Monde

Le retour au passeport bleu est le symbole de la Grande Bretagne post Brexit, mais la couleur avait été imposée de l'étranger

Repéré par Fabien Jannic-Cherbonnel, mis à jour le 23.12.2017 à 19 h 21

Repéré sur The Guardian

Le pays vient d'annoncer que ses passeports deviendraient bleu, et non plus bordeaux, après le Brexit. C'était déjà le cas avant l'entrée du pays dans l'Union européenne.

New passport has arrived par Chris Flemming via Flickr.

New passport has arrived par Chris Flemming via Flickr.

Victoire ! Les partisans du Brexit ont obtenu gain de cause : dès 2019, les passeports britanniques redeviendront bleu marine, comme ils l’étaient avant l’entrée du pays dans l’Union Européenne. Tout un symbole pour les partisans de la souveraineté nationale. Sauf que comme l’explique The Guardian, la couleur avait elle aussi été imposée par une entité internationale.

Les mots ne trompent pas, il s’agit bien d’une question d’identité nationale comme l’explique L’Express. Le passeport britannique est actuellement bordeaux et porte la mention «Union européenne». Mais tout changera en 2019, lorsque le Brexit sera effectif. «Le passeport britannique est une marque de notre indépendance et de notre souveraineté, symbole d'une citoyenneté fière de sa grande nation», a ainsi annoncé vendredi Theresa May sur Twitter. 

Sauf que, comme l’explique James E Baldwin, un professeur d’histoire à l’Université de Londres, si le passeport britannique était bleu avant l’entrée du pays dans l’UE, ça n’avait rien à voir avec un quelconque symbolisme national. «Ce passeport bleu “iconique” a été imposé de l'étranger en 1920, par la Ligue des Nations», explique le chercheur. Avant cette date, le document ne consistait que d'une simple feuille. Mais une conférence est alors organisée à Paris pour imposer des normes, afin que ces documents soient reconnus par tous les pays.

Moins libre après le Brexit

Aujourd’hui c’est la même histoire : l’Organisation de l'aviation civile internationale fixe de nombreux détails, dont la forme et la taille du passeport ainsi que les langues utilisées. Les règles limitent toutes fantaisies : la Grande-Bretagne pourrait ainsi décider d’utiliser l’espagnol comme deuxième langue à la place du français, mais pas d’utiliser uniquement l’anglais. 

«Les passeports sont un bon test de souveraineté nationale», note James E Baldwin. «Ces documents en explorent les limites». Il est vrai qu’une fois le Brexit passé, la Grande-Bretagne aura tout loisir de changer ses passeports. Sauf que le pays restera dépendant des Etats-Unis et de l’UE, qui imposent des standards, comme la biométrie. Rien ne changera donc vraiment, à part la couleur de la couverture.

Ironie de l’histoire, les passeports britanniques auraient pu rester bleus sans aucun problème. Si l’UE impose bien des normes, la couleur de couverture n’en fait pas partie : la Croatie a d’ailleurs choisi de garder son document d’une jolie couleur marine. Comme l’explique le Guardian, le choix de passer au bordeaux, s'est surtout fait dans l'objectif de réduire les coûts de production. 

L'opération de changement de couleur coûtera tout de même près de 500 millions de livres. Mais qui sait, peut-être que le Brexit réveillera les volontés créatrices du pays : il y a encore du chemin à faire pour rattraper le passeport norvégien, sûrement le plus joli du monde.

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