant je me suis vue refuser le dossier de renouvellement de ma carte d'identité au motif que je ne pouvais pas fournir d'extrait de naissance.
J'ajoute que lors de mon mariage j'ai renoncé à la nationalité suisse, pour devenir française et je ne peux m'empêcher de trouver que le traitement qui m'est infligé par les employés administratifs auxquels je me suis adressée est particulièrement injuste.
J'ai téléphoné, puis écrit à l'Ambassade de France à Vienne (Autriche), ville où je suis née, afin qu'ils essayent de me procurer ce fameux extrait de naissance, mais depuis le 3 décembre 2009, je n'ai pas eu de réponse.
J'avoue que lorsque j'entends que tous les ans, on donne la nationalité française à 120 000 personnes étrangères cela me rend assez amère.
Nous devons être le pays le plus compliqué du monde avec des lois qui s'empilent sans que le citoyen à qui normalement ses lois sont "adressées" n'est jamais informé et que dire de la complexité digne d'un dialecte de la race des énarques ou des sciences-po la plaie d'un pays technocratique.
Je suis français mais ma lignée Corse sera peut-être, un jour, considérée comme étrangére dans ce cas je devrais faire valoir ma nationalité "grace" à mon épouse qui est parisienne.
Le pays le plus compliqué et pour cause une classe politique stupide.
Le ton de François Hollande est amusant. Il parle comme s'il ne connaissait pas l'histoire, comme s'il ne les voyait pas (re)venir... Je ne vais pas le chicaner pour les droits d'auteur, on va laisser ça à à Léo...
http://shodavid.blog.lemonde.fr/2009/10/29/francais-ton-identite/
...en revanche, le ton tellement civil, docte, une demi-octave sous la polémique, résume bien la désagrégation du PS...
Quant à Marianne, malgré toute ma sincère compassion et ma rage viscérale de l'arbitraire administratif, je vous trouve bien naïve... Vous pensiez vraiment que toute cette histoire était logée à l'enseigne du rationnel? Peut-être même du bon sens! Marianne... C'est la guerre!
Quelle guerre ? Expliquez-moi, je ne comprends pas !
Très cordialement.
Si sur le fonds , la remarque est légitime, sur la forme, la preuve de la nationalité en france a toujours été un casse tête kafkaïen comme seule l'administration française sait en élaborer ! Il ne date pas d'aujourd'hui et n'a rien à voir avec le débat sur la nationalité.
Quand des historiens et des sociologues réfléchissent et produisent des travaux savants sur l'identité nationale française, c'est intéressant. On est dans le registre de la connaissance et pas dans celui du jugement. Quand c'est le pouvoir politique qui engage ce débat dans les préfectures, c'est au mieux absurde, au pire angoissant, car on est dans le registre de l'action.
Que l'Etat engage un débat sur "l'identité française" suppose qu'être français ce n'est pas simplement une question de nationalité. Il y aurait donc des français un peu moins français que les autres qui menaceraient une identité nationale qu'il serait grand temps de définir. Pour en faire quoi ? Trier en les bons et les mauvais ? Imposer une période probatoire et donner des cours d'identité nationale aux éléments douteux ?
On construit de l'insécurité en instillant l'idée qu'être français ce n'est plus quelque chose qui va de soi, mais qui doit être prouvé à chaque instant.
Et bien, il faut en terminer avec cette logique du soupçon, il faut inverser la preuve. Je suis Français tant que l'administration ne m'a pas prouvé le contraire. C'est à elle de faire l'instruction, si elle s'en sent obligée, d'aller contester la délivrance de papiers. Dès lors qu'un jour, elle a remis une carte d'identité ou un passeport, et bien ce n'est plus une présomption mais une reconnaissance, et elle vaut pour toujours.
Cette fois-ci, l'insécurité est organisée juridiquement. L'Etat n'est plus engagé par ses propres décisions. Marianne a déjà eu moult passeports et cartes d'identité française. A aucun moment l'administration ne la soupçonne d'avoir utilisé des faux papiers. Ce sont ses propres décisions que l'Etat remet en cause, comme si Marianne ne pourrait jamais être déclarée définitivement totalement française.
