Santé

Le charme très relatif d'une attaque de panique

Temps de lecture : 2 min

[BLOG] Une attaque de panique, c'est mourir un peu, souffrir beaucoup avant de renaître à la vie.

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Flickr/Feral78

Il n'existe pas pire souffrance que de souffrir d'attaque de panique. Ceux qui n'en ont jamais éprouvé ne connaissent pas leur bonheur et ceux qui ont vécu dans leur chair cette apoplexie de l'angoisse conjurent le ciel de les épargner d'un nouvel assaut.

C'est qu'une attaque de panique plonge l'individu dans un état de terreur tel qu'il parvient à se persuader que sa dernière heure est arrivée. Paralysé d'effroi, l'esprit en déroute, le corps supplicié, le cœur martyrisé, impuissant à se soustraire à cette angoisse qui le recouvre tout entier, comme un linceul jeté sur un coin de son âme, il lui faut admettre que sa vie va s'achever là, maintenant, de suite, dans une cage d’ascenseur, au beau milieu d'une avenue, à l'arrière d'une voiture, dans un décor familier devenu soudain hostile où tout a le visage blafard de la mort.

Horreur à la mesure de nerfs de géants!

Dira-t-on alors l'effroi de celui qui en vient à subir pareil traumatisme, la pâleur de son sang, la rigidité de ses membres, le trouble de son regard, la sécheresse de sa bouche, l'affolement de son cœur et cette peur –mon dieu cette peur!– qui s'engouffre dans les couloirs de l'esprit, éteint toutes lumières, étrangle raison et discernement pour mieux proclamer la fin de toute chose.

Il faut l'avoir vécue au plus profond de son être pour comprendre la nature et l'intensité de cette crise qui soumet le corps, l'âme, le corps et l'âme ensemble, à un supplice d'autant plus grand qu'elle intervient le plus souvent sans signe annonciateur, dans la parfaite tranquillité d'un acte de la vie quotidienne réalisé un si grand nombre de fois qu'on l'accomplit le plus souvent sans réfléchir.

Sauf cette fois où, pour une raison inconnue –peut-être une mauvaise nuit, un souvenir inopportun, une vague tracasserie, un début de fatigue existentielle– les choses ne se passent pas comme prévues: c'est comme un roulement de tambour qui surviendrait dans un ciel serein, les premiers nuages apparaissent au loin, le tonnerre se met à gronder, l'esprit se cabre; et dans le hurlement d'éclairs déchaînés, au beau milieu d'une pluie d'acier, parmi le déferlement de pensées morbides, l'attaque de panique survient, monstrueuse, tellurique, sorte d'oiseau immense dont les ailes atrocement déployées viennent cogner contre les portes de la raison alors battue en brèche.

Courir, fuir, se fuir, fuir l'ombre de la mort, échapper à cette étreinte qui menace de tout emporter sur son passage, prier, supplier, vaciller, se sentir partir, crier, protester, se rebeller, se raisonner, pleurer, réunir ce qu'il reste de forces en soi pour s'extirper de ce marécage où peu à peu nous sombrons, ensevelis sous les draps mortuaires d'une angoisse ressentie comme une damnation, comme une malédiction, comme une crucifixion.

Et quand elle finit par passer parce qu'elle ne triomphe jamais cette garce, revenir doucement à la vie, sentir ses forces renaître, goûter à nouveau à l'ivresse de la vie qui va, à la renaissance de ce cœur qui se se remet à palpiter, à la résurrection de cet esprit qui reprend possession de ses terres et chante à nouveau la douce musique de l'espérance.

Jusqu'à la prochaine, jusqu'à la prochaine!

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Laurent Sagalovitsch romancier

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