Jamais sans mon sous-titre
Les «fansubbers», traducteurs amateurs et passionnés, ruinent leurs nuits à sous-titrer les séries téléchargées.
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On les appelle des «fansubbers» - de «fan» et «subber», «sous-titreur», tout simplement. Ça fait un poil geek, mais ça sonne beaucoup mieux que «sous-titreurs pirates», une appellation aussi offensante qu'inappropriée selon eux. Ils sont plusieurs centaines en France, de Paris à Clermont-Ferrand en passant par Brest, capables de passer des journées entières scotchés devant une transcription de dialogues de séries... pour la simple beauté du geste.
Au départ confidentielle, réduite à une poignée de sites, la pratique n'a cessé de se développer ces cinq dernières années, parallèlement à l'explosion de la consommation des séries. «Au départ, ça a été le travail d'une élite, et plus les séries sont devenues populaires, plus le sous-titrage s'est démocratisé, explique Nicolas, alias Alconis, ancien fondateur de seriessub.com. Avec la multiplication des participations et des avis, la qualité des sous-titres a fini par atteindre, sur certaines séries, un niveau professionnel.»
De grands malades
Qui sont ces fansubbers? Ceux qui ont bien voulu nous répondre sont majoritairement informaticiens, mais jurent que c'est Monsieur-tout-le-monde qui s'y colle. «Les fansubbers viennent d'horizons très différents, analyse Christophe, alias Collioure. L'activité étant chronophage, il y a pas mal d'étudiants, mais aussi des professions libérales ou des enseignants... La principale «team» que j'anime compte par exemple 23 personnes, dont neuf étudiants et quatorze actifs allant du réceptionniste en préfecture au contrôleur aérien...» Difficile de chiffrer exactement l'importance de cette communauté tant elle évolue en permanence - on peut devenir fansubber du jour au lendemain, et partir sans donner d'adresse.
Pour autant, aussi virtuelle soit-elle, elle n'en demeure pas moins humaine, fédération de passionnés oblige. «Nous finissons par nous connaître, voire par nous rencontrer, nous travaillons en équipes (les «teams», ndlr.), c'est donc une vraie aventure humaine», explique Dorothée, alias mpm.
Une «aventure humaine» qui demande un sérieux engagement de la part des «subbers», qui reconnaissent volontiers être de grands malades. «Au plus fort de ma vie de subbeuse, je sous-titrais dix séries par semaine, se souvient mpm. Il y a une vraie maladie du subber ! Au début, on trouve ça génial, on en veut toujours plus, on charge la mule au maximum, jusqu'à ne plus pouvoir gérer... A une époque, je terminais à 5h du matin pour reprendre à 8h... j'avais trop envie de subber ! C'est une vraie drogue ! Au final, je me retrouvais à ne même plus voir de séries pour moi, pour le plaisir...»
1 épisode, 3 jours, 7 personnes
Détaillons avec elle le processus du fansub pour bien saisir la charge de travail qu'il implique. Pour un épisode de True Blood, excellente série vampirique d'HBO diffusée les dimanches soirs aux Etats-Unis, voilà à quoi cela ressemble:
La vidéo sort vers 3 ou 4h du matin le lundi matin. On la récupère en ligne. Vers 8-9h, on récupère un transcript, c'est à dire la retranscription des dialogues de la série dans sa version pour sourds et mal entendant - le plus dur à trouver. Ce sont souvent des Américains ou des Chinois qui mettent la main là-dessus. On sait où les trouver, et il y a un réseau international de fansubbers. Je suis en contact avec des Hongrois, des Italiens, etc. Il faut ensuite nettoyer le texte des indications pour sourds et malentendant, et recaler tous les sous-titres en VO sur la vidéo, en respectant des normes de durée des sous-titres et de longueur de phrases - que l'œil ait le temps de lire les sous-titres. On appelle ça la synchronisation, et il faut deux à cinq fansubbers pour la faire. Ça prend environ une journée. Ensuite, on répartit les sous-titres vers d'autres fansubbers, qui vont être chargés de la traduction.
Sur True Blood, ils sont cinq, qui font dix minutes de série chacun, puis se relisent les uns les autres pour être sûr qu'il n'y a pas de fautes. Enfin, les textes remontent vers le sommet de la team, pour une relecture finale - pour optimiser le sous-titre, le rendre plus fluide, l'harmoniser, faire qu'il colle au ton des personnages. Au total, il nous faut en moyenne trois jours et sept personnes pour un épisode d'une heure.
Pourquoi diable passer autant de temps sur un ouvrage aussi laborieux, qui plus est pour pas un centime? «Le plaisir du travail en équipe, la convivialité, la technicité, l'apprentissage des deux langues car on progresse autant en français qu'en anglais... et bien évidemment la joie de faire partager dans les meilleures conditions possibles, à de nombreuses personnes, des œuvres qu'on apprécie», répond Collioure. «Pour moi, il y a là un vrai enjeu intellectuel, poursuit mpm. J'aime la langue française, et je prends un immense plaisir à trouver la bonne formule, à utiliser les bons mots. De même, certaines séries ne seront jamais visibles en France, donc jamais traduites et accessibles pour ceux qui ne sont pas bilingues. Nous pouvons y remédier.»