A lire votre dernier paragraphe, "les écailles me sont tombées des yeux" et des larmes aussi.
Jamais je n'aurais imaginé que ce fût ainsi, mais comment maintenant nier cette évidence ?
Vous savez, Henry James, "L'image dans le tapis" ? Cette fois c'est moi qui ne l'avais pas vue, et voilà que je ne vois plus que cela !
Je peux dire que ma francité en a pris un coup ce matin.
Très cordialement.
Je suis entièrement d'accord avec buddha.
M. Hollande fait un amalgame malheureux entre nationnalité et identité nationnal. Le débat actuelle ne cherche pas à savoir qui est francais et comment, mais uniquement à chercher quels symboles peuvent rasssembler les francais malgré leurs origines diverses et variées.
Néanmoins, je suis assez d'accord sur l'indignation qu'il soulève. Et sa remarque est très juste : "Je suis Français tant que l'administration ne m'a pas prouvé le contraire". Mais dans ce cas là, il faut que le système informatique de l'état civile dans lequel on renouvelle sa carte d'identité soit performant pour savoir, si vous avez "voter à des élections, avoir accompli son service national, être même fonctionnaire". Actuellement, l'état n'a pas le droit de regrouper ce type d'information, il vous le demande donc.
Il faut donc faire attention à la démagogie ;), Monsieur Hollande. Difficile d'exiger de l'état quelque chose qu'il n'a pas le droit de faire.
Le débat actuelle ne cherche pas à savoir qui est francais et comment, mais uniquement à chercher quels symboles peuvent rasssembler les francais malgré leurs origines diverses et variées.
J'ose espérer que vous avez tort. Si le gouvernement de la France en est arrivé à tel niveau de doute sur l'identité française et donc sur sa légitimité en tant que gouvernement de la France, qu'il soit obligé de se tourner vers les français pour trouver une réponse à cette question, qu'il passe la main.
Comme toute la politique "identitaire et sécuritaire" de notre président, qui lorgna, lorgne et lorgnera toujours sur les voix du FN, en se montrant plus royaliste que le Le Pen.
Pour que de tels scandales soient si souvent relayés depuis 3-4 ans, c'est que des instructions ont été données du plus niveau aux préfectures.
Et selon ces instructions, un certain Nicolas S, d'origine étrangère, aurait eu bien du mal à avoir ses papiers en règles et en temps et en heure pour pouvoir se présenter à la mairie de la ville de N.....
Lamentable, déprimant, révélateur de l'état d'esprit xénophobe qui gangrène la société civile Française (mais qui, reconnaissons le, n'est qu'une conséquence de la pauvreté et du manque d'avenir optimiste que l'on peut offrir aux classes populaires et moyennes de France).
Marianne, ne soyez pas amère pour les étrangers qui obtiennent la nationalité française. Outre qu'ils sont là depuis très longtemps et se sentent français dans la plupart des cas, ils auront les même problèmes que vous lors de leur renouvellement de CI dans quelques années.
Marianne, portez plainte contre l'état !!! Vous avez le prénom symbolique qui vous y incite ! :)
Cette affirmation n'a rien en elle de détestable,
sauf pour qui aurait le mauvais goût
de ne pas aimer la France,
jusque dans ses défauts,
(aimer la France, pas ses défauts !)
ceux, du moins, de certains de ses enfants.
Ce qui est presque toujours détestable, en revanche,
ce sont les circonstances dans lesquelles cette phrase
est prononcée ou entendue : quand il y a, notamment,
cette volonté de distance vis-à-vis de "l'étranger",
quand ce n'est pas la marque du mépris
ou, pire encore, quand c'était le crime du rejet,
sous des années noires où l'Etat remplaçait
la République, des temps troubles
qu'il est malvenu, paraît-il, de rappeler,
alors que c'en est l'arrière-goût même
qui réveille la mémoire.
Dire : "Je suis français"
devrait toujours être
comme un rayon de lumière !
Ce l'est un peu moins chaque fois
que c'est prononcé en défense
hérissée de barbelés,
en exigence d'un droit exorbitant
au lieu du sens d'un devoir exemplaire.
