Égalités / Économie

Après 50 ans, les femmes sont plus ambitieuses et réussissent mieux que jamais au travail

Temps de lecture : 2 min

Désormais débarrassées des contraintes familiales, elles sont nombreuses à épouser une seconde carrière plus fructueuse.  

Jessica Pearson (interprétée par Gina Torres, bientôt 50 ans), dans la série «Suits».
Jessica Pearson (interprétée par Gina Torres, bientôt 50 ans), dans la série «Suits».

Passé 50 ans, de plus en plus de femmes connaissent la période la plus prolifique de leur carrière. C'est ce qui ressort des statistiques récemment publiées par Barclays Business, et d'après lesquelles le nombre de femmes de plus de 55 ans développant des projets de start-up a augmenté de 67% entre 2006 et 2016. Celui des cheffes d'entreprise âgées de plus de 65 ans a quant à lui grimpé de 132%.

Comment s'explique cette tendance? Tout d'abord, souligne Emma Kenny, psychologue britannique et fondatrice du Healthy Social Network, il s'agit d'une réponse logique aux évolutions économiques et sociétales:

«Auparavant, les femmes âgées de plus de 50 ans étaient considérées comme “dépassées”, et promises à un avenir reposant essentiellement sur leur rôle de grand-mères. En 2017, ce n'est plus le cas. L'image de la femme au foyer désormais dédiée à son époux (qui, lui, gravit encore les échelons) n'est tout simplement plus pertinente du point de vue économique.»

Et pour cause: plus de 64,2% des femmes âgées entre 50 et 64 ans travaillent encore, contre 41,9% en 1985, rapporte The Telegraph. Davantage intégrées sur le marché de l'emploi, ces dernières prennent, comme les hommes, leur retraite de plus en plus tard.

Les «revenantes»

Mais cette évolution traduit également un changement progressif des mentalités: «les femmes ont découvert d'autre sources d'épanouissement, et choisir sa carrière plutôt que sa famille est désormais acceptable», poursuit Emma Kenny. Celles qui, nombreuses, ont donné la priorité à la maternité puis à l'éducation de leurs enfants, peuvent entamer un nouveau départ à 50 voire 60 ans. Désormais «débarrassées» des contraintes familiales car leur progéniture a grandi, et/ou parce qu'elles sont divorcées, celles que l'on surnomme les «returners» (les revenantes) se concentrent alors de nouveau sur leur vie professionnelle. Et parfois mieux que jamais.

S'il n'est certes pas évident de retrouver un emploi au-delà de 45 ans, selon les chiffres français de Pôle Emploi, les femmes entrepreneures, à la cinquantaine, jouissent de qualités qu'elles n'avaient pas forcément –ou pas autant– à la trentaine, et qui se transforment en véritables atouts. À savoir: plus d'expérience et d'expertise, plus de flexibilité, plus de confiance en elles, plus d'autorité. Les rapports de force au sein de l'entreprise s'en verront donc potentiellement modifiés en leur faveur.

«Je pèse, maintenant. J'ai un pouvoir et une assurance qui me surprennent», confie Kedge Martin, 51 ans et fondatrice d'une entreprise qui accompagne les «personnes d'âge mûr» dans leur reconversion professionnelle. Comme elle, nombreuses sont celles qui souhaitent «explorer d'autres horizons», réaliser d'anciens rêves professionnels et exercer le métier ou obtenir le poste auquel elles ne pouvaient jusque-là pas prétendre. Une phase «excitante, brillante et vibrante» de leur vie.

Une démarche courageuse

Bien sûr, tout n'est pas toujours rose. Défier à la fois le sexisme et l'âgisme suppose énormément de courage et de volonté. Et, si besoin, de mettre –temporairement!– son orgueil de côté, précise Louise Chuun, qui était éditrice chez Vogue avant de fonder, à 57 ans, un centre de psychothérapie ainsi qu'un site internet dédié au bien-être, Welldoing.org.

«J'étais pitoyable avec tout ce qui touchait à la technologie. J'étais le genre de femmes qui devait faire appel “aux jeunes” lorsque j'avais un problème avec mon téléphone. J'ai dû faire un stage auprès d'une de mes anciennes stagiaires. Il faut assumer. S'en foutre d'avoir l'air d'être leur mère. Ou d'être la seule à dans la pièce à ne pas porter de baskets.»

Pour encourager les femmes qui, comme Louise ou Kedge, souhaitent franchir le pas, la psychologue Emma Kenny livre quelques conseils, à retrouver sur The Telegraph.
Parmi eux: «Portez votre âge comme une distinction honorifique. Les autres finiront eux aussi par le percevoir de la sorte»; «N'essayez pas de rivaliser avec les employés plus jeunes, démarquez-vous»; «Restez toujours à la page en matière de technologies et d'innovations dans votre secteur». Et de conclure: «Il vous reste encore plein de rêves à réaliser. Soyez passionnées!»

Newsletters

Le confinement a provoqué une explosion des mariages d'enfants en Inde

Le confinement a provoqué une explosion des mariages d'enfants en Inde

 «Le Covid-19 a fourni un terreau idéal pour que ce mal social prospère», commente une responsable de la protection sociale.

Serait-ce donc possible que l'exécutif se foute des combats féministes?

Serait-ce donc possible que l'exécutif se foute des combats féministes?

Donner une promotion à un homme poursuivi pour une plainte pour viol, nous pouvons convenir que ce n'est pas tout à fait un bon signal envoyé aux victimes.

La Réunion déboulonne ses statues colonialistes

La Réunion déboulonne ses statues colonialistes

Un peu partout dans le monde, des statues sont déboulonnées, des rues rebaptisées... À La Réunion, ces événements font écho à des problématiques plus larges liées à l’identité et la culture créole.

Newsletters