Culture

Rachat de Fox par Disney: un choc des cultures à l'horizon

Temps de lecture : 2 min

Disney va devoir s'adonner à un délicat exercice d'équilibrisme pour faire cohabiter le registre décalé de Fox avec ses productions maison. 

Les Griffin de «Family Guy», 20th Century Fox (gauche) / Jasmine d'«Aladin», Disney (droite)
Les Griffin de «Family Guy», 20th Century Fox (gauche) / Jasmine d'«Aladin», Disney (droite)

Quand Family Guy rencontre Mickey Mouse. L'annonce du rachat par Disney d'une grande partie de 21st Century Fox, ce jeudi 14 décembre, sonne comme un véritable Big Bang dans le secteur du divertissement mondial et soulève déjà de nombreuses interrogations.

L'acquisition ne risque-t-elle pas de donner lieu à un clash des cultures au sein du géant américain?

Programmation éclectique voire alternative

C'est en tous cas ce que redoute le LA Times, qui ironise sur la compatibilité du personnage de Stewie Griffin, de la série animée Family Guy, avec la firme de dessins animés pour enfants:

«Le mioche grande gueule de la série Family Guy est un trublion dont le langage grossier et les machinations diaboliques lui causeraient de se faire immédiatement expulser du Royaume Magique [de Disney]. Mais grâce à la décision révolutionnaire de Disney d'acquérir 21st Century Fox, [...] Stewie pourrait bientôt devenir un proche collègue d'Aladin.»

21st Century Fox, rappelle le journaliste américain David Ng, appartient à 20th Century Fox, l'une des plus grandes sociétés de production cinématographique. La même qui se démarque, entre autres, pour ses choix éclectiques –pour ne pas dire alternatifs– en matière de programmation.

À savoir: son penchant pour les séries «dark» comme American Horror Story ou grivoises et satiriques à l'image des Simpsons, mais également ses films violents comme Deadpool et Logan, interdits aux moins de 17 ans outre-Atlantique. Un style difficilement conciliable avec l'esprit bon enfant et tout public d'une grande partie des oeuvres de Disney.

Certains experts de l'entertainment, rapporte le LA Times, voient mal comment cette union pourrait être menée à bien sans que ne soit gommé le registre incisif et moins conventionnel de Fox. D'autres prédisent une lente mais nécessaire adaptation de cette dernière à l'image lisse de Disney.

Le tournant du streaming

Les observateurs s'accordent en tous cas sur un constat: cette opération, estimée à 66,1 milliards de dollars, traduit la volonté de Disney de survivre face au monstre Netflix en s'attaquant à son tour au streaming, comme l'explique Les Échos:

«Les services de vidéo à la demande [...] ont provoqué un véritable bouleversement sur le marché du câble aux États-Unis, en grignotant des parts de marché aux chaînes de télévision longtemps toutes puissantes et qui restent vendues par abonnement à des prix très élevés.»

Mais pour se jeter dans le grand bain du streaming, les studios Disney devront d'abord trouver un moyen de faire cohabiter l'univers des films d'animations pour jeune public –renforcé par l'acquisition de Pixar en 2006– et le catalogue moins «family-friendly» de Fox.

Un exercice qui s'annonce délicat alors que FX et FXX, deux chaînes de cette dernière, «se sont faites acclamées par la critique et ont été récompensées pour leur programmation audacieuse», commente Todd Juenger, analyste auprès de la compagnie d'investissement Berstein & Co.

«Elles regorgent également de violence, d'un langage et de thématiques sexuelles qui ne sont absolument pas compatibles avec la “marque” Disney.»

Pour Tom Nunan, producteur et conférencier à l'université à la UCLA School of Theater, c'est justement cette transition vers le streaming qui contraindra Disney à élargir sa gamme et développer «une plus grande variété de contenus qui iront au-delà de Pixar».

L'industrie attend donc la firme au tournant, alors même que débutera, en janvier prochain sur la chaîne FX, The Assassination of Gianni Versace: American Crime Story. Une série inédite qui, selon le LA Times, est un joyeux mélange de scènes de crimes gores, drogues et prostitution masculine.

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