Santé / Égalités

Existe-t-il des thérapies efficaces pour les agresseurs sexuels?

Temps de lecture : 2 min

Pas vraiment: aucun traitement ou méthode n'est spécifiquement dédié aux auteurs d'agressions sexuelles.

Harvey Weinstein à Cannes, en mai 2017. | Yann Coatsaliou / AFP
Harvey Weinstein à Cannes, en mai 2017. | Yann Coatsaliou / AFP

«Mon but est maintenant d'apprendre à mieux me connaître et à affronter mes démons». Dans un communiqué du 5 octobre 2017, le producteur Harvey Weinstein s'excusait de ses actes, et s'engageait en quelque sorte à se soigner, à la suite de l'avalanche de témoignages l'accusant d'agressions sexuelles. «De telles déclarations laissent suggérer que des traitements spécifiques existent pour les agresseurs sexuels, remarque le New York Times dans un récent article, mais en réalité, selon les experts, ce n'est pas le cas».

Le journal américain affirme en effet qu'aucune méthode thérapeutique n'a jamais été pensée spécifiquement pour soigner les auteurs de violences sexuelles. D'autant plus que l'on distingue «deux catégories de personnes», rappelle Rory Reid, professeur en psychiatrie à l'Université de Californie:

«Il y a ce que j'appellerais les personnes sujettes à des comportements sexuels compulsifs. L'autre catégorie regroupe les auteurs d'actes sexuels non consentis, autrement dit les agresseurs sexuels.»

Pour prendre en charge les premiers (parfois des pédophiles, ou des exhibitionnistes), les médecins utilisent le même genre de méthodes que pour aider les toxicomanes, les alcooliques ou encore les addicts au jeu, tels que des cercles de discussion ou des programmes en plusieurs étapes. Autant de méthodes qui peuvent potentiellement porter leurs fruits sur la deuxième catégorie évoquée par Rory Reid. Une catégorie qui apparaît au grand jour depuis quelques mois.

La «confrontation» offerte aujourd'hui par la vague de témoignages publics apparaît d'ailleurs elle aussi comme l'une des techniques qui pourraient permettre de soigner les agresseurs sexuels. Être mis face à son propre fait peut permettre d'en appréhender l'horreur. Mais cela ne suffit pas toujours, et c'est pourquoi les thérapistes utilisent d'autres méthodes: forcer l'agresseur à mettre des mots exacts sur ce qu'il a fait («"j'ai mis mes mains dans son pantalon contre sa volonté" et non "je suis allé un peu trop loin"»), l'obliger à écouter le récit de ses victimes pour développer de l'empathie envers elles, lui faire prendre conscience des conséquences de ses actes sur sa propre vie («sur son travail, sa famille, sa réputation», détaille le New York Times). Enfin, des techniques telles que la relaxation ou la méditation peuvent être un moyen de découvrir l'origine de ce comportement.

Mais rien ne prouve aujourd'hui l'efficacité de toutes ces méthodes, regrette le New York Times. Et ce même sur les personnes qu'elles visent initialement. Alors que penser de leur efficacité sur les auteurs d'agressions sexuelles? En outre, comme beaucoup de thérapies, elles nécessitent une réelle volonté de se repentir de la part des auteurs... ce qui n'est pas toujours le cas.

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