Cette démarche «militante» revient dans les arguments de tous les fansubbers. «Nous essayons juste de faire changer les mentalités, à notre petit niveau, soutient Alconis. Nous luttons pour que les textes originaux des séries soient respectés, pour, par exemple, qu'une œuvre crue ou violente ne soit pas édulcorée par les sous-titres français grand public qui seront faits pour sa sortie en DVD...»
Pirate cherche emploi de traducteur.
La finalité des sites de fansub? Disparaître, être remplacés par des offres légales réactives aux diffusions américaines et abordables - autant dire, à l'heure actuelle, une utopie. «Nous militons pour le développement de la VOD, insiste Alconis. Nous voulons changer les modes de consommation des séries.» Ainsi, lorsque TF1 Vision a annoncé, il y a deux ans déjà, que des séries comme Lost ou Heroes seraient disponibles le lendemain de leur diffusion américaine, la majorité de ces sites a cessée de sous-titrer les séries concernées. Une façon efficace de prouver leur bonne volonté, et de faire taire les accusations de piratage qui planent sur eux. Régulièrement attaqués par les éditeurs de DVD ou par les boîtes de sous-titrage professionnel, les fansubbers se défendent d'être de simples «pirates.»
«Certaines choses utiles, avant d'être reconnues comme telles, sont considérées comme illégales, argumente Alconis. Au fond, on sait qu'on prend un risque, mais pour faire changer les choses. Que certains veuillent nous appeler «pirates», c'est leur droit, mais on ne se sent pas cet esprit là.» «Je ne me considère pas comme une pirate, renchérit mpm. Nous avons toujours fait en sorte de retirer nos sous-titres dès qu'une offre légale est proposée, DVD ou autre. Nous n'avons rien à cacher. Nous sommes d'ailleurs facilement traçables sur internet.» «Par définition, nous sommes des pirates, reconnaît Collioure. Nous adaptons une œuvre dont nous n'avons pas les droits. C'est strictement contraire au principe du droit d'auteur. Pour autant, nous nous efforçons de respecter, voire de promouvoir les œuvres que nous sous-titrons. Surtout, nous considérons que notre travail est nécessaire, car ce que nous proposons n'existe nulle part ailleurs.»
Souvent régies par des chartes copiées sur les sous-titreurs professionnels, les sites de fansub sont même devenus, pour certain, un moyen de se faire la main avant de tourner pro. «Certaines boîtes de sous-titrage nous reprochent d'avoir une responsabilité dans la chute des ventes de DVD. D'autres, à l'opposé, nous disent que nous aidons à démocratiser les sous-titres... et finissent par embaucher des gens qui ont commencé chez nous et se sont même servi de leurs travaux de fansubbers dans leur CV», s'amuse Alconis.
Rouage du téléchargement pirate des séries ou garants d'une offre culturelle alternative, les fansubbers s'adaptent aux évolutions de la toile, dialoguent avec les ayant droits comme peu de ceux responsables de la mise en ligne des séries elle-même semblent pouvoir le faire... et espèrent, malgré le plaisir qu'ils ont à sous-titrer, pouvoir un jour prendre leur retraite.
Pierre Langlais
Image de une: Lost, DR
Mis à jour le 13/01/2010 à 22h05





















































Accuser des gens qui font du travail de qualité est une norme française surtout dans l'industrie audio visuelle française qui est aussi réactive que l'époque du tourne-disque. Quand on voit les doublages catastrophiques de séries françaises qui sont censurées très régulièrement par des traductions effectivement édulcorées pour une société française pudibonde (ex: Friends, CSI, Grey's dès qu'il y a de l'homosexualité ou des blagues douteuses pour notre société "de la fraternité et des droits de l'homme"), je suis content de les trouver. Quand on voit que des éditeurs osent sortir des séries DVD sans VO! comme France 4 et le Doctor Who saison 3. Quand on voit des sous-titres médiocres pour le DVD de The Office US et les excellents sous titres "officieux", eh bien je suis heureux de les trouver. Je n'en ai même pas besoin, étant prof d'anglais, mais si je veux faire découvrir des séries télé sans la voix de Jim Carrey ou qui seront vendues 40 euros les 10 épisodes, eh bien je me précipite sur cette alternative. Bien sur, les sous-titres peuvent parfois être moyens. L'article ne mentionne pas les fautes d'orthographe régulières (mais bien moins nombreuses sauf pour les Tudors où même"Majesté" est mal orthographié) mais ce n'est pas celà l'important. J'admire ces subbers (j'en ai fait qqes uns et au bout du chat, des lycéens, trop drôle..) qui offrent à la découverte tant de séries qu'on ne verrait pas.
