Santé / Égalités

Plus de la moitié des femmes ont honte d'avoir leurs règles

Temps de lecture : 2 min

Elles sont encore nombreuses à intérioriser le dégoût masculin –et social– autour des menstruations.

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Girl | Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

Le tabou menstruel a encore de beaux jours devant lui. Phénomène naturel vécu par près de la moitié du genre humain, les règles continuent, en 2018 encore, d'être taboues. Au point d'embarrasser 58% des femmes interrogées lors d'un récent sondage américain, dans lequel elles déclarent se sentir honteuses pendant leurs menstruations.

Menée par l'entreprise de protections hygiéniques Thinx, l'enquête s'est donnée pour mission d'analyser la perception des règles auprès d'un échantillon de 1.500 femmes et 500 hommes. Parmi ces premières, 42% déclarent avoir subi des moqueries ou commentaires dégradants à ce sujet de la part d'hommes ou de membres de leur famille.

Les femmes sont également nombreuses à ressentir un profond sentiment de gêne au moment de leurs règles: 73% d'entre elles disent cacher leurs protections intimes lorsqu'elles vont aux toilettes et 70% ont déjà demandé à une amie de marcher derrière elles pour vérifier que leurs vêtements n'étaient pas tâchés. 29% des sondées expliquent enfin ne pas avouer pourquoi elles annulent une sortie, une séance de sport ou autre lorsqu'elles sont indisposées.

Un dégoût insufflé par les hommes?

D'où provient ce malaise? Peut-être faudrait-il regarder du côté de la gent masculine, suggère The Independent. Et pour cause: plus de la moitié des hommes interrogés jugent inapproprié que leurs collègues mentionnent ouvertement leurs règles au bureau. Tandis que 44% avouent faire des blagues la supposée mauvaise humeur de leur compagne en période de menstruation.

«Beaucoup de femmes subissent le "period-shame" (la honte des règles) dès leur premier cycle, qui arrive parfois dès l'âge de 8 ans, déplore un porte-parole de Thinx. Ces sentiments seront ensuite renforcés par la société, qui leur demande d'être propres et pures. Et si ce n'est pas le cas, elles ne doivent pas en parler. À personne.»

Les résultats de l'enquête servent d'invitation à faire évoluer les mentalités autour de cette réalité biologique dénigrée. Ce qui doit passer par l'éducation et la tenue de discussions décomplexées, pour permettre de briser le silence nocif dans lequel grandissent chaque année des milliers d'ados. Jusqu'à ce que ce ces dernières puissent assumer et parler librement de leurs flux corporels.

Slate.fr

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