Sciences / Monde

Une équipe composée exclusivement de femmes pour lutter contre le braconnage au Zimbabwe

Temps de lecture : 2 min

La Fondation internationale de lutte contre le braconnage entraîne des femmes à devenir des rangers de la protection de la vie sauvage.

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Décorner les rhinocéros, l'une des solutions au braconnage au Zimbabwe pratiquée en 2010, ici par WWF II DESMOND KWANDE / AFP

Des femmes vêtues de treillis, en pleine séance d'entraînement ou même arme au poing; une série de photos publiée dans le Guardian montre le quotidien de la communauté Akashinga, au Zimbabwe. Ce programme est actuellement développé par la Fondation internationale de lutte contre le braconnage (IAPF), dans le but d'éduquer et d'entraîner des femmes à protéger leurs terres et les animaux qui y vivent.

L'IAPF voit dans ce programme une «alternative» aux «solutions occidentalo-centrées» de la lutte contre le braconnage, souvent basées sur un paradigme militaire, et surtout, réservées aux hommes. Dans la communauté Akashinga, au contraire, ne sont acceptées que des femmes, et pas n'importe lesquelles, précise le site de l'IAPF: «La sélection est ouverte exclusivement aux mères célibataires sans emploi, aux épouses abandonnées, aux travailleuses du sexe, aux victimes d'abus sexuels ou physiques, aux femmes de braconneurs emprisonnés, aux veuves et aux orphelines.» À travers ce programme, la Fondation souhaite à la fois redonner du pouvoir à ces femmes marginalisées, et garantir la protection des terres sur lesquelles elles et leurs familles vivent.

«Le braconnage a été une source de sécurité et de revenus à travers l'Afrique durant des dizaines d'années», rappelle la Fondation. S'il semble nécessaire de lutter contre ce phénomène, il est aussi important d'accompagner les populations dans cette transition. En intégrant des femmes issues de zones rurales dans son programme de protection de la nature, l'IAPF prépare de manière plus saine cette reconversion, en ne laissant pas les habitants à l'écart. Pourquoi faire appel à des femmes en particulier? «Dans les zones rurales de l'Afrique, une femme avec un salaire investit dans sa famille trois fois plus qu'un homme», constate la Fondation. Et selon Damien Mander, à la tête de l'IAPF, «les femmes disposent d'une certaine ténacité»:

«Une résilience calme que je ne m'explique pas [...] Ce que je sais, c'est que ça marche, et ces femmes, sélectionnées avec soin et bien entraînées, ont la fougue nécessaire pour changer l'avenir de la conservation pour toujours».

Ces femmes reçoivent le même entraînement que les hommes rangers, et devraient, d'ici 2030, être 2.000 à veiller au respect de la biodiversité en Afrique.

Slate.fr

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