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Retour au pays pour les Eperviers du Togo

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Ils sont donc rentrés chez eux. Après avoir déclaré vouloir rester en Angola et participer à la Coupe d'Afrique des nations, l'équipe de football du Togo s'est donc finalement pliée à la décision des autorités togolaises qui lui avaient intimé l'ordre de se retirer définitivement de la compétition. Les «Eperviers» sont arrivés dimanche 10 janvier au soir à Lomé, la capitale du Togo. Trois jours de deuil national ont été décrêtés.

Vendredi, alors qu'ils se rendaient à Cabinda - une enclave angolaise située à l'ouest du Cameroun - où ils devaient jouer les matchs de poule de la CAN, l'équipe du Togo a été la cible de tirs du Front de libération de l'enclave du Cabinda (FLEC). Le bilan est de 3 morts: le chauffeur du bus, le chargé de communication et l'entraîneur adjoint. L'attaque a également fait 6 blessés, selon la fédération de football togolaise: le gardien Obilale Kossi, le défenseur Serge Akakpo, deux médecins de l'équipe et deux journalistes. Opéré en urgence à Johannesburg, Obilale Kossi est aujourd'hui hors de danger.

A quelques semaines de l'éléction présidentielle au Togo, cette affaire ne manque pas de susciter les débats. «En dépit des menaces connues, les plus hautes autorités de l’Etat togolais n’ont pas jugé utile de mettre à disposition de la sélection nationale un avion pour traverser cette zone à hauts risques» a estimé Kofi Yamgnagne, candidat opposé au président Faure Gnassingbé.

RFI rappelle que le choix d'organiser certains matchs de la compétition à Cabinda était un «pari médiatique» pour le comité d'organisation angolais. Confronté depuis plusieurs années aux actions insurrectionnelles du FLEC, Luanda a fait de l'enclave de Cabinda l'endroit «où il y a la plus grande concentration militaire au monde» avec près de 30.000 en uniformes pour une population estimée à 300.000 habitants. L'attaque du FLEC, si elle a frappé au hasard l'équipe togolaise, «a braqué les projecteurs des grands médias sur Cabinda».

Interrogé sur les ondes de France Info, le chef de la rébellion séparatiste, Rodrigues Mingas, exilé en France, a menacé de poursuivre les actions violentes pendant la compétition.

De son côté, Vahid Halilhodzic, sélectionneur de la Côte d'Ivoire, l'une des prochaines équipes à jouer à Cabinda (avec le Burkina Faso et le Ghana), a affirmé ne pas envisager éviter l'enclave. «Je suis triste pour l'Afrique, l'Angola et le football, et aussi pour le Togo qui quitte la CAN. Notre décision de rester est notre meilleure façon de répondre à tous les terroristes qui essaient d'imposer leurs idées radicales» a déclaré le technicien.

La Coupe d'Afrique des nations s'est ouverte comme prévue dimanche soir à Luanda avec le nul 4-4 entre l'Angola et le Mali.

[Lire l'article complet sur RFI]

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Image de Une: Le capitaine du Togo Emmanuel Adebayor à son arrivée à l'aéroport de Lomé dimanche 10 janvier 2009. Noel Koukou Tadegnon/REUTERS

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