Égalités / Culture

Aux Golden Globes, huit actrices viennent accompagnées de militantes féministes et syndicales

Temps de lecture : 2 min

Les directrices d'associations d'aide aux travailleuses domestiques et agricoles étaient invitées sur le tapis rouge aux côtés de stars d'Hollywood.

Meryl Streep aux Golden Globes avec Ai-jen Poo, la directrice d'un syndicat de travailleuses domestiques, le 7 janvier 2018 à Beverly Hills. | Frazer Harrison / AFP
Meryl Streep aux Golden Globes avec Ai-jen Poo, la directrice d'un syndicat de travailleuses domestiques, le 7 janvier 2018 à Beverly Hills. | Frazer Harrison / AFP

Pour la cérémonie des Golden Globes, de nombreuses actrices (et acteurs) sont venues vêtues de noir pour protester contre les violences sexuelles, un acte «militant» que beaucoup ont qualifié d'un peu vide et facile, une façon pour les stars de se donner bonne conscience à peu de frais.

Mais certaines actrices ont décidé d'en faire plus. Au lieu d'inviter un époux ou un partenaire, huit d'entre elles sont venues accompagnées de militantes peu connues du grand public. Le but était d'arrêter de parler d'Hollywood pour évoquer la situation de femmes moins bien loties que les actrices.

Des «voix collectives»

C'est ainsi que Meryl Streep a marché sur le tapis rouge aux côtés d'Ai-jen Poo, qui a fondé un syndicat pour les travailleuses domestiques aux États-Unis. Grâce à cette organisation, les nounous et femmes de ménages de plusieurs États ont pu obtenir la garantie de certains droits, notamment les congés payés et l'assurance maladie, mais la protection en cas de harcèlement sexuel n'est pas encore une réalité.

L'actrice comique Amy Poehler a invité Saru Jayaraman, qui dirige une organisation de défense des droits des employées de la restauration. Elle défend une augmentation de salaire pour les serveuses, qui doivent souvent subir du harcèlement sexuel dans l'espoir d'obtenir des pourboires.

Quant à Michelle Williams, elle est apparue aux côtés de Tarana Burke, la militante afro-américaine qui a créé le mouvement #MeToo il y a dix ans et qui dirige une organisation qui aide les élèves de quartiers difficiles.

«Notre but en venant aux Golden Globes est de parler des femmes qui ont survécu aux violences et d'évoquer des solutions de long terme, ont déclaré les huit militantes dans un communiqué avant la cérémonie. Ce moment particulier nécessite que nous utilisions nos voix collectives afin de trouver des solutions qui aident toutes les femmes.»

Les autres invitées étaient Monica Ramirez (venue avec l'actrice Laura Dern), qui dirige une association d'aide aux travailleuses du secteur agricole, en grand majorité d'origine latino-américaines, Calina Lawrence (venue avec Shailene Woodley), une militante amérindienne qui défend, entre autres, les droits à l'eau pour la tribu suquamish.

Emma Watson est venue avec Marai Larasi, la directrice d'une association britannique de lutte contre la violence faites aux femmes issues des minorités, Emma Stone avec l'ancienne championne de tennis Billie Jean King, qui a fondé la Women's Tennis Association, et Susan Sarandon avec la journaliste et activiste Rosa Clemente, ancienne candidate du Parti Vert.

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