Traduire une oeuvre sans autorisation des ayants droit constitue une infraction au code de la propriété intellectuelle ou au copyright, suivant les pays concernés. L'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle (ALPA) a déjà engagé des poursuites contre des fansubbers et contre les sites qui font la publicité de leur activité.
Le fansubbing constitue un encouragement au téléchargement illégal. Ceci est explicitement reconnu dans l'article.
Sur le plan créatif et artistique, traduire une même oeuvre à plusieurs est absurde.
De même, traduire en quelques heures une oeuvre issue d'une culture étrangère, que des scénaristes ont mis des semaines ou des mois à imaginer, est absurde. Le fait qu'un spécialiste des oeuvres concernées ne relève pas ce paradoxe est pour le moins troublant. Pas étonnant que la mode des séries commence déjà à passer : les gens qui consomment du fansub ne peuvent comprendre qu'une infime partie de ce qu'ils regardent (en gros, l'histoire dans ses grandes lignes). En conséquence, ils ne peuvent apprécier les oeuvres à leur juste valeur et s'en lassent.
Pourquoi les journalistes qui écrivent sur ce phénomènes ne demandent pas leur avis 1) aux ayants droit, 2) au professionnels de l'adaptation audiovisuelle ?
"Pourquoi les journalistes qui écrivent sur ce phénomènes ne demandent pas leur avis 1) aux ayants droit, 2) au professionnels de l'adaptation audiovisuelle ?"
Réponse : parce qu'ils ne servent à rien et répondront mécaniquement des âneries corporatistes, grosses comme les vôtres. Laissons parler les forces vives. La valeur ajoutée n'est plus dans l'exploitation distordue de vieilles rentes délégitimées.
Si la mode des séries passe (même si celà reste à prouver, je dirais que c'est le contraire au vu des coffrets DVD que l'on voit sur les étals), celà la vient de la grève des scénaristes d'il y a deux ans qui a précipité le vide qui existe en ce moment. Mais alors que tout le monde regarde outre-atlantique les bides de Flash Forward et autres V, les anglais ont de vrais bijoux que les chaînes ne veulent pas passer.
Regardons les prix dans le commerce (refrain connu et applicable à la musique) où les épisodes en DVD coûte plus chers qu'en VOD. Les éditeurs prennent comme toujours le consommateur pour des vaches à lait et ne comprennent pas que le consommateur ne veut plus se faire avoir avec des produits de qualité assez médiocres (et je parle aussi des sous-titres trafiqués et édulcorés) à prix prohibitifs. Alors oui, j'aimerais entendre de la part professionnels de l'audiovisuel autre chose que les mêmes poncifs et réponses formatées et qu'ils justifient leurs choix de non-traduction (donc de censure), de ne pas mettre de VO sur certaines séries...
D'autre part, connaissant le désamour du français de base pour toute autre langue que celle de Molière, ne commençons pas à se jeter sur le fansub en disant que tout s'effondre à cause de lui. Le nombre de fois où l'on peut lire: "vous n'avez pas la VF?/j'attends la VF", même s'il est en baisse, est assez élevé. Tout comme au cinéma, l'immense majorité des gens préfèreront une VF également
Le fansubbing constitue un encouragement au téléchargement illégal. Ceci est explicitement reconnu dans l'article.
On pourrait ausi dire que comme la lenteur des professionels a créer leurs versions légales et à les diffuser - que ce soit en sous titré ou en doublé - est à l'origine de l'existence des fansubs, c'est donc cette latence qui constitue un encouragement au téléchargement illégal...
De même, traduire en quelques heures une oeuvre issue d'une culture étrangère, que des scénaristes ont mis des semaines ou des mois à imaginer, est absurde.
Ce n'est pas l'idéal c'est un fait, mais force est de constater que le résultat n'est pas pire et même bien souvent meilleur que les versions légales surtout celles diffusées à la TV qui contiennent parfois des erreurs de traductions de débutant... Et par exemple je n'ai toujours pas compris pourquoi dans LOST le personnage français Danielle Rousseau était devenue allemande par la magie de l'adaptation officielle ?...
Parfois, on se demande à quoi pourrait ressembler un article sur la profession de traducteur audiovisuel...
"Les auteurs de sous-titres, traducteurs professionnels et fatigués, ruinent leurs journées à sous-titrer les séries légalement.
On les appelle des "auteurs de sous-titres" - du latin "auctur", "écrivain, celui qui a écrit un livre". Ça fait un poil pompeux, mais ça sonne beaucoup mieux que "sous-titreurs", une appellation quelque peu réductrice selon eux. Ils sont plusieurs centaines en France, de Paris à Clermont-Ferrand en passant par Brest, capables de passer des journées entières scotchés devant une transcription de dialogues de séries... pour gagner leur vie.
