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Cette année, c'est le PSG qui s'est fait (et a fait) les plus beaux cadeaux

Temps de lecture : 5 min

Pour les supporters du Paris Saint-Germain, Noël s’est invité en été avec l’officialisation de la venue de Neymar après les trop nombreux cadeaux du club au FC Barcelone à la fin de l’hiver.

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Kylian Mbappe et Neymar lors du PSG-Glasgow Celtic au Parc des Princes à Paris le 22 novembre 2017. | Franck Fife / AFP

Cette année en France, le monde sportif a tourné rond comme une balle de handball. Deux titres de champion du monde, l’un, en janvier, à Bercy pour les hommes, l’autre, en décembre, à Hambourg pour les femmes, ont été l’entame et la conclusion idéales d’une année marquée aussi, au-delà des exploits récurrents de Teddy Riner ou de Martin Fourcade, par l’attribution des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 à la ville de Paris. Pour le sport français, rien n’est plus, à vrai dire, comme avant dans la perspective des six années qui viennent et qui doivent préparer cet événement, celui d’un siècle.

Mais sur l’échelle de Richter des réactions, ou sur ce Space Mountain des commentaires que sont les réseaux sociaux, le Paris Saint-Germain a occupé une place de choix en 2017: sans doute même la première au regard de l’impact colossal du sport n°1, le football, inégalable et inégalé. Entre son élimination rocambolesque, en mars, lors des huitièmes de la Ligue des Champions face au FC Barcelone, et la venue médiatisée jusqu’à l’hystérie, en août, de Neymar à travers le transfert le plus cher de l’histoire du football, le club parisien n’a pas fait dans la demi-mesure. Plaisir d’offrir…

Cadeaux en pagaille faits au FC Barcelone qui ne pouvait pas imaginer une qualification après s’être incliné 4-0, trois semaines plus tôt, au Parc des Princes, avant une «remontada» historique au Camp Nou qui ne savait plus s’il fallait rire ou pleurer à la vue d’une formation parisienne liquéfiée et balayée 6-1 comme une équipe de fin de classement en Liga. Cadeau somptueux fait à soi-même, en guise de petite revanche posthume, en arrachant Neymar au même FC Barcelone pour la bagatelle de 222 millions d’euros. Cadeau presque superfétatoire avec le recrutement, pour 180 millions d’euros, de Kylian Mbappé, alors âgé de 18 ans, venu du club rival de Monaco qui avait privé le PSG du titre national en mai. Tout s’achète, à commencer par ceux qui vous ont causé vos plus gros malheurs lors des mois écoulés…

Transferts délirants

Pour la Ligue 1, et donc pour le sport français, plus rien, là non plus, ne pouvait être comme avant avec le Père Noël venu du Qatar. Pour le football international également à travers un marché des transferts devenu délirant au cours de l’été sans qu’on puisse imaginer qu’il soit en mesure de rééditer semblable niveau de transactions à brève échéance. Mais avec le PSG, qui sait, en dépit des menaces pesant sur sa tête dans le cadre du fair-play financier

Le Paris Saint-Germain aurait-il convoité Neymar avec la même passion et avec autant d’arguments sonnants et trébuchants si un tel accident industriel n’avait pas eu lieu en Catalogne le 8 mars dernier? La question demeurera sans réponse comme l’énigme posée par cet effondrement inhabituel à un niveau professionnel aussi élevé: trois buts encaissés à partir de la 88e minute, dont deux de Neymar qui allait donner ensuite le but de la victoire à Sergi Roberto, il fallait presque vouloir le faire exprès face une équipe barcelonaise pourtant loin de son lustre le plus éclatant comme allait le prouver, plus tard, son échec, sans appel, face à la Juventus de Turin.

L’excuse d’un arbitrage plus que discutable était à peine recevable même si Neymar, si prompt à se retrouver par terre comme l’attestent d’ailleurs ses récentes rencontres avec le PSG, avait réussi à l’ensorceler à sa manière. Marco Verratti trancha le débat auprès de France-Football: «Nous avons perdu 6-1. Ce n’est pas à cause de l’arbitre.» La faillite d’un soir de joueurs comme Thiago Silva, Thomas Meunier et Adrien Rabiot, ne fournissait qu’une partie des éléments d’un cas d’école trop énorme, trop irrationnel, pour être totalement explicable et expliqué. «Ce qui est arrivé sur le terrain est une expérience négative, avait conclu Unai Emery, l’entraîneur espagnol du PSG. Individuellement, nous avons perdu une belle occasion de grandir.»

Un PSG fidèle à son histoire chaotique

Aujourd’hui, le club parisien poursuit sa croissance, avant tout économique. Sur le plan sportif, on est à peine plus avancé. Certes, le titre en Ligue 1 paraît pour ainsi dire déjà acquis avec une avance de neuf points à la trêve sur Monaco et Lyon. Mais deux échecs consécutifs, contre Strasbourg en Ligue 1 et le Bayern de Munich en Ligue des Champions, ont semé le doute dans nombre d’esprits. Imprévisible par nature, le PSG a été fidèle, en quelque sorte, à son histoire chaotique. Et en Europe, il impressionne ou fascine moins que Manchester City, le club que Pep Guardiola mène à la baguette d’un incomparable chef d’orchestre. Manque-t-il un grand entraîneur au PSG qu’il finira par acheter comme tout le reste? Et d’ailleurs, pourquoi avoir gardé un coach marqué au fer rouge de ce 6-1 infâmant que la presse spécialisée rappelle sans cesse comme on appuie là où ça fait (très) mal?

Patrick Grosperrin, préparateur mental de très haut niveau en France, qui a notamment emmené le perchiste Jean Galfione et le skieur Jean-Luc Crétier vers l’or olympique en travaillant auprès de clubs de football de premier plan, soutient Unai Emery avec conviction:

«Je pars toujours d'un des principes que j'ai identifié dans mon métier: "Qui a pu pourra!" Donc pour moi, les trois Ligues Europa consécutives gagnées par Emery avec le FC Séville prouvent qu’il est capable de bien gérer des matchs importants, même s’il n'est probablement pas le plus grand coach de l'histoire. Il a au moins l'intelligence de faire jouer les joueurs à leurs meilleures places. Exemple: alors que c'est la mode des pieds inversés –ce que je trouve totalement aberrant, car on est alors incapable de déborder et de centrer avec précision–, il met Mbappé à droite, ce qui lui permet, entre autres, d'utiliser sa vitesse –tu pousses le ballon et "en avant toute!"– et de faire des centres au cordeau comme contre Caen avant la trêve.»

Au pied du sapin 2017, le Paris Saint-Germain vient, hélas, de découvrir un cadeau bien empoisonné avec un tirage au sort diabolique qui a placé le Real Madrid, tenant du titre de la Ligue des Champions, sur sa route dès les huitièmes de finale de la compétition. Si le club est éliminé le 6 mars par Zinedine Zidane, icône nationale, par Cristiano Ronaldo, toujours présent et efficace dans les gros matches, et par Karim Benzema, qui sera animé par un énorme esprit de revanche contre une équipe française, il est probable que les Parisiens entreront dans une zone dépressionnaire dont les proportions seront médiatiquement importantes et longues. Une nouvelle révolution de palais, à Doha et à Paris, sera alors en marche. Mais pas si vite… «Emery ne me semble pas un frein dans la conquête de la Ligue des Champions, répète Patrick Grosperrin. Aux champions qui sont sur le terrain à de faire le job et le PSG les a, techniquement et mentalement.» Et ça, évidemment, ça n’a (presque) pas de prix…

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Yannick Cochennec Journaliste

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