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Les artistes ne sont pas meilleurs lorsqu'ils sont déprimés

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 21.12.2017 à 11 h 53

Repéré sur Atlas Obscura

Une étude montre que les tableaux peints lorsqu'un artiste est en période de deuil ont en moyenne moins de valeur que les autres.

Champ, par Vincent Van Gogh | JOEL ORMSBY via Flickr CC License by

Champ, par Vincent Van Gogh | JOEL ORMSBY via Flickr CC License by

Deux économistes américains ont voulu examiner le stéréotype de l'artiste qui crée ses chefs-d'œuvre en état de souffrance psychique intense. Pour cela, ils ont examiné le prix de vente de 15.000 tableaux recensés dans des bases de données et ont regardé à quelle période de la vie d'un artiste ceux-ci avaient été réalisés.  

Leur analyse, publiée dans la revue Management Science sous le titre «Mort, deuil et créativité»révèle que les tableaux peints en période de deuil d'un proche ont moins de valeur que ceux qui étaient créés pendant les autres périodes. La différence de prix estimée allait jusqu'à 35% moins cher pour les peintures en période difficile. Et il ne s'agit pas que d'une question de prix: les œuvres peintes en période morose étaient moins susceptibles de faire partie des collections de grands musées.

«Notre analyse montre que pendant l'année suivant la mort d'un ami ou d'un proche, les artistes sont en moyenne moins créatifs qu'à d'autres moments de leurs vies, écrit Kathryn Graddy, une des auteures de l'article. Les peintures créées dans l'année qui suit la mort d'un proche se vendent beaucoup moins cher aux enchères que celles qui ont été créées à d'autres moments de la vie d'un artiste».

Et en période dépressive?

 

L'étude prend en compte des œuvres peintes par 33 artistes français impressionnistes et 15 artistes américains du début du XXe siècle, dont Cézanne, Degas, Gauguin, Pollock et Rothko. 

Si certaines observations anecdotiques semblent contredire leur thèse –la célèbre Période Bleue de Picasso fait suite au suicide d'un de ses amis proches–, le cas de Claude Monet se rapproche de leur analyse: les années de la mort de sa mère, de son père, de ses deux premières femmes et d'un de ses fils, Monet n'a peint aucun de ses tableaux les plus célèbres. 

Une des limites de l'étude est que seules les périodes de deuil sont prises en compte dans l'analyse, pas de potentiels états dépressifs liés à d'autres causes. 

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