Au départ confidentielle, réduite à une poignée de traducteurs, la profession n'a cessé de se développer ces quinze dernières années, parallèlement à l'explosion de la consommation des séries. "Au départ, ça permettait d'en vivre, mais plus les séries sont devenues populaires, plus les conditions de travail se sont dégradées, explique A., traducteur depuis 1992. Avec l'apparition des logiciels de sous-titrage, la pression exercée par les laboratoires de postproduction a fini par atteindre, sur certaines séries, un niveau insupportable."
Une profession malade
Qui sont ces auteurs ? Ceux qui ont bien voulu nous répondre sont majoritairement titulaires d'un diplôme de niveau bac+ 5, et jurent que ce n'est pas un métier à la portée de Monsieur-tout-le-monde.
etc. etc.
Pas le temps de développer plus avant, l'auteur de sous-titres a du pain sur la planche, aujourd'hui. C'est son métier.
Si le fansubbing constitue un encouragement illégal, l'attitude de l'alpa en est un autre.
Si vous faisiez votre travail correctement, si vous étiez plus réactif aux marchés en développement ce genre de comportement n'existerait pas. Car quand on cochonne les sorties officielles (où approximations, censures et autres sont légions) on évite de donner des leçons.
Et traduire en quelques heures une oeuvre issue d'une culture étrangère ne constitue pas spécialement un problème - par contre prendre des mois semble l'être. Combien de sous-titres officiels ne comportent)ils pas des fautes d'orthographe, des approximations grammaticales et des contresens flagrants pour qui maîtrise la langue d'origine.
Votre volonté de défendre vos maîtres est pathétique
Quelle fatigue ! 2010 commence à peine et voilà qu’un énième journaliste découvre la vaillante communauté des fansubbers en lutte contre le méchant peuple des « Teurs », producteurs, distributeurs, traducteurs. Mais puisqu’on vous dit que c’est une aventure humaine ! Si, si ! Bon, c’est vrai qu’ils violent un peu la loi sur la Propriété Intellectuelle mais qui est-ce qui l’a pondu cette loi, d’abord ? Ils étaient même pas nés, eux. De toute façon, le but de ce travail gratuit, c’est le plaisir, c’est le partage, ils font ça pour le bien des gens, alors ça ne peut pas être mal ! C’est quand même fou que ces gougnafiers de traducteurs ne comprennent pas ça et aient l’outrecuidance de défendre leur métier et de vouloir continuer à en vivre ! Mais les fansubbers sont confiants, l’humanité saura reconnaître ces Justes, ces Robins des Bois du web, et récompensera un jour leur démarche militante, visionnaire... et amateur. Pour l’heure, régalons-nous de leur style :
Le sang d'un vampire millénaire coule
en moi. Retire tes putains de vêtements !
Excusez-moi, mais le fansubbing empêche la sortie en dvd, la diffusion en VM sur les chaines ? Ce sont bien des sous-titres pro que l'on trouve dessus, non ?
Rassurez-moi, il ne s'est jamais autant vendu de coffrets de séries ?
Que le métier soit difficile, que les productions cherchent à casser les prix du marché, ça n'est pas systématiquement imputable au sous-titrage amateur, c'est général, si si, je vous assure. C'est difficile pour tout le monde.
Les traducteurs pros vivraient peut-être un mieux de leurs qualifications si les éditeurs ne les payaient pas un salaire de misère (et cette pratique date d'avant Interweb - je dis ça parce que je vois déjà l'argument qu'il n'y a pas assez d'argent à cause des méchants pirates)
De plus, à moins que les studios ne récupèrent les sous-titres fait par les fans (ce qui constituerait une violation de la PI d'une violation de la PI...) on ne voit pas bien en quoi ils sont lésés. Ne doivent-ils pas également traduire pour les versions officielles ?
Quant au style, je préfère l'exemple que vous citez à ce que j'ai eu le plaisir de lire un jour: en VO: "Fuck you", en ST: "Laisse-moi, tu m'embêtes".
régalons-nous de leur style :
Le sang d'un vampire millénaire coule
en moi. Retire tes putains de vêtements !
vous ne précisez pas d'où vous tirez cette citation, je pense qu'il s'agit de l'épisode 12 de la saison 2 de True Blood, le script original étant:
I have thousand-year-old vampire blood in me.
Now, take off your fucking clothes!
On a vu bien pire comme traduction, y'a-t-il besoin d'une version plus "stylée" (exemple ?) et surtout la version officielle est-elle meilleure ?
Après tout on parle bien ici de traduire des dialogues de séries TV américaines, pas toujours des chefs d'oeuvres de littérature...
"On a vu bien pire comme traduction, y'a-t-il besoin d'une version plus "stylée" (exemple ?) "
Exemples :
"Dessape-toi, et fissa." (ou selon la vulgarité du locuteur "Défroque-toi, la grosse/le gros"...)
Bref, l'embarras du choix, du moment qu'on reste dans le registre de langue et qu'on sonne "naturel", c'est-à-dire, comme si on parlait dans la vraie vie, en français, et pas comme un robot disposant de la fonction "traduction automatique".