Le rayonnement n'est un trésor appréciable
que lorsqu'il est tourné vers l'extérieur.
Chauvainement.
Il est important que des personnalités politique prennent la parole a ce sujet, et peu importe que ce soit par opportunisme a l'occasion d'un débat stupide.
Mes ancetres ont servis dans les armées francaises depuis la guerre d'indépendance des Etats-Unis jusqu'a la guerre d'Algérie. Ils n'ont pas collaborés et ils ne sont pas restés passifs lors de la seconde guerre mondiale.
Mon père est né au Japon ou mon grand-père était en poste au sein du corps diplomatique. Ma mère est née au Quebec, donc "française" a plus d'un titre. Et pourtant il lui a fallu tout le poids d'un beau-père ambassadeur de France pour obtenir la nationalité Francaise. C'était les sixties...
Moi aussi je vais devoir prouver que l'administration francaise ne s'est pas trompée en m'attribuant la nationalité francaise, ca ne va pas etre de la tarte. Ma soeur est passée par la l'annee derniere, il a fallu remuer ciel et terre, et sans une intervention d'une relation de travail au ministere de l'intérieur, elle en serait toujours au meme point.
Depuis 2005 et le changement de la loi concernant les nouveaux passeports biometrique, la situation est devenue ridicule !! C'est a gerber.
Mr Hollande nous la joue démago à fond, c'est pas nouveau mais là on frise le ridicule ou le scandaleux. Scandaleux car pour discréditer le débat sur l'IN qu'il semble rejeter - mais dont il parle et débat sans arrêt - il utilise les aberrations et errements de l'administration. Il pratique ainsi un amalgame douteux. La ficelle est un peu grosse, je ne la saisirai pas. J'ose esperer que les lecteurs de Slate sauront s'en apercevoir et ne tomberont pas dans le panneau.
Cordialement,
J'ai du mal à comprendre votre commentaire El gato.
N'est-il pas sain de savoir qu'elles sont les symboles que chaque français reconnaît comme étant le liant national au-delà de son identité personnelle.
Jusqu'à présent, c'était principalement : La marseillaise, Marianne, la laïcité ou même le Français.
Mais quand on voit 80 000 personnes sifflet la marseillaise au Stade de France, est-il légitime de se poser la question comme quoi cet Hymne est vraiment un symbole de la république française ? Est-on en droit de se demander si ce symbole est vraiment un liant dans notre identité national au lieu d'un 'diviseur' ?
Est-ce vraiment honteux de se poser la question ?
Que le débat vire à du n'importe quoi... c'est différent, mais venant d'une des plus hautes figures de l'état comme François Hollande, on peut s'attendre à ce qu'il recentre le débat. Et son sujet qui est un problème de société, est hors sujet dans ce débat.
D'ou l'amalgame que je dénonce.
Mais votre critique envers ce gouvernement qui ouvre le débat est des plus obscurs. Ce débat nous approche de la "démocratie participative" prôné par S.R., et votre critique est celle que j'exprimais envers S.R. Quand je vote pour quelqu'un, je vote pour ses idées, ses convictions et ses propositions. Par pour quelqu'un qui n'a pas d'idée et qui va donc les chercher dans le peuple. Pour le coup, c'est dangereux démocratiquement et ce débat nous le prouve à merveille.
Jusqu'à présent, c'était principalement : La marseillaise, Marianne, la laïcité ou même le Français.
Mais quand on voit 80 000 personnes sifflet la marseillaise au Stade de France, est-il légitime de se poser la question comme quoi cet Hymne est vraiment un symbole de la république française ? Est-on en droit de se demander si ce symbole est vraiment un liant dans notre identité national au lieu d'un 'diviseur' ?
C'est parce que la Marseillaise est un symbole de l'identité nationale qu'elle est sifflée. Et ces sifflets ne font que la conforter dans cette dimension symbolique. Lorsque les américains ne sont pas contents de leur gouvernement, ils brulent leur drapeau. Les français ne brulent pas leur drapeau, ils sifflent leur hymne national. Ca montre simplement que pour les américains, à l'inverse des français, le drapeau est un symbole plus fort de leur identité que l'hymne national.
