Égalités / Monde

Des entreprises annulent leurs open bars de fin d'année pour contrer le harcèlement sexuel

Temps de lecture : 2 min

Plusieurs employeurs américains pensent que limiter l'alcool gratuit lors des fêtes de bureau permettra de réduire les cas de harcèlement et d'agression.

Cocktails | ALISTAIR THACKER via Flickr CC License by
Cocktails | ALISTAIR THACKER via Flickr CC License by

Pour célébrer la fin d'année, de nombreuses entreprises américaines ont l'habitude d'organiser des fêtes où l'alcool gratuit coule à flot. Mais cette année, après les accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles faites à l'encontre d'une trentaine d'hommes dans le cinéma, les médias, la musique, la tech et la politique, certains employeurs ont décidé de prendre des précautions.

Selon un sondage cité par l'Associated Press, 49% des entreprises prévoient de servir de l'alcool lors de leurs fêtes de fin d'année, contre 62% l'année dernière. Et pour les employeurs qui continuent à servir de l'alcool gratuit, beaucoup ont choisi de le faire avec plus de modération.

Un environnement à risques

La Fédération nationale des entreprises indépendantes recommande aussi de demander aux barmens (ou à des agents de sécurité) de vérifier que personne ne boive trop, et de ne pas accrocher de branches de gui pour éviter les bisous forcés.

Le magazine en ligne Vox, dont le directeur éditorial a été limogé en octobre suite à des accusations de harcèlement sexuel, a annoncé que l'habituel open bar (avec alcool gratuit illimité) serait remplacé par deux verres gratuits, et plus de nourriture.

«Nous reconnaissons que même si l'alcool n'est pas toujours la cause de comportements non professionnels, créer un environnement qui encourage la surconsommation y contribue.»

Juste après le lienciement du directeur éditorial, le PDG du groupe avait annoncé plusieurs mesures préventives, dont la mise en place d'une formation sur le harcèlement sexuel et des «règles plus strictes en ce qui concerne les boissons alcoolisées lors des événements et réunions d'entreprise».

L'alcool, premier responsable?

Certains ont souligné que ce genre de mesures «infantilisantes» revenait à contourner la responsabilité personnelle des agresseurs et harceleurs en suggérant que c'était la «faute» de l'alcool. Une journaliste de Quartz rappelle qu'on peut faire plein de trucs ridicules quand on est ivre sans pour autant harceler ou agresser quelqu'un.

«Super façon d'impliquer qu'il est acceptable de dire que c'est l'alcool qui est responsable de la mauvaise conduite sexuelle», a écrit une journaliste de Gizmodo.

D'autres ont trouvé qu'il fallait être pragmatique et admettre que les comportements à risque pouvaient être exacerbés par l'alcool.

«Je ne veux pas avoir l'air d'un flic, mais honnêtement je pense que c'est une bonne chose. Pourquoi est-ce que votre employeur devrait vous donner de l'alcool illimité gratuitement??»

Slate.fr

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