A la demande générale (ou presque), je vais travailler à donner la parole aux professionnels du sous-titrage. Je voulais en fait simplement faire un portrait des fansubbers, et non polémiquer, mais je pense que c'est en effet une bonne idée de parler des pros, qui ont, je n'en doute pas, leur mot à dire !
Il faudra vous armer de patience, le temps que ça se fasse, mais c'est en projet. Merci pour vos réactions !!!!
P.L
Sylvestre, vous dites :
"Sur le plan créatif et artistique, traduire une même oeuvre à plusieurs est absurde."
Les cadavres exquis, c'est bien un acte collectif, non ? Pourtant d'après vous, ça relèverait de l'absurde. Étonnant.
La création à plusieurs ne permet justement pas d'avoir un meilleur bouillon de culture ?
Croyez-vous que les subbeurs pro travaillent seuls ? Que les dialoguistes travaillent seuls ? Je ne vois pas en quoi former une équipe est une absurdité, ça serait remettre en cause le fondement de beaucoup de choses. Dans le fansubbing que je vais qualifier de qualité, parce que c'est loin d'être le cas partout, il y a ce qu'on appelle "l'harmonisation", c'est ce qui permet d'uniformiser l'adaptation et d'obtenir un résultat homogène.
"Nous" avons déjà eu des retours de sous-titreurs professionnels qui ont été étonnés par la qualité du travail fourni qui était loin d'être médiocre et si vous l'avez bien lu, vous avez dû remarquer que certains ont même été recrutés pour devenir à leur tour professionnel.
Je me répète, bien évidemment, la qualité est loin d'être toujours au rendez-vous et on trouve sans doute bien plus facilement des sous-titres médiocres et non-respectueux de l'oeuvre que les autres.
Vous dites également :
"les gens qui consomment du fansub ne peuvent comprendre qu'une infime partie de ce qu'ils regardent (en gros, l'histoire dans ses grandes lignes). En conséquence, ils ne peuvent apprécier les oeuvres à leur juste valeur et s'en lassent."
Là, on se rend compte que vous n'avez sans doute pas une grande connaissance du milieu. Pour certaines séries, preuves à l'appui, les sous-titres amateurs sont de meilleure qualité que le sous-titrage professionnel. Voyons, essayons de parler de ce que l'on connaît. :)
En tout cas, j'aimerais que vous développiez votre idée, car c'est loin d'être probant à mon sens.
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Pour ce qui est de la consommation à tout va, c'est toujours dommage quel que soit le domaine, mais ça n'est franchement pas lié au sous-titrage. Voyons, c'est un peu facile.
Concernant l'ALPA, vous auriez des informations concernant des sous-titreurs condamnés ? Je n'ai jamais eu vent de quoi que ce soit.
L'argument du respect de la loi ayant peu de poids auprès de personnes satisfaites de profiter sans vergogne de l'impunité offerte par Internet, je me permets d'insister, dans le calme, la courtoisie et sans condescendance, sur l'aspect créatif et artistique de l'adaptation audiovisuelle qui est, rappelons-le, une branche hautement spécialisée de la traduction littéraire (les oeuvres de départ sont des oeuvres de création et les adaptateurs de l'audiovisuel ont le statut d'auteur).
Devenir un bon traducteur prend des années. Il faut avoir le goût, et la maîtrise, de la langue française et une très bonne connaissance de la culture d'origine des oeuvres, connaissance qui ne s'acquiert là encore qu'au prix de longues années d'effort. C'est un travail à plein temps, qui faut exercer dans de bonnes conditions et pour une rémunération suffisante afin de pouvoir travailler dans le respect de l'oeuvre et du public à qui elle se destine.
Il faut ajouter que, contrairement aux idées reçues, les séries et les films américains sont des oeuvres très riches, fondées sur des références complexes à la culture américaine et à l'histoire de ce pays. Ecrire des sous-titres cohérents, clairs, lisibles sans effort (et donc "invisibles") tout en faisant passer ces références, la psychologie des personnages, leur histoire dans la série, leur niveau de langue et leurs motivations immédiates ou plus profondes est un acte de création extrêmement difficile.
Il en découle, comme dans n'importe quelle autre activité, qu'un travail d'amateur ne peut produire qu'un résultat amateur, notamment parce qu'une personne qui n'a pas appris la traduction, ou n'a pas assez de temps, ne fait que traduire des mots, ce qui ne représente qu'un quart du travail (Cf. l'exemple donné par "mariekadsa").
Comparer le travail de professionnels à celui d'amateurs n'a donc pas beaucoup de sens, au-delà de s'amuser à repérer les erreurs des mauvais professionnels (mais il y en a partout).
Les professionnels de l'adaptation audiovisuelle ont vu leur conditions de travail se dégrader dans des proportions inimaginables (par exemple, les tarifs de sous-titrage ont chuté de 60% en 15 ans). Les laboratoires de sous-titrage font de plus en plus souvent travailler des stagiaires, même sur les grandes séries. Certains n'hésitent pas à prendre les sous-titres des fansubbers pour les utiliser dans des DVD officiels. Dans ces conditions, comment s'étonner de la baisse de qualité évoquée par certains ?
