Science & santé

Plus d'une détenue sur deux est une victime de violences domestiques

Repéré par Léa Marie, mis à jour le 05.12.2017 à 13 h 46

Repéré sur The Independent

En Grande-Bretagne, la moitié des prisonnières ont commis des délits ou crimes sous contrainte ou en réponse à des abus. 

Via Wikimedia

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Près de la moitié des femmes emprisonnées en Angleterre et au Pays de Galles ont elles-même été victimes de crimes ou délits. C'est l'enseignement d'un rapport du Prison Reform Trust publié ce lundi 4 décembre, selon lequel 57% des détenues seraient ou ont été victimes de violences conjugales, et 53% auraient subi des abus sexuels, physiques ou psychologiques durant leur enfance.

Ces chiffres édifiants ont été obtenus grâce aux données du ministère de la Justice britannique et pourraient donc même être sous-estimés, précise The Independent. Précédemment, l'association Women in Prison révélait que 79% des femmes qui sollicitaient ses services étaient ou avaient été battues ou abusées sexuellement. 

Quant aux délits commis par les détenues, ils correspondraient bien souvent à une réponse –volontaire ou forcée– au comportement coercitif ou toxique de leur compagnon. Parmi les femmes interrogées dans le cadre de l'étude Surveying Prisoner Crime Reduction (SPCR), mise à jour en 2014, 48% d'entre elles affirmaient avoir enfreint la loi en raison de la consommation de drogues d'une tierce personne –en commettant des vols pour cette personne, généralement. Ce taux ne dépasse pas les 22% pour les hommes. 

Relations toxiques

La plupart des détenues racontent ainsi s'être retrouvées «prises au piège» dans des relations malsaines. De quoi les enfermer dans un «cercle vicieux de victimisation et d'activité criminelle», souligne The Independent. Un cercle exacerbé par d'autres facteurs tels que la pauvreté, la consommation de drogue ou une santé mentale déficiente.

En outre, le HuffingtonPost rappelait l'an dernier qu'en 2005, 67% des femmes condamnées à des peines de prison ferme pour homicides dans l'État de New York avaient été maltraitées par la personne qu'elles ont tuée. 

Jenny Earle, directrice du programme Prison Reform Trust, qui vise à réduire les peines de prison prononcées à l'égard des femmes, plaide en faveur d'une adaptation du système judiciaire aux cas de crimes commis dans le cadre de la contrainte affective et/ou de la légitime défense de victimes de violences domestiques. Elles préconise une «réponse appropriée» et une législation spécifique qui reconnaisse le facteur «coercitif» de certains délits ou crimes attribués aux femmes. 

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