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Préparez-vous à une déferlante de hot-dogs dansants

Temps de lecture : 4 min

Une nouvelle tendance s’annonce en 2018: les mèmes animés créés par vos soins.

Illustration de Slate. Images de Snapchat et Thinkstock.
Illustration de Slate. Images de Snapchat et Thinkstock.

Depuis celui du bébé qui danse, venu ravir nos écrans il y a plus de vingt ans, les mèmes ont vu leur forme se diversifier et leur popularité augmenter à mesure que des outils sont apparus pour nous permettre d’en créer nous-mêmes.

Avec des compétences de base en Photoshop, créer des photos et des images statiques, telles que les mèmes composés de texte superposé à une image, désormais omniprésents, est un vrai jeu d’enfants. Giphy propose également une véritable mine de mèmes de style GIF et les forums de discussion sur internet comme Reddit sont une source constante de nouveau contenu viral. Mais avec la réalité augmentée, les mèmes s’aventurent dans une toute nouvelle sphère: le monde réel.

Snap –maison mère de l’application Snapchat– vient de lancer Lens Studio, une application de bureau qui vous permet de créer vos propres filtres Snapchat. Commencez par télécharger votre illustration –une image en 3D que vous aurez créée à l’aide d’une autre application avant de l’importer dans Lens Studio–, puis servez-vous du programme de Snap pour animer votre création en lui appliquant des effets de mouvement et des déclencheurs d’animation. Il ne vous reste plus qu’à envoyer votre création! Si Snapchat l’approuve, vous recevrez un Snapcode que vous pourrez partager avec vos amis et followers.

Snapchat en tête, Facebook et Instagram en embuscade

Des filtres géolocalisés ont déjà été créés par des utilisateurs, mais avec les Snapcodes, ces codes QR idéalisés, les filtres proposés seront différents. Un filtre géolocalisé ne peut être utilisé que dans une région spécifique, ce qui limite son potentiel viral. En revanche, avec un Snapcode, un filtre pourra être partagé avec des amis, des amis d’amis et des contacts se trouvant plus ou moins loin. Et telle est la clé pour donner à une création le statut du mème.

Snap y travaille depuis un certain temps. La société a lancé et popularisé le filtre en réalité augmentée en commençant par proposer des options pour les selfies, telles que le filtre du chien, qui vous colle une truffe et des oreilles sur le visage, ou celui de la couronne de fleurs.

Depuis, Facebook et Instagram s’y sont mis et proposent des filtres similaires. Pendant ce temps, Snapchat continue de développer sa gamme de filtres en réalité augmentée. Les «World Lenses», ces filtres que les utilisateurs peuvent désormais créer à l’aide de Lens Studio, introduisent des animations ou des graphismes dans le monde qui vous entoure (capturé par la caméra arrière de votre téléphone). Le résultat peut être charmant ou, le plus souvent, incroyablement ridicule.

C’est ce qui s’est passé avec le premier mème en réalité augmentée de Snapchat, le hot-dog dansant propulsé sous les feux des projecteurs l’été dernier. Cette simple animation en 3D représentant un hot-dog en train de faire du break dance s’est frayé un chemin jusqu’aux cœurs (et aux fils Twitter) de nombreux utilisateurs Snapchat. Dans ce cas précis, c’est Snapchat qui avait créé le hot-dog dansant, mais avec Lens Studio, les utilisateurs de l’application pourront donner naissance à des dizaines, voire des centaines, de nouveaux mèmes en réalité augmentée.

Une viralité trop limitée?

Néanmoins, la réussite de Snapchat en tant que plateforme de mèmes dépendra de l’accueil que recevra Lens Studio. Snapchat a essayé de créer une application très facile à utiliser et, après un premier essai, celle-ci a en effet l’air plutôt simple. La création de filtres sera sans doute plus aisée pour les utilisateurs ayant des connaissances en création 3D et en programmation, mais les débutants ne seront pas en reste: ils pourront apprendre et s’entraîner. (Vous ne saurez donc pas tout de suite si vous avez un don pour créer des graphismes charmants ou bizarres en réalité augmentée, et s’ils seront dignes d’être partagés…) Bien sûr, ce ne sera pas aussi facile que de copier-coller du texte sur une image de Willy Wonka, mais au départ, la création du mème le plus basique intimidait les utilisateurs.

Snapchat pourrait toutefois rencontrer un problème avec la viralité de ses filtres sur le plan du partage. Jusqu’à maintenant, vous pouviez partager des mèmes intégrés à un site Web ou un Tumblr, dans des messages, des e-mails et sur les réseaux sociaux. Par nature, Snapchat est plus insulaire, mais cela ne devrait pas vraiment poser problème: de nombreux utilisateurs exportent déjà leurs snaps vers la bibliothèque d’images de leur téléphone pour les publier sur d’autres réseaux sociaux ou en effectuant des captures d’écran (bien qu’on tente de les dissuader de le faire). Et si Snapchat n’a pas le gabarit de Facebook, l’application constitue bel et bien un réseau social à part entière.

Gare à la récupération

L’avenir du mème en réalité augmentée pourrait rencontrer un autre obstacle si les publicitaires et les marques récupèrent la création de filtres. Si vous examiniez les filtres disponibles pour votre snap et tombiez uniquement sur le logo Apple ou un hamburger McDonald’s parlant, vous risqueriez de ne plus trouver la plateforme aussi amusante pour créer des mèmes. Pour le moment, Snap a su équilibrer la part de contenu proposé par les utilisateurs et celui des marques, et pour tout vous dire, la perspective d’un hamburger parlant dans mes snaps n’est pas si déplaisante.

En fin de compte, l’engouement suscité par le hot-dog dansant l’été dernier n’est qu’un aperçu de ce que l’avenir nous réserve. Maintenant que les développeurs et les créatifs peuvent proposer leurs propres créations, la porte est ouverte à tout un monde de mèmes en réalité augmentée.

Christina Bonnington Journaliste spécialisée en nouvelles technologies

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