Égalités / Monde

Dans la Silicon Valley, des mannequins payées pour égayer les fêtes de bureau trop masculines

Temps de lecture : 2 min

Ces «mannequins d'ambiance et d'atmosphère» signent un contrat qui les empêche de révéler qu'elles sont payées pour venir à ces soirées d'ingénieurs.

Chaussures de femmes | Chris Goldberg via Flickr CC License by
Chaussures de femmes | Chris Goldberg via Flickr CC License by

Pour les fêtes de bureau à l'approche de Noël, de nombreuses entreprises de la Silicon Valley ont déjà réservé leurs mannequins «d'atmosphère et d'ambiance». Plusieurs agences proposent en effet les services de jolies femmes payées entre 50 et 200 dollars de l'heure pour venir discuter avec des employés de la tech.

Les agences locales interviewées par Bloomberg disent que la demande a atteint des records cette année: les chefs d'entreprises ont besoin de quelques femmes supplémentaires dans un milieu majoritairement masculin.

Crédibilité douteuse

La directrice de Cre8 Agency explique que pour la fête d'une boîte de jeux vidéo, elle va envoyer 25 femmes et 5 hommes mannequins qui socialiseront avec les employés sans révéler qu'ils sont payés pour cela. Les employeurs sélectionnent les mannequins sur photos et leur font signer un contrat de confidentialité. Afin que le tout soit vaguement crédible, les mannequins ont une liste d'employés avec lesquels ils sont censés être amis, ce qui expliquerait leur présence.

L'arrangement est pourtant assez bancal: certains mannequins ont des contrats qui les empêchent de boire à ces événements ou d'échanger leurs coordonnées avec les employés.

Dans la Silicon Valley, l'utilisation de mannequins a toujours été fréquente lors des salons de la tech, avec des femmes embauchées pour «présenter des produits». Mais récemment, c'est le «mannequin d'ambiance» qui a le vent en poupe, et les boîtes demandent parfois des détails vestimentaires particuliers.

Comportements problématiques

Olya Ishchukova, la directrice d'une autre agence de mannequins, Models in Tech, explique qu'elle refuse systématiquement les clients qui exigent des décolletés, des mini-shorts, ou des déguisements (bodys en latex par exemple).

Car ce genre de fêtes peut encourager des comportements problématiques. L'investisseur d'Uber Shervin Pishevar est notamment accusé par une ancienne collègue d'avoir mis sa main sous sa jupe pendant l'une de ces fêtes (d'autres femmes l'accusent de harcèlement sexuel).

La directrice de Cre8 Agency explique qu'elle visite toujours les locaux d'une entreprise avant d'accepter un contrat, et si plusieurs personnes sont «lourdingues» avec elle, elle refuse de poursuivre la collaboration.

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