Égalités / Tech & internet

Un ado britannique sur deux est concerné par le «revenge porn»

Temps de lecture : 2 min

Largement banalisé, le phénomène ferait désormais partie intégrante de la vie des jeunes.

Rawpixel via Pixabay
Rawpixel via Pixabay

Plus de la moitié des adolescents britanniques entre 13 et 17 ans ont vu leurs amis partager des images intimes de personnes qu'ils connaissaient, rapporte The Independent. Et près d'un jeune sur 10 a été témoin de la création d'un groupe –Whatsapp, Facebook, Instagram ou autre– destiné au partage de photos ou d'informations à caractère sexuel. C'est le constat alarmant d'un rapport mené par Childnet, une association qui œuvre à protéger les enfants des dangers d'internet. Sur 1.559 adolescents britanniques interrogés, un principal enseignement:

«Le harcèlement sexuel en ligne fait partie intégrante de la vie numérique de nombreux ados, au point d'être normalisé.»

Pour rappel, le revenge porn ou «vengeance pornographique» désigne la diffusion en ligne (ou via des smartphones) d'un contenu sexuellement explicite sans l'accord de la personne apparaissant sur ce dernier. Souvent par esprit de revanche.

Hannah Broadbent, responsable de cette étude, rapporte des histoires «stupéfiantes» qui ont détruit la vie de nombreux jeunes. Massivement relayées par ces derniers, elles s'inscrivent dans une démarche de «name-and-shame», dit-elle, soit une volonté d'exposer et de couvrir de honte la victime de revenge porn. Une façon de la livrer à la vindicte populaire de ses camarades de collège/lycée, ou des membres de sa communauté. Tantôt par «divertissement», tantôt par malveillance. Ainsi, 51% des interrogés ont vu circuler des «nudes» (photos dénudées) de quelqu'un qu'ils connaissent. 6% se sont dits eux-mêmes victimes de cette pratique.

Des pages Facebook dédiées incitent les internautes à publier des photos dénudées, des vidéos à caractère pornographique ou des informations sur la vie sexuelle de jeunes filles ou de jeunes garçons. Ces premières, d'après les données européennes recueillies par Childnet, seraient 31% à avoir déjà reçu des messages (non sollicités) à contenu sexuel envoyés par leur entourage. Contre 11% de leurs confrères masculins.

Les filles, davantage concernées et plus durement jugées

Le revenge-porn vise particulièrement les jeunes filles, dont la réputation se voit plus affectée que celle des garçons concernés. The Independent rapporte ainsi l'histoire d'une adolescente de 14 ans qui confe avoir envoyé des clichés intimes d'elle à un garçon qui tentait de la séduire:

«Beaucoup de gens demandent des nudes et j'ai fini par envoyer une photo à un garçon qui disait que je lui plaisais beaucoup et que si je lui en envoyais une, on pourrait devenir un couple. Je suis tombée dans le piège et le lendemain mes photos avaient fait le tour de l'école, bien que ce soit lui qui m'en ait envoyé une en premier.»

À cet égard, filles et garçons ne sont en effet pas traités à la même enseigne. «Tout le monde trouve ça acceptable que les garçons envoient des dick picks (photos de leur sexe) mais quand les filles font pareil, elles se font descendre, se font traiter de traînées, de putes, de salopes.», déplore l'adolescente, rongée par les regrets.

Les auteurs du rapport de Childnet entendent faire pression pour un durcissement de la législation en vigueur encadrant le revenge porn au Royaume-Uni, ainsi qu'à l'échelle européenne.

Slate.fr

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