Mais cette baisse de qualité, la malhonnêteté de certains prestataires, ou la "lenteur" de certains diffuseurs/producteurs, justifient-elles de voler et/ou de massacrer les oeuvres qui sont le résultat des efforts créatifs et financiers de centaines ou de milliers de personnes ?
Posons d'autres questions. L'effondrement des ventes de DVD, dont une des causes principales est le piratage, est-il ce qu'on doit souhaiter de mieux au secteur ? Cela encourage-t-il l'investissement dans la création ?
Voler des oeuvres pour les rendre disponibles là où elles ne le sont pas encore encourage-t-il les éditeurs et les chaînes à rendre ces oeuvres disponibles ?
Avant de partager le travail accompli par autrui, pourquoi ne pas leur demander leur avis ?
Détruire le travail des traducteurs contribue-t-il à améliorer la qualité des traductions ?
Si les pirates et les fansubbers ne bénéficiaient pas de l'impunité conférée par les nouvelles technologies, défendraient-ils les mêmes positions ? Avec la même abnégation ?
Et si c'était leur travail qu'on rabaissait ("Tout le monde peut le faire") ou que l'on détruisait (en le faisant gratuitement) ?
Voyons voir,
quand on généralise (toutes les séries US ne sont pas des œuvres fortes, pour un The Shield, combien de Young and the Restless ?),
quand on se contredit (c'est une profession qui demande beaucoup de connaissances - mais on confie le travail à des stagiaires),
qu'on utilise l'argument d'autorité (c'est fait par un pro, donc c'est mieux),
qu'on reconnait que certains pros volent les amateurs (Certains n'hésitent pas à prendre les sous-titres des fansubbers pour les utiliser dans des DVD officiels ) et que donc, soit ils valorisent un travail "de mauvaise qualité", soit ils se moquent du public et des traducteurs,
que l'on continue en ressortant la tarte à la crème de mauvaises ventes dues-aux-méchants-pirates-qui-arrêtent-pas-de-m'-empêcher-d'-acheter-du-carburant-pour-ma-Porshe (je sais je caricature) - scoop, les ventes de dvd ont AUGMENTE de 11% en 2009 en France, source: CNC-GFK repris par http://www.pcinpact.com/actu/news/53918-ventes-dvd-bluray-films-francais.htm,
que l'on a une connaissance du fonctionnement des réseaux informatiques tellement mauvaise que même un enfant de 3 ans s'en rendrait compte (Si les pirates et les fansubbers ne bénéficiaient pas de l'impunité conférée par les nouvelles technologies),
est-on vraiment crédible ?
Par ailleurs personne ne dit que "tout le monde peut le faire", simplement que pour remédier aux lacunes du marché certains donnent de leur personne selon leurs capacités.
Cher Sylvestre, je me permets de vous posez une question: quel est votre métier ? Pas traducteur en tout cas...
Rawpower, il n'y a aucune contradiction dans ce que dit Sylvestre. Apparemment, vous confondez les traducteurs et leurs commanditaires.
A part ça, je me demande si les ventes de DVD n'auraient pas augmenté justement grâce à la loi Hadopi (à la peur du gendarme).
Ben si il y a contradiction, je suppose que M. Sylvestre parle de traducteurs stagiaires - qui n'en sont donc qu'au début de leur parcours pro et ne peuvent avoir atteint un niveau d'excellence total et donc ne sont pas forcément à même de percevoir toutes les subtilités des oeuvres qu'ils ont à traduire - et donc ne font pas un travail forcément de meilleur qualité que des fans.
Quant à la peur du gendarme... Cela peut être une des raisons. Mais si vous aviez suivi le lien que j'ai mis en source il semblerait que ce soit plutôt la multiplication des dvd à moins de 10 € qui soit la cause de cette augmentation.
Oh, au fait, Hadopi a peut être été votée mais avant qu'elle soit appliquée...
Vous en devez pas être ni traducteur, ni fan de série.
Que ce soit pour les sous titres ou pour la VF, les traductions de séries sont généralement lamentables, surtout pour les séries des années 60-70-80 (si, si, il y en a de très bonnes).
Quand aux séries des années 90, entre les édulcorées (Friends, pour face au grand public, toutes les HBO, pour passer tout court) et les mal traduites/doublées (quasi toutes), le travail des fans-subbers est nécessaire, ne serait ce que pour faire changer les mentalités (c'est d'ailleurs ce qui s'est passé dans les années 2000, même si pas de la bonne façon toujours...)
Autant les traducteurs ont ils souvent une excellente maitrise du Français que les fanssubers n'ont pas (beaucoup beaucoup trop de fautes enoooormes sur les sous titres de fansubers), autant les traducteur ET les fanssubers ont souvent de sérieuses lacunes en culture américaine ou Anglaise, ce qui les empêche de traduire correctement nombre de sous entendu, références pop ou arty, et même des phrases/expressions de la vie courante.