"N'est-il pas sain de savoir qu'elles sont les symboles que chaque français reconnaît comme étant le liant national au-delà de son identité personnelle." L'identité nationale, ce n'est pas le plus petit dénominateur commun à tous les français. C'est la conséquence d'une histoire, très ancienne dans le cas de la France, qui s'impose à l'inconscient de chacun et qui sera assimilée et perçue différemment selon son histoire personnelle. Ce n'est pas quelque chose que l'on pourrait imposer par décret après consultation de chaque français.
Quand je vote pour quelqu'un, je vote pour ses idées, ses convictions et ses propositions. Par pour quelqu'un qui n'a pas d'idée et qui va donc les chercher dans le peuple. Je suis d'accord avec vous sur ce point. Mais j'ajouterai qu'en ce qui concerne l'identité française, il y a quelque chose d'ahurissant dans l'idée que celui qui représente symboliquement la France, se tourne vers les français pour savoir ce qu'est l'identité française. Je sais bien que Sarkozy n'est pas de Gaulle, mais pour paraphraser le général, la moindre des choses que l'on puisse attendre d'un Président de la République, c'est qu'il se fasse "une certaine idée de la France". Idée que je ne partagerais pas nécessairement. De Gaulle et Pétain n'avaient pas la même idée de la France et de l'identité française. Mais aujourd'hui ils font tous les deux partis de notre identité nationale pour le meilleur et pour le pire.
Il y a me semble-t-il une contradiction fondamentale entre la fonction de Président de la République et la démarche qui consiste à aller demander aux français ce qu'est l'identité nationale.
La majorité des français a élu Président des français un homme qui, une fois élue, se retourne vers eux et leurs demande "Au fait c'est quoi être français ?" :~)
Pour faire vite, il y a 2 logiques opposées à concilier.
D'une part il est inadmissible que des citoyens français nés à l'étranger soient traités de manière différenciée par rapport aux autres.
D'autre part n'oublions pas que chaque année des milliers de français se font usurper leur identité et se retrouvent interdits bancaire, de location, pourchassés par les huissiers..... Il est aussi normal que l'état assure un minimum de protection et donc de vérification à tous les français.
Peut-être une solution viendrait d'une réforme de l'admnistration en vue d'améliorer ses process, son efficacité et son respect des usagers... Bref une réforme de l'état. N'est-ce pas M. Hollande?
A tous les amis slateurs qui m'ont encouragée quand j'essayais d'obtenir le renouvellement de ma carte d'identité nationale, je voudrais dire que ça y est.
Je me suis présentée à la mairie et on m'a remis la carte pour laquelle j'avais commencé les démarches en septembre, c'est à dire il y a presque six mois.
Dans la foulée, j'ai demandé un dossier pour obtenir un passeport. Mais là, l'employée de l'administration a été formelle. Il n'y aura rien à faire : la préfecture rejettera mon dossier. La carte d'identité, d'accord. Le passeport, non.
Sans un acte de naissance ce sera impossible !
Mais impossible n'est pas français, n'est-ce pas ?
Si Brice Hortefeux était un ministre sérieux,Il aurait fait cesser ces excès de zèle de quelques fonctionnaires incompétents. Si on est 'suffisamment' français pour obtenir une CNI, on doit l'être pour obtenir un passeport!
Cordialement.
Votre problème est en voie d'être résolu. Une réforme devrait permettre d'obtenir une CI à partir d'un passeport et vice versa.
Cordialement.
Je ne comprend pas qu'il y en ait que cela étonne.
Je suis français, né en France, d'ascendance française et j'ai toujours dû prouver ma nationalité à chaque fois que je devais faire faire mes papiers d'identité (carte ou passeport).
On dirais que certains ne se sont jamais soucié de rien, ont toujours considéré tout comme étant acquis, et que le ciel leur tombe sur la tête d'un coup.
Le renouvellement de la CI c'est tout les dix ans, les tracas administratifs ont toujours existés, qu'un français de parents japonais et franco-canadien s'étonne aujourd'hui de la chose me parait surprenant, avait-il auparavant fait parti des privilégiés ?