Monde

Un cours sur le racisme contraint d'être enseigné sous escorte policière en Floride

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 12.01.2018 à 11 h 29

Repéré sur Quartz

L'enseignant, un sociologue afro-américain, a reçu des milliers de menaces de mort.

Des policiers escortant des étudiants à Gainsville, octobre 2017. Par Brian Blanco via AFP

Des policiers escortant des étudiants à Gainsville, octobre 2017. Par Brian Blanco via AFP

L'élection de Donald Trump n'a fait que raviver les tensions raciales dans la société américaine. Sa position ambiguë sur le drame de Charlottesville et les manifestations de suprémacistes blancs, ses décrets migratoires répressifs ou encore sa critique du mouvement sportif afro-américain contre les violences policières fracturent chaque jour un peu plus un pays profondément divisé. 

Dans un contexte où de plus en plus d'Américains blancs s'estiment eux aussi victimes de racisme, alors même que les chiffres des bavures policières envers les citoyens noirs battent des records, un nouveau cours proposé aux étudiants de Florida Gulf Coast University, à Fort Myers, met de l'huile sur le feu. Son intitulé: «White Racism» («Racisme Blanc»). 

Son enseignant, le professeur en sociologie Ted Thornhill, entend y examiner «les idéologies racistes, les lois, les mesures politiques et les pratiques mises en oeuvre depuis plusieurs siècles afin de perpétuer la domination raciale des blancs vis-à-vis de ceux identifiés comme "non-blancs"». Il tentera plus largement, explique-t-il, «d'interroger le concept de race».

Avant même que le cours ne débute, le 9 janvier dernier, un déferlement de haine s'est abattu sur Ted Thornhill, qui affirme avoir reçu des milliers de messages «inqualifiables» sur les réseaux sociaux, mais également par mail et sur son téléphone personnel. L'immense majorité d'entre eux contenaient des menaces et des insultes racistes –le professeur étant noir. 

Pour des raisons de sécurité, c'est donc sous protection policière que les cinquante étudiants inscrits ont dû se rendre en classe. Une mesure exceptionnelle qu'un porte-parole de l'université justifie en disant redouter «toutes sortes de débordements». Ce n'est en effet pas la première fois que le traitement académique de sujets dits «sensibles» –tel le cours sur le «privilège blanc» dispensé dans une université du Texas– provoque des remous. 

Depuis l'élection de Trump, rapporte Quartz, nombreux sont les professeurs qui proposent des cours explorant les discriminations raciales. Malgré les circonstances, Ted Thornhill assure en tout cas qu'il ne cédera ni aux pressions ni aux tentatives d'intimidation: «Ce cours a besoin d'être enseigné. Et il le sera coûte que coûte.»

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