Heureusement, sur certaines séries (les plus "intellos", généralement) se trouvent de vrais pros fansubber qui eux remontent le niveau.
Mais chez les traducteurs pros, la série TV a toujours été considérée comme le bas de l'échelle, tout juste bon à se faire la main pour ensuite atteindre les films, romans et autres "oeuvres de qualité".
D'ou le travail lamentable de traduction pro sur les séries jusqu'il y a peu (et quand j'entends de rare fois les trad proposées pour Lost, je me dis qu'on a pas encore remonté le niveau).
Que les boites de trad fassent mieux leur boulot ne leur ferait pas de mal.
Que les éditeurs/diffuseurs fassent mieux leur boulot ne leur ferait que du bien.
Seules ces conditions une fois remplies permettront de critiquer les fanssubers et même les pirates qui téléchargent.
Car pour l'instant, le choix n'existe pas !
Les anti-subbers doivent avoir mal lu l'article :
Les fansubbers ont arrêté la production de ss titres lorsque TF a proposé une réelle offre alternative (malgré qu'elle est été, encore une fois, bien trop chère, et qu'il n'existe pas d'abonnement à la saison possible...).
De plus, il existe dans le droit de la propriété intellectuelle français une clause indiquant qu'une oeuvre se doit d'être correctement distribuée par son éditeur (/producteur/etc.). Ce qui n'est pas le cas en France, avec des séries aux sous-titres lamentables, voir pas de sous titres, qui arrivent (quand elles arrivent) des mois ou des années en retard, et avec un ordre de diffusion des épisodes qui dépasse l'entendement humain (en tout cas le mien...)
Personne ici ne souhaite mettre au chômage les traducteurs, et tout le monde souhaite qu'une offre légale de qualité soit crée.
Cela n'est pas le cas, et cela force les fans à se prendre en main.
La faute n'est pas celle des fans, mais celle des diffuseur de produits culturels, qui ne font pas leur boulot.
Quand à moi, je regarde sans sous titres, mais les fois où j'ai regardé avec les st, j'ai apprécié ce travail rarement parfait (voir souvent décevant), mais suffisant pour ceux qui ne parlent pas (et n'entendent pas, surtout) un Anglais parfait.
Que les chaînes françaises s'accordent enfin sur un système de VOD correct (série en VO non sous titrée accessible le jour de la diffusion américaine, avec sous titres 3 à 5 jours max plus tard, et doublages de qualité) avec un prix raisonnable (1 € l'épisode, 10 € l'abonnement à la saison, qui respecte les droits d'auteurs et permet au diffuseur de contenu de réaliser une marge bénéficiaire), et l'on verra une très sérieuse baisse de l'activité des fanssubbers ainsi que de celle du téléchargement de séries en ligne...
Je suis un idéaliste... :(
Julien dit : "Les fansubbers ont arrêté la production de ss titres lorsque TF a proposé une réelle offre alternative
C'est archi-faux pour le cinéma où les traducteurs qui bossent pour une version qui sort en salles et qui en passant ne sont pas encore payés une misère, entendent parfois que leurs sous-titres sont tout pourris et que les distributeurs devraient être plus vigilants... avant de s'apercevoir que les spectateurs mécontents ont téléchargé la version piratée et fansubbée. Dommage pour le traducteur, ce qui est dit est dit !
Marie, je crois que vous avez une réelle méconnaissance du milieu du sous-titrage amateur.
Tous les principaux sites de sous-titrage ont arrêté la diffusion des séries proposées en VOD par TF1. Lost, Grey's Anatomy, Gossip Girl, etc.
Outre que l'on parle ici de séries (les sous titres pour le cinéma sont généralement de qualité, et arrivent en même temps que la sortie en salle... de plus ils ne s'agit pas ici de spectateurs, mais de personne qui ont téléchargés... ce qui n'est pas pareil !)
Je remarque donc que vous êtes d'accord avec moi, vu que votre seule remarque est... hors sujet !
Donc, en gros, les traducteurs cinéma sont bien payés (tant mieux) et ne supportent pas la critique ?
Et quel est le rapport avec l'arrêt de la production de ST par les fans ? Évidemment si vous croyez que cela efface par magie les fichiers déjà disponibles... Décidément l'inculture technologique de certains est effrayante
Le vrai problème c'est que le fansubbing donne le goût des sous-titres à des générations de futurs consommateurs de produits audiovisuels et qu'au lieu d'investir et mieux payer les sous-titreurs pros, les grosses maisons de prod' se complaisent à payer au lance-pierre des travaux soumis à la pression et à leur dédain. C'est navrant. Alors que le fansubbing engendre justement une envie et même un besoin croissant en sous-titrage officiel, ils devraient songer à changer de comportement. C'est peine perdue avec ces monstres à fric.
Tellement vrai.
