Égalités / Culture

James Damore attaque Google pour discrimination à l'encontre des hommes blancs conservateurs

Temps de lecture : 2 min

Licencié en août dernier après la publication de sa note interne «La chambre d’écho idéologique de Google», l'ingénieur James Damore porte aujourd'hui l'affaire en justice.

James Damore et son avocate Harmeet Dhillon sur Fox News, le 9 janvier 2018 | Capture écran via YouTube
James Damore et son avocate Harmeet Dhillon sur Fox News, le 9 janvier 2018 | Capture écran via YouTube

Lundi 8 janvier: l’ingénieur James Damore, licencié par Google en août dernier pour avoir rédigé une note interne de dix pages attribuant le manque de femmes dans le secteur technologique à des différences biologiques, a attaqué en justice son ex-employeur pour discrimination contre les employés «blancs», «de sexe masculin» ou ayant «des opinions politiques jugées trop conservatrices par Google».

James Damore a saisi la Cour supérieure de Santa Clara avec un autre plaignant: David Gudeman, un ingénieur spécialiste des logiciels –qui avait travaillé pour Google trois ans durant.

«Discrimination idéologique»

Leurs griefs sont multiples. Une partie des allégations des ingénieurs se concentre sur la discrimination idéologique qui sévirait selon eux au sein de Google. Dans leur plainte, les deux hommes affirment que l’entreprise maltraite les employés qui «expriment des opinions s’écartant de la ligne majoritaire» sur divers sujets, tels que «l’embauche de personnes issues de la “diversité”, la “sensibilité aux biais” ou la “justice sociale”». Selon eux, la diversité politique serait sacrifiée sur l’autel de la diversité ethnique et de la diversité femmes-hommes au sein de l’entreprise.

La plainte affirme que Google a mis en place des «quotas illégaux» pour embaucher plus de femmes et de candidats issus de «minorités favorites» –et précise en outre que la «présence numérique des employées» de sexe féminin est «uniquement applaudie en raison de leur sexe».

Damore et Gudeman détaillent ensuite plusieurs griefs personnels. Ils estiment avoir été tous deux «ostracisés, rabaissés et punis», à la fois pour leurs opinions politiques et pour «avoir commis le péché supplémentaire d’être nés hommes et/ou blancs».

La plainte présente James Damore comme un employé «travailleur et loyal», victime d’une campagne de harcèlement et d’un licenciement abusif pour avoir signé une note interne intitulée «La chambre d’écho idéologique de Google».

David Gudeman, le co-plaignant, licencié pour islamophobie

La plainte dresse un portrait similaire du cas David Gudeman, décrit comme un homme blanc conservateur. Le même document nous explique qu’en 2015, ce dernier a répondu à un texte consacré aux processus qui réduisent les minorités au silence publié sur un site interne de Google. Gudeman aurait notamment écrit que les hommes «doivent comprendre que les [personnes blanches de sexe masculin] sont victimes d’un mouvement politique raciste et sexiste, et que ce n’est pas de leur faute».

Il aurait par ailleurs comparé le texte initial à ceux «que des esclavagistes auraient pu écrire pour apprendre à leurs esclaves le bon comportement à adopter face aux maîtres». La plainte précise que ces commentaires lui ont valu un avertissement verbal.

David Gudeman a refait parler de lui peu de temps après les élections présidentielles américaines de 2016. Sur un forum de discussion réservé aux employés de Google, l’un de ses collègues de confession musulmane avait écrit qu’il était «déjà visé par le FBI (et ce même au travail) parce que musulman». Gudeman n’a pas fait mystère de son scepticisme quant à cette confidence.

Il aurait enquêté pour vérifier les faits, avant de laisser entendre qu’il avait découvert «quelque chose d’intéressant» (pour citer le texte de la plainte) au sujet du collègue en question: un récent séjour au Pakistan, qui permettrait selon lui d’expliquer le fait que les autorités aient pris cette personne musulmane pour cible. La plainte précise que Google aurait alors renvoyé Gudeman, lui reprochant d’avoir accusé son collègue de terrorisme du fait de sa religion.

Damore a tenu, lundi 8 janvier, une conférence de presse d’une heure en compagnie de Harmeet Dhillon –avocate spécialiste des droits civiques et ancienne vice-présidente de la branche californienne du Parti républicain, qu’il a engagée en août dernier.

Face aux journalistes, l’avocate a tenu les propos suivants: «Google est aujourd’hui plongé dans une mentalité proche de Sa majesté des mouches: certaines personnes peuvent s’y retrouver isolées par le groupe, humiliées, harcelées, puis licenciées. Et c’est précisément ce qui est arrivé à James.»

Aaron Mak Journaliste à Slate.com

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