Culture

L’ombre du RickwaertGate

Temps de lecture : 2 min

A la veille de la diffusion de la deuxième saison de Baron noir, Sébastien Abdelhamid, un journaliste, met au jour une vaste tentative de corruption médiatique menée par l’ancien ministre Philippe Rickwaert. A coups de valises de billets, mais aussi en recourant aux tentatives de déstabilisation de séries concurrentes et à l’achat de millions de vues.

Un scoop s’apprête à déferler dans les médias français. L’ancien ministre Philippe Rickwaert, dit le Baron noir, serait responsable d’une vaste tentative de corruption médiatique, à quelques jours de la diffusion de la deuxième saison de sa série. Enquête à l’appui, un journaliste parle.

Tout commence par la réception d’une enveloppe. À l’intérieur, de l’argent, près de 2000 euros en billets de cent et un DVD de la saison 2 de Baron noir. Rapidement, l’influenceur ainsi visé décide de mener son enquête et il découvre qu’il n’est pas un cas isolé. Sommes d’argent plus ou moins importantes, cadeaux luxueux, avant-premières chapeautées par des call-girls, tous les moyens sont bons pour motiver les journalistes culturels à couvrir avec bienveillance l’arrivée prochaine des nouveaux épisodes de Baron noir. Contacté par Sébastien Abdelhamid, Canal +, diffuseur de la série, déplore ces agissements et se désolidarise du « Baron ».

Mais les manigances de l’ancien député écroué ne s’arrêtent pas là. Après avoir livré ses « valises de billets », symbole de la corruption à l’ancienne qu’il connaît bien, Rickwaert arpente un nouveau territoire : internet. Il aurait ainsi acheté plusieurs dizaines de millions de vues pour promouvoir le trailer de sa série (ce qui place la vidéo au coude à coude avec le teaser de Star Wars).

Quant aux réseaux sociaux, Rickwaert ne les oublie pas. Sur son compte Twitter @PhRickwaert, il ne cesse de dézinguer les concurrents de Baron noir, à coups de calomnies. Derrière le #ScandaleEnSérie, Rickwaert enquille des fake news qu’on espère délirantes. Sans jamais citer les noms de ses cibles (le bougre sait comment éviter les procès en diffamation!), il accuse une série de Fantasy d’utiliser pour ses costumes les plumes d’une espèce protégée de corneille (la corneille à trois yeux) ou affirme qu’un charnier aurait été découvert sur le tournage d’un célèbre programme de zombies.

En roue libre, sans plus aucune limite morale Rickwaert duplique ses méthodes politiques pour manipuler la sphère médiatique. Jusqu’où serait-il allé si ce courageux journaliste n’avait pas levé le lièvre et enquêté sur ce scandaleux trafic d’influence mâtiné de pots-de-vin ? Impossible de le dire. En l’état, le fruit des investigations de ce chevalier blanc des médias, à découvrir en vidéo, pourrait bien lui valoir les honneurs de la profession lors de la prochaine remise du prix Albert Londres.

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