Mais les boites de sous-titrage veulent faire gagner des sous à leurs actionnaires, et n'hésiterons pas à délocaliser au Maroc ce type de services... pour notre plus grand malheur.
La concurrence (pas forcement déloyale, car les fansubbers finiront par demander à se faire payer, une fois une offre de VOD raisonnable mise en place) ne peut ici qu'être une bonne chose.
les ventes de dvd ont augmenté de 11 % en 2009
@marie kadsa.
Vous avez écrit :
"Pour l’heure, régalons-nous de leur style :
Le sang d'un vampire millénaire coule
en moi. Retire tes putains de vêtements !"
Oui, et ?
Des mauvais sous-titres, y en a énormément et c'est malheureusement ceux que l'on trouve le plus vite et le plus facilement. Pour votre exemple, je ne me sens pas concernée, ça n'est absolument pas un extrait des sous-titres que nous proposons pour True Blood. Si vous voulez, je peux vous transmettre ce que nous faisons, ça vous permettra de voir que tout n'est pas à mettre dans le même sac. :)
@Sylvestre
La culture générale et la culture populaire américaine n'est pas l'apanage des sous-titreurs professionnels, heureusement pour nous pauvres pécheurs. Vous voulez défendre votre travail, et je le comprends, mais pour autant une partie des sous-titreurs amateurs tendent vers la qualité autant que possible, respectent le travail des professionnels et ne se prennent pas pour de valeureux chevaliers.
Pour ce qui est de "la baisse des tarifs depuis 15 ans"", j'avoue, ça me fait très légèrement rire. Le fansubbing, il y a 15 ans, quelle blague quand même. :) Allons, le problème est ailleurs et il y a 15 ans, Internet n'était à peine et encore quasiment pas à ses prémices.
Entièrement d'accord avec Alconis.
Fansub et adaptation professionnelle sont deux activités différentes, et incomparables, mais le premier pourrait donner le goût de l'autre... si les distributeurs, les éditeurs vidéo et les chaînes prenaient le sous-titrage au sérieux, au lieu de chercher continuellement à faire baisser des coûts qui sont pourtant dérisoires par rapport au prix d'achat des programmes.
Et aussi si les labos de sous-titrage savaient ce que signifient des mots comme "traduire", "adapter" ou "respecter l'oeuvre". Au contraire, le seul discours qu'ils tiennent aux traducteurs, c'est "Fais-moi ça en vitesse et pour trois sous, le client se fout de la qualité."
Est-ce bien vrai ? En tout cas, diffuseurs et labos se renvoient la balle en oubliant complètement les traducteurs... et donc les oeuvres !
Merci pour cet article qui, involontairement, met en lumière certaines contradictions d’un secteur.
Plus que l’affrontement fansubbers vs traducteurs, il est, je trouve, question de l’importance de la traduction audiovisuelle et de la vision qu’en ont les clients (chaînes, éditeurs vidéo etc.) et le public.
Les clients veulent du vite et pas cher, comme ça a été dit. Si, plus que le fansubbing, ce sont les clients qui tirent les prix vers le bas, la mise à disposition de sous-titres sur le net peut renvoyer une image biaisée de ce qu’est le métier de sous-titreur aux clients eux-mêmes ("Ce ne doit pas être bien compliqué si des fans font ça sur le web pour s’amuser").
Le public veut du bon pas cher, mais en baissant le prix au détriment de la qualité, les éditeurs, diffuseurs, etc. se tirent une balle dans le pied. Faire payer (quelque soit le prix) pour une qualité médiocre quand en face on a une offre gratuite parfois correcte, c’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles et ignorer un système qui est loin d’être confidentiel.
Le net fait bouger les frontières et il y a tout un système à repenser et à mettre en place.
Certes on parle d’une offre illégale, mais elle existe, pourquoi se voiler la face ? On est à la croisée de la tentation du tout, tout de suite, gratuit et de la réglementation à outrance.
L’exemple de TF1 avec sa VOD sous-titrée disponible 24 heures après diffusion US semble apporter une réponse qui satisfait certains (même si elle reste chère pour des sous-titres assez médiocres). Mais c’est un modèle qui n’est applicable qu’aux séries.
Il y a un gros boulot d’information à faire sur ce qu’est le sous-titrage, l’adaptation, ses contraintes et ses étapes. Les "stagiaires" dont Sylveste parle ne sont pas embauchés par les traducteurs (qui ont le statut d’auteur et sont donc indépendants) mais par les laboratoires qui trouvent ainsi de la main d’œuvre à bas coût ; quand des sous-titres de fansubbers se retrouvent sur des DVD, ce n’est certainement pas du côté des traducteurs qu’il faut regarder et ce ne sont certainement pas les traducteurs qui fixent le délai de mise à disposition des œuvres sur le marché.
Dans un monde idéal, le traducteur ne serait plus la dernière variablement d’ajustement lorsqu’il s’agit de faire des économies et on arrêterait de prendre les acheteurs, les spectateurs et les internautes pour des porte-monnaie décérébrés.